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Une « Marianne » de Lichtenstein- ( RC )


photo Yannick LeGoff: Lichtenstein,  tête à l'ombre bleue

photo Yannick LeGoff:         Lichtenstein, tête à l’ombre bleue


Tes yeux se posent sur moi,

Mais ne regardent pas,

Ou alors loin, si loin,

.. Tête de mannequin,

Avec blonde tignasse, et ta trombine,

Tu fais une nouvelle Marylin…

Mythe entêté,

Statue de la Liberté,

Attendre que le temps passe,

Et faire du sur-place…

Ne reste pas seule ….Pénélope

Aurait pu être l’icône du « pop »

En un coup d’avion,

Tu sauras, (belle comme un camion ),

Te faire encore plus belle,

Que les tours jumelles …

Produits exportés,

Ambassadrice de beauté,

A franchir les douanes,

C’est pour nous, bientôt , Marianne

Figure que berce,

Le génie du commerce,

Fée des filles, sortie de BD,

Icône de musée,

Pop-art leggins

Parée, cosmétiques,

D’airs d’outre-Atlantique,

Figure héroïque

Moulée en plastique

Cette statue en résine,

J’en sais l ‘origine,

De la peinture, l’emphase,

Et elle, de ses cases,

D’un art devenu académique,

Qu’est devenue sa critique ?

D’une société, vantant sans passion,

Les objets de consommation.

Même sans phylactères,

Elle ne fait pas mystère,

De l’art d’Amérique…

>     Qui sent aussi le fric .

RC – 26 aout 2013

peinture:         Roy Lichtenstein,    coup de brosse jaune.    Metropolitan Art Mus NYC  1965


séquences d’Hitchcock ( RC )


North by NorthWest – ( La mort aux trousses )

Qu’une femme  disparaisse
Dans un orient-express

C’est un film  d’Hitchcock
Qui marque  son époque

Pour un film d’espionnage
Une fois commencé le voyage

D’une pichenette
Je continue dans ma tête

A me balader dans la foule
Alors que se déroule,

Dans d’autres lieux
Un crime odieux

Pour la caméra , si l’histoire  s’enlise
L’action  poursuit dans une  église,

Une femme  dans le clocher
Dont l’acteur va enfin s’approcher

C’est alors le vertige
Qui toujours l’afflige

L’empêche de monter
– et de ce coup monté –

Un corps qui tombe et se casse
Un tour de passe-passe…

Où est passée la femme  qu’il aime ?
Cà, c’est bien le problème…

Ou bien dans un autre film, une  scène
– croisement de routes à l’américaine,

D’où surgit un car
Venu de nulle part

Cary Grant en descend
(un rendez-vous important)

Mais personne ne s’arrête,
A part un bus,  pas une  estaffette…

Seul un petit point grandit,
C’est cet avion maudit

Qui le poursuit        en vain
Dans le champ voisin

Avant que ne se brise son élan
Culbute , et un accident

Au coeur de l’action,
Contre un camion…

Toujours la mort aux trousses,
Il pourrait jouer du pouce…

——  Alfred  décide du futur
Pour de nouvelles  aventures

Jusqu’aux portraits géants
De pierre, des présidents

….Et d’autres manigances
Qui font le suspense

…  et toujours nous interloque

Le talent de Hitchcock…

Affiche rouge – Vertigo ( Sueurs froides)

RC- 16   novembre 2012


Lambert Savigneux – l’autre jour


l’autre jour   

(publié  dans  les  regards  d’Orion)

 

 

photo perso:    Couchant sur Chanac – Lozere

 

la pluie de l’autre jour à fait briller les tiges

je t’ai vu sous les nuées d’eau

tout à l’heure la douceur remuait la terre

le vert boit les gouttes

sous les arbrisseaux les feuilles font un toit pour l’oiseau

le vent rafraichit la peau

mais aujourd’hui  la chaleur flatte le ventre

de la pluie il ne reste rien

du ciel obscurci je ne vois que le bleu

et l’avion  qui va à Tokio

 

 

 


Le Petit Prince, et la musique du monde ( RC )


 

C’est, extrait du livre de l’enfance,

Le Petit Prince, qui met le pied

Sur une frêle planète,

 

On y entend, si on écoute, une brise

Qui chante dans les arbres, la vie

loin de avions qui passent

 

 Et la caresse chaude des jours de l’été.

Le Petit Prince progresse, il ne lui faut pas longtemps

Pour faire le tour de la terre, et passer le gué

 

Des îles aux continents, sans se mouiller les pieds.

Il s’interroge avec insistance, sur la forme des montagnes,

Le silence blanc des déserts, l’aventure des rivières

 

La succession des villes, et des maisons jouets

Sagement alignées, le long des routes,

Et les supermarchés,sont une grande attraction.

 

S’il veut dessiner des moutons, demander son chemin,

Il n’obtient pas de réponse, car on ne le comprend pas,

Déjà les hommes ne se comprennent pas d’une région à une autre

 

Et se barricadent chez eux, derrière des frontières,

Mais au-delà des murs on entend de la musique

Qui passe sans rien dire

 

Comme le vol des colombes

Sur la frêle planète

On entend, si on l’écoute,

 

Tout de l’amour, et des langages, sans paroles.

Elle ne disait rien, et finit par tout nous dire.

RC- 18 octobre 2012


Joseph Brodsky – Elegie


peinture: Marc Chagall

ÉLÉGIE

Ma bonne amie, c’est bien toujours le même
bistrot, le même barbouillage aux murs,
les mêmes prix… Le vin est-il meilleur?
Je ne crois pas. Non, ni meilleur ni pire.
Pas de progrès, et c’est très bien ainsi.

Seul le pilote de l’avion postal
picole, ange déchu.

