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Réfractaire aux laboratoires – ( RC )


Résultat de recherche d'images pour "palais des glaces feu"

J’ai dû crever l’atmosphère :
des spirales m’entourent,
cristallisant l’univers    :
       il y a des miroirs tout autour,
qui bavardent tous ensemble
dans un grand palais des glaces
dont le centre flambe    :
on dirait qu’on parle à ma place .

Ici, jamais le feu de s’éteint
et au milieu,       je m’égare
      ces discours ne sont pas les miens      :
les reflets captent les regards,
>         la lumière se plie , se déforme      :
trop de gens se confient aux machines,
et portent l’uniforme
(    beaucoup plus que l’on imagine   )

c’est sans doute plus confortable
d’écouter leurs histoires ,
mais je ne suis pas programmable :
          réfractaire aux laboratoires
comme aux puits de science
nourris de méga-octets :
>         je contemple le silence
et me mets en retrait…


RC – fev 2018

 


Un message auquel il manque des mots – ( RC )


 

8114724.jpg

image retraitée: RC – nov  2017

Avec cette atmosphère cristalline,
la nuit s’étirait, lumineuse ,
et je me suis levé,
ne trouvant pas le sommeil.

La lune brodait autour des nuages,
une dentelle claire,
le centre restant opaque et sombre ,
–            une sorte d’omission     – .

( comme si c’était une phrase ,
dont le message était interrompu ) .
Il y manquait des mots ,
et tout le paysage balbutiait.

C’était sans doute juste un oubli ,
tout retrouverait sa place dans les rêves ,
on n’aurait même pas à demander la traduction :
et demain je me souviendrai de tout .

RC – juill 2017

 

Mel Bochner - Rules of Inference.jpg

art: Mel Bochner


La pierre s’était prise à rêver tout haut, qu’elle était un oiseau – ( RC )


encre: oeuvre  d'un artiste chinois

encre: oeuvre d’un artiste chinois

Sans effort apparent,

Le caillou ricoche sur l’onde

Et prolonge sa course, au monde

Aussi loin que la force du jet,

Le lui permet…

Et la tanche regarde perplexe,

De son oeil convexe,

La pierre, toujours bondissante,

Si légère,                … Elle chante

Ayant quitté ma main…

Puis,             attirée par sa propre masse,

Et finissant par percer la surface,

Elle se résoud enfin ,

Finissant de flirter avec l’eau ,

A quitter sa peau,

Et s’enfonce à regrets, dessous,

Après quelques remous,

–       mouillée de ses pleurs amers-

Quittant brusquement l’atmosphère,

Pour se reposer au fond,

…Entourée de poissons.

–               L’eau poursuit vers l’aval,

Sa course,                                ( et l’avale ),

Maintenant bondissant ,

De toute la puissance du courant.

La pierre s’était prise à          rêver tout haut,

Qu’elle était                                  un oiseau… .

RC  – 6 décembre 2013


After the gold rush ( RC )


photo jrs de son site

 

 

Au survol du printemps
Finalement, l’aile ouverte,
S’appuyant sur l’atmosphère,
Endolorie,
Ira se fondre
Et saigner dans d’été,

Une halte et un autre virage
peut être conduit au repos
Une ville abandonnée
Aux insignes blanchis ,
Le bois torturé
Au soleil ardent,

Les voitures,aux modèles lourds,
Fantômes rouillés,
immobilisés,
Dans les herbes hautes,
Elles vont à la reconquête
des prairies vides.

Peut-être pour l’oiseau migrateur,
L’occasion de se poser,
Quand le vent agite
Et secoue de vieilles tôles,
De vieilles enseignes,
– grincements –

Et ce qu’il reste de rues,
Poussiéreuses,
Menant plus loin à l’Ouest.
Suivre ainsi ,très loin,
Les routes rectilignes,
sous la course des nuages.

L’or du Far-West,
A filé entre les doigts,
De migrants de tout ordre,
Repartis d’ici, comme ils sont venus,
Incongrus
Poursuivant une richesse improbable,

Toujours ailleurs.

________________________
Flyover spring
Finally, the wing open
Relying on the atmosphere,
sore,
Will go blend
And bleed into summer

A stop and another turn
may be conducted for a relaxing break
An abandoned city
To the bleached insignias
The tortured wood
Under burning sun,

Cars, heavy models
Rusty ghosts
immobilized
In the tall grasses,
They go to the reconquest
Of empty grasslands.

Perhaps for migratory birds,
The opportunity to arise,
When the wind moves
And shakes oldmetal sheets ,
Old signs,
– Grinding –

And what remains of streets,
Dusty,
Leading further to the west.
Follow thus them far,
The straight roads
Under the course of the clouds.

