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Toscane l’étrusque ( RC )


sculpture;  art étrusque

sculpture;        art étrusque

Della Francesca couvre des panneaux,
Des     scènes de  sa foi,
Légende de la Vraie Croix
Dans la ville  d’Arezzo,

Mouvements croisés     de chevaux,
Ces peintures qu’on dit primitives
Multiplient les perspectives,
Sous  étendards      et drapeaux.

Le jour court, puis se fane,
Les        ombres des cyprès dessinent
Des pinceaux allongés sur les collines,
Et vallons de Toscane,

Qui portent jusque
Aux statues     blanchâtres
De    translucide  albâtre
Du pays étrusque

Mythologie      et divinités,
Les années entassées,
Restent les témoins du passé,
Emergeant de l’obscurité

Défile au dessus des murs,
Tout ce qui parle d’heures grises
Le soir.        Il enveloppe Assise
De sa robe  d’azur.

 

…Que l’on évoque    Volterra,
Ou d’autres cités anciennes,
La nuit  s’empare de Sienne
Dans   ses habits d’apparat…

– Le soleil,      en son vol d’or,
Verse      sa coupe de volupté,
A l’horizontale de l’été,
Et joue les  sémaphores,

Derrière les créneaux,

De San Giminiano

 

Peinture:          Fresque de Piero Della Francesca: légende la Vraie Croix – bataille entre Heraclus & Khosro           XVè siècle —  église  d’Arezzo

RC – 25 juillet 2013


Jean-P Goux – Le montreur d’ombres – Assise


todi-italie

Assise s’offrait à lui derrière ce voile incongru d’abord par sa rusticité, dissimulant les perspectives lointaines que dégage une colline, engendrant cette impression confirmée à chaque pas, à chaque ruelle, d’isolement et de refuge à l’image du petit cloître franciscain qu’il visiterait d’emblée ;

une brume déambulatoire comme un écrin particulièrement raffiné et propre à faire valoir ce caractère singulièrement scandaleux d’une ville déposée là immémorialement,

restée à l’écart de toute compromission avec le monde, avec cette netteté radicale et tranchée d’une ville sans banlieue …

unité qu’il se serait gardé de détailler par crainte de voir la ville se raviser et disparaître  l’enchantement qu’il éprouvait moins à l’idée d’une Permanence historique qu’à celle d’une totalité harmonique rendue tangible.

Il ferait froid à Assise afin  qu’il ne puisse ultérieurement s’imaginer la vie à la campagne sans une chambre monacale dont la blancheur eût été le rappel incessant d’une brume symbolique.

photo: cloître d’Assise

Jean-Paul Goux, est l’auteur de   » le montreur  d’ombres »  ( éditions ipomée 1977 )  dont je cite un court extrait  de son premier  récit;  le jardin…  JP Goux, avec de longues  phrases  qui se tiennent, a un côté descriptif  très pictural, ici, pour  Assise,  mais  aussi pour  la peinture, par exemple  le célèbre retable d’Issenheim, près de Colmar.

Il est aussi l’auteur, plus récemment  de

La jeune fille en bleu, récit, Champ Vallon, 1996.

Les champs de fouilles:
1. Les jardins de Morgante, roman, Payot, 1989; rééd. Actes Sud, coll. «Babel», 1999.
2. La commémoration, roman, Actes Sud, 1995.
3. La maison forte, roman, Actes Sud, 1999.