Les violons
continuent de troubler, par habitude,
mon imagination.

A la fenêtre,
blancs comme la virginité, des toits.
Les cloches sonnent. Il fait déjà sombre.

Pourquoi as-tu menti?

Pourquoi mon ouïe
ne sait plus distinguer la vérité
et le mensonge, veut des mots nouveaux,
sourds, étrangers, que tu ne connais pas
mais qui ne peuvent être prononcés
que par ta voix, comme avant…

Joseph Brodsky

1968

(Traduit par Michel Aucouturier)(éditions Gallimard)


On n’invente plus la pluie (b) – ( RC )


photo:          carte postale de Klaipeda          Lithuanie

 

 

 

On pourrait presque se saisir

Du ciel qui hésite

Entre l’azur et l’orange

Rayé des queues des comètes

 

Ou, plutôt des avions du partir

Qu’un ailleurs invite

Au repas des anges

Quelque part sur la planète…

 

S’il suffisait d’un coup d’aile

Pour partager leur festin,

Nectar et ambroisie…

Tout le monde laisserait derrière

 

La zone industrielle,

Vers d’autres matins

qu’un avenir moisi,

Sans faire de manières

 

 

RC –   20 aout  2012


Pierre Etienne – signes sur l’eau


 

eau mouvante – Venise

 

 

Si du bout de mes doigts
je trace des signes sur l’eau
les mots traversent l’étang
reliant l’une à l’autre rive

Là-bas nul récipiendaire
ne recevra le message
les carpes m’ont assuré
du silence des secrets

Les arbres captent des reflets
telle l’image mal réglée
d’un téléviseur folâtre

Avant de connaître l’étang
j’ignorais que tant d’avions
détruisent le calme du ciel

Pierre Etienne /   extrait  de  « Quarante quatre sonnets approximatifs »

 


Joseph Brodsky – Elégie


 

peinture: Juan Gris la bouteille de banyuls - 1914

 

 

 

 

 

 

ÉLÉGIE

Ma bonne amie, c’est bien toujours le même
bistrot, le même barbouillage aux murs,
les mêmes prix… Le vin est-il meilleur?
Je ne crois pas. Non, ni meilleur ni pire.
Pas de progrès, et c’est très bien ainsi.

Seul le pilote de l’avion postal
picole, ange déchu.

Les violons
continuent de troubler, par habitude,
mon imagination.

A la fenêtre,
blancs comme la virginité, des toits.
Les cloches sonnent. Il fait déjà sombre.

Pourquoi as-tu menti?

Pourquoi mon ouïe
ne sait plus distinguer la vérité
et le mensonge, veut des mots nouveaux,
sourds, étrangers, que tu ne connais pas
mais qui ne peuvent être prononcés
que par ta voix, comme avant…

Joseph Brodsky

1968

(Traduit par Michel Aucouturier)(éditions Gallimard)

 

 


Filippo Marinetti – la guerre est belle,


Le philosophe Walter Benjamin,  nous  révèle  dans   » L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique » les écrits de l’artiste italien  « futuriste » : Marinetti.

(futuriste aussi parce  qu’effectivement, le futur  réservait encore  bien des  « surprises » guerrières…)

peinture: Umberto Boccioni,

Les  futuristes, qui dans  leur  apologie du mouvement,  de la machine,  de l’industrie, penchaient  généreusement  vers les  fascistes…  nous voici  édifiés  avec  ce texte, il serait intéressant de savoir  si les Syriens  d’Homs  auraient  la même vision des choses…

Marinetti écrit dans son manifeste pour la guerre coloniale d’Ethiopie : « Depuis vingt-sept ans,
nous autres futuristes nous nous élevons contre l’affirmation que la guerre n’est pas esthétique. […]

Aussi sommes-nous amenés à constater : […] la guerre est belle,
parce que grâce aux masques à gaz, aux terrifiants mégaphones, aux lance-flammes et aux petits tanks, elle fonde la suprématie de l’homme sur la machine subjuguée.

La guerre est belle, parce qu’elle inaugure la métallisation sauraient aujourd’hui avoir lieu sans les caméras, la masse se voit elle même en face. Ce processus, dont la portée n’a pas besoin d’être soulignée, est en rapport étroit avec le développement des techniques de reproduction
et d’enregistrement.

Les mouvements de masse se présentent plus distinctement à l’appareil qu’au regard. La perspective cavalière est le meilleur angle pour saisir des rassemblements de plusieurs centaines de milliers de personnes. Et même si l’oeil a tout autant accès à cette perspective
que l’appareil, l’image qu’il en rapporte n’est pas susceptible du grossissement à quoi la prise de vues peut être soumise.

Cela veut dire que les mouvements de masse, tout comme la guerre, présentent une forme de comportement humain particulièrement adaptée à l’appareil.

La guerre est belle, parce qu’elle enrichit un pré fleuri des flamboyantes orchidées des
mitrailleuses. La guerre est belle, parce qu’elle unit les coups de fusil, les canonnades, les pauses du feu, les parfums et les odeurs de la décomposition dans une symphonie.
La guerre est belle, parce qu’elle crée de nouvelles architectures telle celle des grands tanks, des escadres géométriques d’avions, des spirales de fumée s’élevant des villages, et beaucoup d’autres choses encore.

Poètes et artistes du futurisme […] souvenez vous de ces principes d’une esthétique de la guerre, afin que votre lutte pour une poésie et une plastique nouvelle […] en soit éclairée  ! »

 

on peut  voir  des  reproductions  avec des  belles inventions  typographiques  de Marinetti, ici…

 

 

Otto Dix,  artiste lui aussi   donne une  autre vision des choses…

peinture: Otto Dix