The gold of the Far West
Passing between the fingers,
Of all kinds of migrants,
Left from here, as they came,
Incongruous
Continuing with an unlikely wealth

Elsewhere ,Always .

RC – 3 septembre 2013


Dans l’instant, porté par la musique ( RC )


dessin perso: musicien en club de jazz

dessin perso: musicien en club de jazz

C’était donc  dans l’instant
Porté  par la musique,
Et les sons qui se cognent
Saxo trompette et trombone.

Et je prends le  carnet,
Pour des instants  prolongés,
Ceux  que je vais dessiner
Et laisser sur le papier.

C’est  donc  dans l’instant
Porté  par la musique,
Une danse des lignes,
Qui se croisent  et puis riment

Avec les notes
Et l’atmosphère rêveuse
Juste ce qu’il faut de pose.
Enlaçant  l’instrument

Les doigts des musiciens
Sur la brillance des cuivres,
Qu’il me faut transmettre
Avec mon pinceau.

RC  – 18 février  2013

dessin perso   Lyon   16 fev 2013

dessin perso Lyon 16 fev 2013


Lamelles immobiles ( RC )


Claude Monet Cathédrale Rouen

Claude Monet Cathédrale Rouen

Immobile  dans l’image,

Epinglé dans le ciel,

Au théâtre des objets,

L’oiseau n’est pas réel…

Dessin de son passage,

Une portion de trajet,

Le bout  d’une ligne,

Un instant de grâce,

Et peut-être le signe,

Le reflet dans une flaque

D’un ange qui passe

Et qu’à peine on remarque…

———–

Voyageurs en émotion lente

Le passager du jour

Succède à celui

D’une lourde obscurité

Et s’étonne encore

Que les choses en sommeil

Se révèlent au lendemain,

Cousines, ou bien semblables

A la même place

Et jouent à la permanence,

Même si l’atmosphère, leur peint des habits

De brume et de lumière.

Il y a des instants fugitifs

Qui modifient les  contours,

Ajoutent des touches de couleur

Et désignent autrement

– La cathédrale de Rouen – que l’on croyait connaître

Quand  s’élancent, immobiles

Les dentelles  gothiques

A travers les siècles .

Mais, même plus modestes

Les images les plus offertes,

Qu’on voit sur les présentoirs,

Se trouvent reproduites

Presque à l’identique

Sur les cartes postales.

Les vues générales,

Prises du promontoire

En couleurs ou en gris pâle,

Sont des moments d’histoire .

Le décompte des heures,

Les transformations ( et petites différences)

A identifier  – au jeu des sept erreurs-

D’un village de Provence …

En prenant la photo

Le passager du jour

Prélève, une fraction de seconde

Une infime portion du temps,

Et un peu de lumière

Comme une prise de sang

Aspirant le visible du monde,

Une piqûre  éphémère,

Où se précipite, hâtif

Le paysage, en périmètre limité

A l’intérieur de l’objectif,

… un instant d’éternité.

RC –   13 novembre 2012

– texte auquel j’ai trouvé un écho,  dans le blog  de « le vent qui souffle »

Interfaces

La photographie n’était que le reflet arbitraire d’un instant arraché à la fosse béante du temps, et ne livrerait pas d’autre secret que cette fixité étrange et ce témoignage troublant d’une vie abolie mais qui avait existé. Ce n’était qu’une trace, aussi bouleversante que les empreintes de mains retrouvées dans les grottes préhistoriques. Elle continuerait pourtant, avec déraison,

parce que cette vie retournée au néant continuait de l’émouvoir, à scruter la profondeur de ce regard, à suivre le mouvement de ces lèvres qui essaient avec peine d’esquisser un sourire, à interroger ce front trop grand sous les cheveux relevés, à examiner cette broche dorée qui rehausse le corsage sombre, à s’émerveiller devant le col de dentelle fine fabriqué par des mains délicates.

Sa mémoire avait conservé des milliers d’images plus récentes, en mouvement comme dans un film. Ces images-là, douloureuses, s’enfonçaient peu à peu dans les couches inférieures de la conscience, accompagnées d’une sorte de sentinelle chargée de les veiller, de les protéger contre l’oubli définitif, mais aussi et peut-être surtout d’empêcher la souffrance d’une remontée à l’air libre…

Une sorte de filtre magique ne laissait passer que les formes simplifiées ou mythiques du souvenir. Il n’était pas impossible de croire que ces formes pourraient revivre de la même façon que les vestiges d’une civilisation disparue, avec le recul et la passion des archéologues, la passion préservant l’émotion, le recul faisant barrage à la douleur. Il devenait possible également de croire que ces empreintes de vie laissées par une morte rétabliraient un passage avec elle, la « encore vivante ».

