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Echapper à son auteur – ( RC )


Crazannes  carrières   02-.jpgphoto perso – Crazannes – 17

 

La vie m’écrit demain .
Je ne saurais pas dire si c’est d’encre violette
Ni qu’elle me choisit un destin
( je n’en fais qu’à ma tête ) ! –
             Je suis né par accident
             Parce qu’un jour mon auteur
             Qui aimait cette couleur
             Fut un peu imprudent

En voulant remplir les pages
Contre l’avis du vent
Le livre s’est fermé brusquement,
          – Et plutôt qu’en être otage
           J’ai fui sous le canapé
En emportant quelques lettres
Que je pourrais peut-être
Utiliser sans me faire attraper.

J’ai donc dû m’aplatir
Le nez dans la poussière,
Avec tous ces caractères .
            Ils m’ont aidé à grandir,
           A me rendre autonome
Ce fut une aventure
De se lancer dans l’écriture,
Nom d’un petit bonhomme !

Me glisser dans un feuille,
Une autre encore et ainsi de suite
Mon récit n’a pas de limite
             Jetez-y un œil  !  :
J’y inscris les rires
Je m’invente des personnages
Pars pour de lointains voyages
Parcours des souvenirs

Je rencontre Prévert…
             – Ah, ce qu’on a ri,
               Au rayon poésie
               En vidant des vers… !!
( Il faut être un peu ivre
Pour qu’au moindre prétexte
On caresse un texte ,
Qu’on écrive un livre ).

Je n’ai aucun programme ….
           » Est-ce grave, docteur ? « 
           D’avoir échappé à son créateur
            Et des brumes de son âme ?

RC – sept 2016


A tous ces mots, leur peine, leur joie … ( RC )


Typographie #4 : compositions et graphisme ! | Blog du Webdesign:

image: provenance                le blog du web design

 

 

A tous ces mots leur peine,
leur joie, leur vie propre,
et leur coeur battant, même
s’ils sont issus de catalogues d’objets rutilants,
d’anciens grimoires,
souvent cachés derrière des double-sens,
comme protégés par une carapace.

On peut en dénicher en haut des armoires,
dans de lourdes encyclopédies,
… parfois ils s’usent, en désuétude,
si on les prononce plus,
inarticulés.

On peut aller en chercher sous des pierres,
coincés dans des pages jaunies,
ou bien          après une ascension lente,
après l’obstacle d’une pente raide,
portant leur vérité, opaques ou ayant la transparence
d’un cristal de roche ,
gagnés après de lents et patients efforts.

Ils migrent doucement    selon les siècles,
les usages et les modes,
méritent une interprétation,
une traduction,
 — ainsi le bétail suivant les drailles
de transhumance.

S’ils sont à priori      inertes      par nature,
c’est leur association,
comme l’addition de produits chimiques,
qui les rend actifs, porteurs d’émotions,
voire virulents .

Corrosifs, avec la couleur qu’on leur donne,
gonflés d’ intentions allusives ou tendres,
parfois sordides et boueux,
déclamatoires               en longues suites,
officiels               dans de rigides discours,
 démonstrations scientifiques irréfutables.

Si les murs ont des oreilles,
dès qu’ils sont lâchés, ils peuvent,
comme le dit Hugo,       semer la discorde et la haine,
comme de mauvaises graines,
trouvant toujours          à s’accrocher quelque part,
crevant même          le goudron épais des trottoirs.

Comme ils sont prononcés,
ajoute une saveur,
douce ou courroucée  ,
sucrée ou épicée  ,
empruntant la voix parlée,
l’envol         de celle de l’acteur,
jusqu’au réceptacle de l’oreille,
généralement       prête à les accueillir.

Plus aériens               dans ce qu’on nomme poétique ,
ils se chargent d’images,      et permettent à l’esprit
d’envisager           des raccourcis vers l’improbable,
dansant en quelque sorte                        tous seuls…
libérés des contraintes d’ organisation rationnelle,

celui qui les emploie,                  n’en fait qu’à leur fête,
les dissout,                             les recompose à sa guise,
jusqu’à en multiplier les sens
dessine leur aube,                        leur solstice,
et les pare d’ombres,
parfois fantômatiques.

Tout le monde les utilise,
certains              portent un cosmos,
une signification inconnue,
qui a été pensée par d’autres,
sans qu’on puisse  en connaître    l’origine exacte,
même avec le scalpel étymologique ;
>           peu se révoltent .

Je les laisse courir
          au gré de ma plume,
et tout le temps avec bienveillance….
on dirait même        qu’ils choisissent
de s’ordonner
tous seuls,          en ébullition,
association spontanée.

Peut-être            qu’ils me traversent
à la façon de cellules sanguines,
alimentant les pensées,
et sachant s’en détacher,
le moment venu,
–       pour fomenter un texte      -,
( dont je ne suis pas sûr d’en être le seul auteur….)


RC – janv 2016


Le sentiment d’appartenir à une même espèce – ( RC )


photo et création Mickaëlle Delamé

 

 

Plutôt qu’insérer sa tête,
Dans une photographie,
et l’ovale découpé,
pour y placer son visage
il faut punaiser sur le mur
une  feuille  de papier kraft,
se dessiner  en taille  réelle,
toi debout, toi assis,
et parfois  tourner la tête,
pour que les gens
puissent  se regarder,
se mettre en couleurs,
s’échanger quelques paroles,
en bulles phylactères,
animer un bras, un torse,
puis les jambes  ….
L’habit qu’on a choisi,
ne fait pas son moine   ;
D’ailleurs il n’y
en a pas   ( de moines)
chacun alors,
sort à sa manière
de son rôle, et du dessin,
devient lui-même,
sorti du regard de l’autre,
se côtoient,
les personnages
trouvant leur auteur,
décalés d’ombres chinoises,
et quelque chose de commun,
le sentiment d’appartenir,
sans doute
à une même  espèce .


RC –

nov 2014


Ame observatrice (RC)


dessin: Pierre Alechinsky

 

—————L’auteur se voit lui-même

Pas plus                                    amnésique

Qu’un                        éléphant d’Afrique…

Sorti de son être…  c’est tout un poème

 

Aller se promener,  –          aller voir dehors

Parcourir l »hiver,  –          changer de saison

Ne pas prendre ses clefs,  quitter la maison

Et puis,  errer,         en dehors de son corps

 

 

peinture: Gumpp  » le miroir de l’âme »

 

Quelle pensée absurde ! ,                sortie du dégel…

Elle flotte à distance, ne pèse        pas un gramme

Nul ne peut la voir…..  mais  c’est bien mon âme…

Qui est à mes côtés,  –       je ne vois pas ses ailes…

 

C’est un tableau étrange,    – une mise en abîme,

Une vue de l’esprit,                   au bout d’une tige

Elle me voit de très haut   (  et c’est un vertige)

Restant minuscule,            –  observé des cîmes

 

Traversant nuages,  et la météo,

Elle virevolte et participe,                               -d’équilibre

A une fête sereine, ————- dont  elle se voit libre,

D »aller et venir… et me voir de près, ———et de haut.

RC – 17 avril 2012