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C’est juste le hasard, qui m’a placé là – ( RC )


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Je n’ai qu’à ouvrir les yeux,
après la nuit,

pour me lancer dans l’aventure,
– car j’ai tout oublié d’avant – ,
                        et chaque matin
est un nouvel apprentissage,
          une nouvelle enfance.

C’est avec elle, que je dois progresser,
apprendre à marcher .

J’essaie de reconnaître les choses,
qui se penchent sur moi,
                          je leur donne des noms,
qui semblent venir d’une autre langue,
          et ne sais qu’en faire.

C’est juste le hasard,
qui m’a placé là .


RC  –  janv  2018


Au risque de l’aventure – ( RC )


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                                                     peinture:  G de Chirico:   deux masques  – 1926

 

 

Ici l’errance se paie,
lorsque tu te bandes les yeux.

Il n’y a pas d’obscurité douce…
Tu peux avancer tes doigts,

au coeur des buissons,
de la fourrure.

Gare aux blessures,
…à commencer par le coeur !

Je t’entendrai crier,
lorsque la créature
se détache du fond,

qu’elle signe la fin de la trève,
après la caresse,
et plante ses crocs dans la paume.

Des fouets de fer,
la coupure du verre,
le scalpel habile des mandibules,

ont raison de l’avancée
imprudente d’un bras,
d’une tête.

On ne sort pas entier
de cette jungle.
Elle pénètre dans la chair

avant même qu’on ne l’explore,
On y laisse quelque chose,
définitivement.

Et si ce n’est le sang,
déjà la raison s’égoutte ,

voracement aspirée,
par l’inconnu (e).

C’était le risque encouru
par l’aventure.

Avant d’être savourée,
il a fallu qu’elle goûte d’abord à toi.

RC – mars 2016


Paul Bergèse – Au gré des galets


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Au repos de la plage
les galets apaisés
tendent leurs joues
à la caresse de la vague.

Couleurs soleil ,
les galets du Verdon,
portent encor des odeurs
des goûts et des musiques.
Souvenirs d’enfance.

Neige, vent, pluie, soleil ,
torrent , rivière et plage.
Combien de souvenirs
dans la vie du galet ?
Mais son visage lisse
est toujours impassible.

Une aventure vibre
au profond du galet.
Musique de fontaine
où s’abreuve un poème.

 

et avec un lien sur ce texte  écrit  en,  2014


Katica Kulavkova – Premier soleil : Sagitarius


P1310857.JPG

image :   5 ème Festival photo  peuples et nature  La Gacilly , 2008

——–

Ô, mère, comme la journée est courte !

Comme une maille de l’infini
le cercle solaire se retourne
non par amour, par obligation
et sans l’infidélité de la femme
pour laquelle rien n’est certain
rien n’est sien ni étrange
dans l’écliptique de l’existence.

Le jour croît et tombe
dans un rythme parfait
il répare la mort
et l’homme est confus et désorienté
dans la pantomime du temps.

Le solstice est initiation
aux coutumes supraterrestres
aux cultes païens
au feu et à l’eau
à la libido et à l’aventure.

Quand il s’arrête
le soleil renonce
aux affaires journalières, frivoles.
Au sommeil de l’ours. Au scepticisme.
Il a devant lui le rituel de l’équilibre
et du hasard. Faste et volupté.

Non, je ne pleure pas ;
je ferme seulement les yeux
devant les vies duelles
avec le sceau d’une évacuation précoce
devant la nuit blanche des amours parallèles
non échangées
non édifiantes.

Katica Kulavkova


Si Talmont devient une île – ( RC )


Talmont église- cf laboutiquede Royan

 


C’était un soir frisant,
Sur ses eaux calmes …
Et le sanctuaire se dresse,
Juste au bord de l’estuaire,
Presque en équilibre sur un fil..

La lumière  bondit sur l’eau  .
Ses vieilles pierres amassées, comme
Une sentinelle  attentive
Qui patiente,    toutes voiles dehors,
De ses arcades romanes.

Le temps  est ralenti,
Poussé entre deux  rives,
Mémoires d’or
Brins de fièvre sous la caresse,
Des  derniers rayons du soleil.

Peut-être son vaisseau immobile,
Un jour , se décidera,
A traverser l’Atlantique,
Belle  endormie,pour tenter l’aventure,
Comme un bouchon sur les flots.

Si Talmont devient une île .

 

 

RC- mars  2015

 

Talmont de

photo  auteur  non ident

 

montage  et photos persos...  panoramique  des modillons de l'église de Talmont --  .......   cliquer  sur l'image pour  l'agrandir...

montage et photos persos… panoramique des modillons de l’église de Talmont — ……. cliquer sur l’image pour l’agrandir…

ifié


Kaléïdoscope – ( RC )


Art: Gilbert & George – Flagleaf

 

Regarde bien!

