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Une route perdue – ( RC )


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Au bord du son déjà lointain
De la cloche fêlée
J’ai cheminé sous les brumes
Au bord des étangs remplis de nuages,
Essuyant leur camouflage.

Ce qui avait été une route
Traçait sa voie au milieu des sables
Fougères et terrains instables,
Se morphondait en plaies,
Les dents de cailloux sous la surface.

Cette voie je l’ai suivie
Aussi loin que le regard porte.
Elle se déroule toute droite,
Et absente des cartes…
Censée mener quelque part,
Maintenant plongée dans la forêt :

Une échancrure fine et rectiligne,
Qui pourtant s’essouffle,
Lorsque les îlots d’asphalte
Burinés de sable noir, se font rares,
Mangés par les flaques,
Aux bouches opaques.

Elle se rétrécit encore,
Serpente et se tord,
Et puis se perd,
Bue par la densité du vert,
Comme un vieux langage,
Dont on aurait perdu l’usage.

Transformée en chemin,
Celui-ci s’éteint
Au milieu des pins,
Cédant la place à une impasse,
Un rideau clos,
Un fouillis de végétaux
a reconquis la place,
fermant peu à peu l’espace.

Habitée par les ombres,
Des arbres sans nombre ;
une cabane abandonnée,
Où le chemin m’a mené :

cette petite cabane,
dont les couleurs se fanent
perdant peu à peu ses planches,
Masquée par les branches ,
c’est vers le sol qu’elle s’incline…
le temps lui fait courber l’échine .

.

juillet 2014 – fev 2018


Luis Aranha – L’aéroplane 25


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Je voudrais être un as de l’aviation pour voler
Au-dessus de la ville de ma naissance !
Bien plus haut que les lamentos de bronze
Des cathédrales cataleptiques ;
Tout près de l’azur, montant presque au ciel
Loin des maisons qui diminuent
Loin, bien loin de ce sol d’asphalte…
Je voudrais planer au-dessus de la ville !…
Le moteur chanterait
Dans l’amphithéâtre lambrissé de bleu
Sa ronflante symphonie…
Oh! voler sans escales dans l’espace qui s’étire
Pour moi, seulement pour moi ;
Traversant les vents effrayés
Par mon audace ascensionnelle
Jusqu’où eux seuls sont parvenus !…
Tournoyer en altitude
Et d’une descente rapide
Tomber en tourbillon
Comme un oiseau blessé…
Faire de subites cabrioles
Des loopings fantastiques
Des sauts de la mort
Comme un athlète élastique en acier
L’âpre crissement du moteur…
Dans l’amphithéâtre tapissé de nuages Tambour…
Si un jour
Mon corps s’échappait de l’aéroplane
J’ouvrirais ardemment les bras
Pour le bleu plongeon dans le soir transparent…
Comme je serais pareil
À un ange au corps déployé
Ailes ouvertes, précipité
Vers la terre distante…
Fendant le ciel dans ma chute brusque
Rapide et précise,
Déchirant l’air en extase dans l’espace
Mon corps chanterait
En sifflant
La symphonie de la vitesse
Et je tomberais
Dans la ville parmi les bras ouverts…
Être aviateur pour voler bien haut !

 

 

 


D’autres villes – ( RC )


 

peinture:              James Whistler –                  Valparaiso nocturne          en bleu et or.

 
Pendant la nuit,      qui s’enfonce entre violet et silence,
Clignotent encore        quelques néons,
Leur reflet alternativement vert et jaune
Sur l’asphalte mouillée.                             Têtus.
Les baraques du chantier du port, désertées.

Et au loin le flux chuintant des voitures,
Les boucles de l’échangeur éclairées d’orange.
Cependant les nuages sournois masquent alternativement une lune.
Un oeil fixe,                                    cloué là haut.
Il nous dit la présence solaire,      – ailleurs.

Ailleurs à l’opposé de la terre.
Sous d’autres climats.
Avec d’autres langues.
Mais,        la même course du jour,
Se déplaçant    comme une vague.

D’autres villes,  s’enfonçant bientôt,
Entre le violet et le silence …
Et le clapotis des flots.
Alors qu’ici s’annoncera l’aube ,
Sur un jour recommencé.

Les immeubles seront encore au même endroit.
A l’assaut des colllines.
Les grues pourront reprendre  leur ballet.
L’oeil fixe de la lune ,            s’est effacé,
Discrètement,                dans la brume .

