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Anna Jouy – J’écoute le point du jour


 

 

 

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montage perso  – 2014

 

je me suis couchée dans le bleu , je me lève aux oranges. ma jupe est rayée d’avions mon corsage est nu, il y a un coeur qui s’y lave
la nuit est un sucre à la fonte, la mienne fait des gouttes d’oiseaux. il faut une fenêtre pour avancer et tu fabriques de si belles trouées
tu délivres les gens de ma sorte, tu m’affranchis
c’est l’heure de laisser couler les mites du rêve
j’écoute le point du jour comme un doigt au milieu du thorax
c’est de lui que je m’habille, comme un ongle qui saigne et me désigne.


Vagabond des étoiles – ( RC )


Marcheur du ciel- Alfred’s campus New York

Marcheur  du ciel        Alfred’ campus  New York

 

 

C’est tracer un chemin,

Le  doigt posé sur la carte,

Passant de collines en villages,

Puis  décider de le suivre,

Avec de bonnes chaussures,

Juste  avec quelques ronds en poche,

Un carnet de notes,

Un appareil photo en bandoulière.

 

Juste  travailler d’étape en étape,

Pour pouvoir manger,

Et poursuivre sa route ,

A travers le monde,

Sous les azurs et les pluies,

Et faire  d’une cabane sa maison,

Le temps de reposer le corps,

Et continuer la voie choisie.

 

Au dessus passent les avions,

Tirant des traits blancs

A travers le monde,

Ignorant les pierres sur les  sentiers,

Et la glaise collant aux pieds,

Quand on choisit  son passage

Entre deux pentes rocheuses,

Aux lisières des bois,

 

Que  le vent agite les branches,

Et fait ondoyer les champs d’orge.

Les senteurs des foins emplissent les poumons,

Les insectes bruissent et grésillent

La peau se tanne  aux  soleils,

Et croisent  les lunes

Le sac tirant sur les  épaules,

La suée sous les efforts

 

S’attirer la curiosité des oiseaux,

C’est être comme un vagabond,

A continuer jour après jour,

Minuscule et lent déplacement,

Tout au long du pays ,

Les pieds  recouverts  de poussière…

Et s ‘endormir  sous les  étoiles,

 

>   Elles ne sont pas  si loin …

 

 

 

RC- juin  2014


Amnésie volontaire ( RC )


 

jeu  moral à moins 0  gélule   fd vert

 

 

 

 

 

Si tu perds la mémoire,

Et que ton passé soit un trou noir,

Il y a                    des médicaments,

>             Pour réparer l’accident   ;

Et de plus,            en couleurs …

Tout le contenu du bonheur,

Est                   en gélules,

Et petites pilules,

 

On en a tout un stock

( C’est ce qu’a dit le doc )

Qui permettent de mieux aimer,

Quand on se sent paumé…

C’est par là,          c’est par ici…

(           Oh la jolie pharmacie !     ),

C’est quand même une belle   chose,

De voir la vie                         en rose ,

 

De franchir le mur du son,

Comme     les avions le font !

De sauter      par-dessus les toits,

En croyant toujours          en soi.

De garder son équilibre,

En                    croyant être libre …

…Bien sûr, toute chose a son prix,

Et aussi le paradis,

 

Qu’il soit artificiel,

Et             multiplie les ciels,

Pour perdre de vue,

Le lointain       des avenues.

Juste    un peu de monnaie,

Pour ce petit sachet,

Ne pas dépasser les doses,

Sauf          si tu te sens morose,

 

Cà, on ne sait jamais,

Mon petit poulet,

Le numéro d’équilibriste,

Je l’ajoute à la liste

Le grand saut                    dans l’espace,

Impair                            et puis passent   ,

Des bonbons comme   s’il en pleuvait,

Et                            du chocolat au lait,

 

C’est comme dans Candy Crush

Si tu as dans ta poche ,

Tout ce qu’il faut pour oublier,

L’esprit et les mains liées,

C’est quand même bien pratique …

Ne cède pas à la panique

Pour        retrouver ta mémoire,

>           Et celle du désespoir.

 

 

RC – avril 2014

 

 


Quand on n’a plus le sentiment, de l’heure et des choses ( RC )


 

 

 

Ce qu’il était d’un bleu,
Sous la touffeur commune,
Et les blés secs, étalés ;
Champs juste entaillés,
De chemins de poussière pâle,

L’après-midi tarde,
Au silence têtu,
Quand on n’a plus le sentiment,
De l’heure et des choses,
Et qu’on recherche l’ombre.