La scène se découpe,

Elle se démultiplie,

Les images se mélangent,

Se chevauchent et se renvoient,

A elles-mêmes,

C’est un décor de théâtre,

Enfin, je crois,

On y voit des acteurs

Ils sont en travers,

Projetés sur les murs,

Recomposés, remplis de couleurs,

Elles s’enfuient ensuite,

Se soudent et se rassemblent

Un peu plus loin,

Et c’est une fontaine joyeuse,

Des idées . Elles viennent,

Se cristallisent,

S’enchevêtrent,

Puis se séparent …

Des poèmes surgissent,

On dirait, de nulle part,

Fusent, à travers la tête.

Il suffit de les attraper,

De les laisser vivre,

Une danse effrénée,

Les mots sont là,

Des images s’assemblent,

Comme débordant,

De compartiments étroits,

Je vais les assembler,

Les faire s’épouser,

Dans une maison de papier,

Translucide

Je te les enverrai,

Par la poste,

Tu verras ainsi,

Sous tes yeux, venir

Une magie                     une fantaisie,

A mesure que les images

Se reforment,

Et se projettent …

Les acteurs sont à l’envers,

Maintenant.

Dans ta tête,

C’est toute une histoire,

Ce que tu interprêtes,

A ta façon,

En quelque sorte une aventure,

Dont tu deviens le héros,

Si tu prends à ton tour,

Le stylo,

Pour me répondre

Tout en changeant les couleurs.

,

RC – décembre 2013


Tendre le bras vers les étoiles ( RC )


 

 

 

S’il y a du souffle et de la poussière
Pour tendre le bras vers les étoiles
Modifiant tout à coup l’équilibre planétaire
La trajectoire des corps, mettant les voiles

La tête au milieu des nébuleuses
Le ciel s’est enflé de lumière violette
Echo d’Orion vers Betelgeuse
Du fracas d’une comète

A la verticale de l’été
Au fond de tout ce noir
Pour perdre ses droites allées
Et la lumière de l’espoir

Le matin confisque son charme
Dans de lointains obscurs
Habités par les larmes
– pour une autre aventure –

Je ne sais pas si tendre les bras suffit
A jouer avec les astres
Aveuglé, je ne vois que la nuit
Et du matin qui s’en va,… le désastre…

RC  – 2 février 2013

 


Edith Södergran – grimace d’artiste


peinture: Marc Chagall

 

 

 

provenance  « la pierre et le sel »

 

 

 

Grimace d’artiste

 

Je n’ai rien d’autre que mon mantelet brillant,
Ma rouge hardiesse.
Ma rouge hardiesse sort à l’aventure
Dans un pays sordide.

Je n’ai rien d’autre que ma lyre sous le bras,
Les rudes accords de ma lyre ;
Ma rude lyre sonne pour bêtes et gens
sur le grand chemin.

Je n’ai rien d’autre que ma couronne altière,
Ma fierté croissante.
Ma fierté croissante prend la lyre sous son bras
Et tire sa révérence.

 

(1917)

 

In Poèmescomplets,Lalyredeseptembre,© Pierre Jean Oswald, 1973, traduits par Régis Boyer


Goutte-à goutte des pages et légendes ( RC )


peinture: détail de peinture perso            acrylique sur carton       1987

 

C’est un goutte à goutte qui lentement  remplit la jarre,
Une  épopée, un chapitre qui démarre
Cette  eau, qui  peu à peu s’ajoute, autour de l’ile
Ce sont des larmes qui murmurent, aux places de la ville

Le nom d’un ciel, qui se vide et pousse ses ombres
Les fontaines  qui tournent, autant qu’elles encombrent
Les mots  qui cascadent, dont le poids fait bascule,
Leur addition,         récit de vie,       nous bouscule

Comme des roues à aube,  le mouvement,
Toujours porté, vers l’avant
Fait tourner une partie du monde, ou davantage
Chaque  fois effeuillant une page.

Ce sont des légendes qui se chantent.
Des histoires qu’on enfante
Que l’on écrit ou que l’on porte
Dans les mémoires,      peu importe

Au parcours qui ne s’explique pas
Dont on garde la trace, pas à pas.
C’est,           portés par les mots
Au vent portant aussi les  eaux

Un mouvement qui va au ciel
Que l’on dit                perpétuel
Une nouvelle page avancée
Sans cesse    recommencée

De celles  qui se ressemblent
Autant qu’elles  s’assemblent
Même si, de pente, elles  dévalent
Ou bien qu’elles  s’étalent…

Aux histoires  décrites plus haut
Différentes en celà, des deux  gouttes  d’eau.
S’accumulant sur la table
Sans être pourtant semblables…

Chaque livre offre son voyage
De bibliothèques, en rayonnages
Pris  dans la main, ces écritures
Donnent  à l’esprit de l’aventure;

Et gouttes de littérature habitées
D’histoires d’humanité,
Un tonneau des Danaïdes
Qui jamais ne se vide..

RC-      10 juillet 2012