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Gilles Vigneault – Paysage


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photo DL Ennis

 

La lune a posé sur la plaine
L’argent d’un verglas sans pareil
À rappeler la porcelaine
D’une mer où dort le soleil.

Ah! Que la neige était plus belle
Aux saisons dont je cherche encor
La mystérieuse escabelle
Qui manque au coeur de ce décor

Pour que le jeu se recommence
Avec le splendide attirail
Du pays à la neige immense
Où la fenêtre était vitrail.

Ah! Que la neige était plus blanche
Et plus mélancolique aussi
Sa calme et paisible avalanche
D’un ciel au jour mal obscurci…

La lune a posé sur ma peine
L’éclat de son calme glacé.
Mon enfance ne fut pas vaine.
Voici déjà demain passé…

Gilles Vigneault


Plutôt prendre le train ( RC )



De légères gouttelettes, prises en tempête,
Se précipitent en gros flocons d’avalanche
Habillent une montagne blanche
S’accrochent aux reliefs, et font paillettes

Qu’aussi des voiles de brume drapent,
Avec les caprices  du temps,  survenus,
de mystère les endroits connus…
Les contours familiers s’échappent.

Les horizons nappés voilés de la pente
Un mur d’incertitudes imagées,
Où rien n’est dégagé
Et la route qui serpente.

Dans l’univers ouaté, les voitures qui glissent…
Engagées  sur la descente
Pourtant en allure lente
Soudaine nostalgie , des pneus qui crissent..

Si rien n’est stable
Et que tout à coup, rien n’adhère
Le conducteur le plus téméraire
Penserait plutôt : siège éjectable

Surtout quand au prochain virage
– on dit d’une route qu’elle n’est plus carrossable –
Obstacle inattendu , et collision inévitable
Précédé d’un lent dérapage,

Un bruit mat, et tout bascule
En doux regret ,    vers le ravin
….     J’aurais dû prendre le train
Et laisser au repos, mon véhicule…

A la chute lourde, aux bruits discordants,
Les roues tournent encore dans le vide, succède le silence
Ensuite, ….  c’est l’affaire des assurances…
–              Statistiques, et accidents…

….   On se raconte toujours des histoires
Quand on côtoie l’enfer
Tant pis, je n’serai pas centenaire
L’avenir ne se marie pas avec « trop tard » .

RC –  25 janvier 2013


Màrius Sampere – La date d’aujourd’hui


miniature du livre des merveilles Paris bib nat- expo de Seville

La data d’avui

 

El día de hoy

El día de hoy, el momento que arremete,
el predicador que anuncia
todo lo que está por hacer.

A partir del instante, el alud,
o lluvia de obstáculos. Mira,
¡ya aclarece! ¿Lo ves?, no universos
adjudicados, oh no,  la gente.
Vida que regresa, vida que se aleja,
Analfabetos, jueces, doctores, padres
de mi escuela derruida.

Por tanto, no hacer, sino rehacer.
Y tampoco rehacer, estrenar. Es otro mundo,
otra circunferencia, el anillo supremo
de la indignidad. Quien lo luce
no muere: morirá
y no habrá acabado la labor encomendada.

Aún quedará añadir
jardines y enigmas.
Y todos los fabricantes de agujas.

---

La date d’aujourd’hui, le moment qui nous surprend, 
le héraut qui annonce 
que tout est à faire.

A partir de cet instant, l’avalanche,
ou la pluie d’obstacles. Regarde,
déjà, la clarté ! Tu la vois ?, non pas d’univers
adjugés, oh ! non, les gens.
Une vie qui revient, une vie qui s’éloigne,
des analphabètes, des juges, des docteurs, des frères
de mon école démolie.

Donc, ne pas faire, refaire.
Et ne pas refaire, inaugurer. Il faut un autre monde,
une autre circonférence, l’anneau suprême
de l’indignité. Celui que le porte
ne meurt pas : il mourra,
et il n’aura pas achevé le travail à faire.

Il faudra encore y ajouter
les jardins et les énigmes.
Tous les fabricants d’aiguilles.

Màrius Sampere –