Et tous ces signes, il fallait désormais les déchiffrer, les décrypter, les interpréter comme des indices sur son propre destin, contenu dans la forme ronde de ce petit miroir de poche, cruellement figé et glacé côté pile, insaisissable comme l’eau courante, imprévisible, inquiétant, effrayant comme un torrent dévastateur, côté face.


Inconstance, jongleuse de lune (RC)


peinture:            Abraham Janssens:
Allégorie de l’inconstance vers 1617. —         Madeleine renonçant aux richesses de ce monde,         Palais des Beaux-Arts de Lille

 

L’art, dans l’imaginaire,  nous transporte  toujours
Et même  crée devant nos yeux l’image de la pensée
C’est un paradis, un enfer, ou , des âmes , la pesée
Les dieux en combat, les allégories  et amours

Au pays de muses, j’aime  voyager, en bonne fortune
Dans les  peintures,                   d’espaces  translucides
A sortir de son mouchoir,              lapin, ou bien lune
Jouer avec les symboles, homard et autres  arachnides

D’un espace noir, et                       peut-être sans atmosphère
Mais agité de courants, fréquenté par les bêtes  de la nuit
Et mouvements, tordant les voilages, ,       qui prolifèrent
Tandis qu’en bas, sous l’oeil des déesses, les hommes  s’enfuient.

C’est le caprice de ces dames, la fantaisie  des dieux
Qui fait le pluie  et le beau temps,                              et notre destin
Notre sort , notre vie se joue, pour ici,            en d’autres lieux
La conduite de ces affaires, n’est pas pour nous, à portée de main.

RC  12 mai 2012

 

 

 


Epopée orageuse des statistiques ( climatiques) – (RC)


peinture: De Vlaminck - tempête de neige - Musée des Bx Arts lyon

Au vent  de demain, supposé  souffler  fort et haut
C’est  réponse                               à ta lune moribonde
Qui éteint dans son écharpe           son petit monde
Aux filaments  chevelure de vagabondages météo

Il faut  aduler ,                    perchés  sur une  échelle
Les images  vagabondes,         crinières  en tresses
De la cavalcade fantaisiste                      des déesses
Zébrant l’atmosphère,            passages en nacelles

L’étonnement  des  étoilées  – bannières
Se penche jusqu’aux états                    Floride
Rêvant de retrouver bientôt le ciel limpide
Pour tracer leur destin d’astres  – fières

De prétentieuses constructions                  élancées
Il faudra de cette vision,                  qu’on se console
Nous apparaissent géantes       ,       que vues du sol
Mais le vent solaire         pourrait bien tout balancer

En sortant de son chapeau                 quelque ouragan
Quelque tempête à démonter les murs              solides
Des forteresses bordant les plaines                       arides
Assaisonné de       montagnes vertes venues  d’océans

Le temps  se détend, d’un coup                   avec délice
Vomit sur les sols secs,             une  tempête de neige
Etend             un manteau blanc sur les  crètes beiges
Etonnées – comme nous –          d’un soudain caprice

C’est l’occasion à faire parler              les  statistiques
De mentionner, ici et là,                 la terre  qui bouge
Et graver sur les maisons du village   un trait rouge
De l’inondation                 la mémoire du dit historique

La tempête aplatissant les arbres        en pas de géant
Les fauves  lâchés dans la nature,              désorientés
Rescapés  de l’arche  de Noé  –          qui s’est échouée
Et remplir les colonnes  -faits divers         – mais  c’était avant.

Avant,      c’était hier         – Le soleil est revenu, son petit four
Sèche les  décombres ,                                         il faudra repartir
Après le grand  coup de balai                           tout reconstruire
Repartir sur de bonnes bases                  ( dit-on avec humour)

Mais que sont donc ces résolutions
Sans voir plus loin que le bout du nez ?
En catastrophes  futures,                        condamnés
A jouer  toujours, en avenir,              la répétition…

————

— Inspiré  des divers  dérèglements climatiques, tsunamis, ouragans, etc…   et en particulier  du livre grandiose de Laurent Gaudé   « Ouragan », ( Actes/Sud)  qui, – plus  que les éléments météo eux-même, –met en scène des hommes-fauves – désorientés – mais qui restent  fauves malgré tout.

——  voir  en celà  mes  deux parutions  sur Ouragan:

Premier extrait

Deuxième extrait

photo - fond d'écran météorologique

Instigation: la parution toute  récente  de JoBougon

 

parution qui a  sa  « suite »   avec   « le  côté lisse »