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Rafales d’ailes, mains négatives – ( RC )


art préhistorique

art préhistorique:          grotte de Pech Merle

 

 

 

 

 

 

 

 

Rafales d’ailes, froissant les airs.
Aquarelle  délavée où serpente  une fumée…
Un instant fugitif,        promis à l’oubli.

Une peinture  dans l’obscur,
L’intimité close, de la grotte,
Des chevaux superposés, galopent .

Les millénaires s’entassent .
La mouvance des airs,
passe     en surfaces.

Une peinture dans l’obscur,
Et le geste de l’homme, déposé ,
Celui marquant la présence.

Message des mains négatives,
    Empreintes,
Charbons de bois.

RC – mai 2015


Au bord de l’aquarelle – (RC )


aquarelle: William Turner – Venise

Les couleurs transparentes se posent,
Et laissent les reflets en papier blanc,
Il faut les contourner,
Pour que la caresse de l’éclat
De la lumière,
Prenne tout son sens,
Et que le ciel éblouissant,
Se tienne à distance,
Des  eaux tranquilles,
Et des palais de Venise.

Le coeur se serrerait
A oublier ce paysage,
Saisi dans un instant,
D’un crépuscule,
D’un soleil sanglant.
Et le vent,
Echappé d’une bouche noire
Resterait palpable,
Presque,
Au dessus des navires,
Approchant du port…

Chaque détail, accrochant la lumière,
Reste ici, inscrit
Il traverse notre regard,
Comme celui du peintre,
Et nous parvient dans une aube nouvelle,
Un coin de la mémoire,
Une vague suspendue,
L’ombre des pins,
Superposée à elle-même,
Lovée dans le perpétuel
Mouvement du temps …

…Au bord de l’aquarelle.

RC- janvier  2014

aquarelle John Singer Sargent – Venise: Ponte San Giuseppe di Castello 1903


Anna Niarakis – Atterrissage


peinture:      aquarelle 22, de       Annik Reymond,    voir son site:

Atterrissage

Moi. Que la pluie.
Restée à tordre cigarettes
la solitude sous une
lampe de la municipalité.
Brisée.
Goutte à goutte à passer
de l’inexistence
A la lumière de dôme
puis à nouveau dans le néant.

Chaque fois que les nuages sont pressés
secrètement dans le poussage de la nuit
je recherche anxieusement d’une lampe brisée.
Avec l’espoir de me revois
briller faible, dissoute
dans un passage éphémère
avant l’atterrissage.

 

 

 


Réminiscences ( la complainte du phoque en Alaska) – (RC)


Réminiscences

Il reste   Ce qui reste de nostalgie quand la danseuse, tourne, et tourne,
et tourne encore sur elle –même.
Ce couvercle ouvert de la boîte à musique qui multiplie la mémoire entrebaillée
des instants précieux. « Et Qu’çà nvaut pas la peine de laisser ceux qu’on aime,
pour aller faire tourner des ballons sur son nez… »

Il reste toujours quelque chose du geste de ta main.

Il reste ton regard incrusté dans le mien,

plus dru que je pourrais jamais en faire écho sur ma toile.

Il me reste plus qu’un bout du jour, pour voyager                            avec ta barque d’aquarelle,
qui se dilue dans la brume, et n’arrive jamais, – au voyage immobile comme l’est ma mémoire.

Sur elle la nuit n’aura jamais de prise.

Avec la chanson d’Aubert, rêver d’une autre terre

Qui resterait un mystère… tu serais sa réalité.
Et la terre serait ronde.., si j’étais un phoque en Alaska, j’inventerais une ronde,
en emportant le jour, en emportant les vagues… et nous verrions les berges d’un pays neuf,
au lever du jour, enfin remisé du cadre…
je pourrais alors fermer le couvercle de la boîte à musique,        qui me dit en ton nom
cette attente, la complainte.

« Qu’çà nvaut

pas la peine de laisser ceux qu’on aime,
pour aller faire tourner… »

RC    3 juin 2012

PS:  tout le monde aura bien sûr  reconnu mon rappel de la chanson de « Beau Dommage », écrite par Michel Rivard…         l’aquarelle  ci-dessous  est de Martine Bernier.

Inspiré  du dernier post de Nath: « le fond de la coupe »

 

peinture: aquarelle         M B  2004


Claude Esteban – l’œil est au centre et chaque chose est juste


 

peinture: aquarelle perso (détail central)... à partir de la Ronde de Nuit de Rembrandt

 

 

 

 

 

L’œil ne connaît pas

l’œil, il est

au centre et chaque chose devant lui

est juste et se confirme, l’œil

ne regarde pas, il sait

d’abord et comme il sait, il voit

il trébuche, tout

près,

sur l’invisible. »

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extrait de

Étranger devant la porte (I. Varitions), Claude Esteban, Farrago / éditions Léo Scheer, 2001, p. 31.

 

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