 

RC  –  mars  2014


Annie Lafrenière – Le triomphe de la colère


dessin: V Velickovic; la serpe  1996

dessin: V Velickovic; la serpe 1996

Leurs poings
chargés de plomb
peuplés de sang
éparpillés
dans l’étroitesse des amours absents
s’exhibent
avides d’éclat, défaits
cloués à la paroi
des limbes qui me bardent

un sourire pour toute lumière
chargée à blanc
je me tue pour leur survivre

et la pointe du jour m’emporte
plus neuve qu’aucune naissance
la colère liée au poing
le vertige du déclin
délestés comme des corps qui éclatent
avalés par l’asphalte qui les remet au monde

—-

des textes  d’ Annie Lafrenière, peuvent  être lus sur son blog, ici…


Denis Scheubel – La vie est colorée de jambes de femmes


 

photo-cinema: Rita Hayworth

photo-cinema: Rita Hayworth

 

 

 

La vie est colorée

De jambes de femmes

Il disait

De noeuds à défaire

La vie est colorée

De jambes de femmes

Qui injectent à l’asphalte

Des rythmes affolants

Alors boire et danser

Il disait

Boire et danser

La vie est martelée

De jambes de femmes

De bas qui crissent

De bateaux qui grincent

De voix d’enfants

Qui pincent

Le coeur.

La vie est un bateau

Où tanguent les jambes de femmes

Qui grincent

Il disait

De boucles bouclées

Qui tintent à leurs oreilles

Quand elles martèlent l’asphalte

Pendant qu’on boit.

Denis Scheubl    dans   » Sex and Cities »

 

 


Sans choisir forcément la couleur – ( en évoquant Bukowski ) – ( RC )


photo:   Guillaume Gaudet voir son site

Sans  choisir forcément la couleur,
Tu serais  là, au volant d’une vieille Chevy,
Avançant            – comme il se doit –
Sur l’asphalte,    qui n’en finit pas.

Sans  choisir forcément la couleur,
Il se trouve          que tu es né blanc,
C’est un bon choix aux ZétatsZunis,
>               En dehors des imprévus.

Ainsi va la vie,                    ça  roule,
Ca cahote aussi,                la route,
Elle  a ses trous,         la carrosserie aussi,
Elle tient la  distance      – jusqu’à quand ? –

Toi aussi,                     dans ta vieille Chevy.
>                           Il s’avère  que t’es poète,
La poésie l’a signé,           toi,     désigné,
–                                   Charles Bukowski.

Bon, ok,               tu vas comme  tu picoles,
Dans la caisse     dont tu ignores la couleur,
( la Chevy, plusieurs packs de bière ),et seul
–                           Tout ce qu’il faut d’alcool

Pour tenir la route,—-                 qui n’en finit pas,
Enumérer les états:    Ohio,    Idaho,  Oklahoma
>            Tous ces noms rappelant
Ceux des peaux-rouges

–        Y en a plus beaucoup d’ailleurs,
Très gênants pour la ruée vers l’or
Sans avoir là,           la bonne couleur,
Mais ,         leurs noms  marquant le décor,

Tandis que                                 se déroule,
Sur l’horizon,          le ruban des heures,
Eteignant progressivement ses couleurs,
Des bouteilles,  on distingue à peine        … les étiquettes.

RC – 10 août 2013


Attendre que se dilue le temps (RC)


Steve Messan drop, - voir some-landscapes.blogspot.com

 

Attendre , debout, dans la gare

Aux mouvements pressés des passagers

Venant tous d’un ailleurs,

Ou se cherchant une voie d’ailleurs

 

Et pensant que seul le décor changerait

Comme un tapis des villes  et des champs

Et qu’une foule de personnes identiques

Serait reportée dans un ciel de Magritte

 

Attendre dans la salle vide

Sous le regard  rond  de la pendule

Et l’alignement régulier des chaises

Au faux air  d’objets soumis

 

Attendre dans la salle pleine

Sous le regard pressé de la pendule

Et l’alignement  défait des chaises

Soupirant sous le poids des personnes

 

Attendre  au carrefour où les autos

se traînent ,et le bus qui ne vient pas

la poussière des champs  sur l’asphalte

Et mon ombre pointant avec le soleil.

 

Attendre  que se dilue le temps

Marqué par les heures sentinelles

En un reflet de pierres, en, suspension

En patience de lac endormi.

Art: sentinelles de sel Jean-Pierre Formica photo Eric Preau