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Embrasser le monde, même à courte échelle – ( RC )


peinture Antoni Tapies_- 1951 Asia _Sao Paulo Museum of Modern Art, Brazil

peinture Antoni Tapies_- 1951 Asia            Sao Paulo Museum of Modern Art,           Brazil

 

 

Avec quelques idées, des pas hésitants sur la berge,

Il se hasarde sur le seuil de l’existence,

 

Et quelquefois trempe son corps         en entier,

Ou juste un doigt,   histoire de « tester ».

 

C’est sûr,                sa vue ne porte pas loin, pas plus

que la lueur d’une lampe de poche, pointée sans grande portée.

 

Nous dirons que c’est la nuit, ou un soir bien avancé.

Ce n’est pas un phare, qui fend l’obscurité.

 

Mais plutôt une luciole .

Une pensée qui jouit de sa propre lumière .

 

L’étreinte de l’extérieur,             est un espace .

qui semble se refermer sur lui à mesure qu’il avance .

 

L’arbre était immobile ,  sentinelle de plein vent .

Une présence,   qu’il aurait pu ne pas voir ,

 

s’il était passé une dizaine de mètres sur le côté .

En fait,        la marche porte son propre aveuglement .

 

Il est difficile d’embrasser le monde, même à courte échelle,

Sans se faire porter par la lumière d’un astre .

 

Celle d’un livre, par exemple .

Sans être universel,           le regard en sera plus étendu .

 

 

RC – nov 2014


Michel Camus – proverbes du silence et de l’émerveillement – 02


photo  palais  de Bahia  Maroc Marrakech

 

 

De jour comme de nuit, en nous, autour de nous, indéchirable : l’intime substance des songes dont est tissé le monde

Où est l’Ouvert.
Où la lumière.
Au cœur de l’éveil ?
Au fond du sommeil ?
Dans le silence qui relie l’homme à l’infini ?
Surdité supérieure.
Aveuglement suprême
O saint nom du silence en l’effacement du nom
Il y a du merveilleux à voir en allant voir derrière les yeux
Du silence à entendre en ouvrant l’oreille entre rêve et sommeil
De l’infini à caresser dans la céleste chaleur animale de l’amour
Il suffit d’un rien, d’un éclair, d’un instant toujours trop aveuglant, toujours indéchiffrable
Encore du merveilleux dans le visage aveugle des pierres
De la joie sous l’écorce des arbres

Le même chant dans le rayonnement des étoiles
La musique du vide ensemence le ciel et la terre
Ce que laisse entendre le silence seul le silence l’entend

Le merveilleux rôde autour de nous,
devant nos fenêtres fermées, le mur d’angoisse de notre face, la chambre obscure de notre cœur
Seulement les êtres poreux se laissent envahir par l’émerveillement du silence

Et l’horreur ?
Et si l’horreur venait de l’homme coupé du merveilleux
Avons-nous jamais entendu naître le souffle
Avons-nous perçu le silence où s’ origine la parole
Ouvrons-nous toujours les yeux à la lumière de nos rêves

Les portes du merveilleux sont ouvertes
Qui en nous les voit ouvertes ?
Le silence
Seul le silence est silence
Seul le silence se connaît
L’homme est debout dans l’ignorance
Au commencement était le-Même

Et le-Même était Silence