Il n’y a plus,
De l’horizon indécis,
Que les toits du village,
Lointain,
Dans la brume de chaleur    .

S’étire le ruban de la route,
Même , suinte son goudron,
Dans le temps         immobile …
L’espace se prolonge,
En de molles collines,

Adossées au ciel, à peine différent
Et les vrilles sonores,
Des mouches de l’été…
>   Les déchirures tardives des avions.
En longs tracés blancs…

RC  –  25 septembre 2013

 

 


Deux femmes en chapeau et leur enfant – (RC )


peinture:     Claude Monet,        les coquelicots d’Argenteuil –       1873,       Musée d’Orsay  Paris

–         Deux femmes en chapeau et leur enfant,

Dans une peinture de Monet

D’une musique légère et virevoltante,

Chasse aux papillons,   parmi les hautes herbes,

Une fenêtre ouverte          sur le beau temps,

Mais rétrécie                      par le cadre lourd,

Des dorures inutiles,

Il fait chaud dans ce musée,

Les gens se pressent,      dans l’exposition,

Les pas résonnent,        sur le parquet verni,

Et sous la verrière,   on voit des nuages gris,

Qui parlent de la ville,

Des immeubles qui se pressent,

Et des rues revêches, et des passants en imperméables.

La fenêtre de l’insouciance,

Ouvre sur la campagne.

Elle est riante, et       tourne le dos,

Aux nouvelles des journaux,

A l’ère industrielle, qui s’étend,

Aux fumées des usines,

Envahissant bientôt l’horizon.

La campagne est riante,

C’est bien sûr le printemps,

Elle sonne ,       comme nostalgie,

D’un paradis perdu,

Oubliant les songes noirs,

Les anges qui blasphèment,

Et les grondements des avions.

Deux femmes en chapeau et leur enfant,

Dans une pente douce….

Il y a une musique légère,           en robes longues

Des pianistes aux jambes fines et doigts d’araignées,

… C’est juste avant la ville,

( Enfin, quand je sors du musée,

Pour reprendre le métro  ).

RC – 7 septembre 2013


Robert Piccamiglio – Epervier


JJ Audubon

JJ Audubon

 

Epervier

Je me jette depuis le sommet
d’une montagne
habillé d’un costard blanc
trop grand pour moi
je me transforme
en épervier.
Je me mets alors à voler
haut fier et libre
et je balance
quelques ‘ clins d’œil
aux avions supersoniques
qui traversent le ciel
sans jamais se retourner.
La nuit aussi je vole
je visite en coupant
par le milieu des nuages
lourds épais et gris
des horizons endormis
pendant que d’autres s’éveillent
je tourne tout autour
de la terre et du ciel
je fais comme si maintenant
j’étais devenu immortel
comme l’Ange silencieux
appuyé contre le mur.
Plus besoin de dormir
plus besoin de manger non plus
encore moins de rêver
juste regarder mes ailes
s’ouvrir se fermer
se déployer dans le sens
contraire du vent
de la pluie des saisons
et de la mort.

extrait  du « baiser de la Toussaint »         ed Jacques Bremond

 

 

 

JJ Audubon

 


Retrouver le chemin ( RC )


Même  s’il fait jour, quelque part, c’est une  fête nocturne
Un frôlement de gestes, des bonds discrets, et des yeux  habitués  à l’obscurité.
On a laissé au loin         , le bruit et la fureur,  le crépitement  du soleil sur les  chaumes
Pour  la cathédrale  de pénombre,

Où se glissent  de temps  à autre les bourdonnements  têtus d’avions,                             bien au-delà.
Il faut s’habituer  au rideau des bois, à la chevelure  mouvante, qui ondule au moindre vent, et
…  retrouver  ses repères.

Quand  tout  se  ressemble un peu, qu’il faut contourner les corps couchés d’ancêtres  écroulés,
Ecarter  des rideaux  de fougères, s’extraire  des pièges de ronces, la progression est lente.
Personne n’a jalonné le terrain,  n’a semé de temps en temps  des cailloux blancs, qui guideraient les pas.
Celui-ci et le suivant. La distance ( dont on ne peut dire  qu’elle  s’étire ), ne connaît pas la ligne  droite.
Le pied prend  appui sur ce qui n’est pas,  le terrain s’accidente et se heurte de temps à autre à des rochers instables,
suivis de pentes glissantes.

En attendant me voila progresser dans la fange, les mousses  cédant du terrain vers  l’humide.,sous les caquetages faciles
des oiseaux  exotiques, dont on ne distingue  qu’un passage  furtif,
La voûte de la forêt est une  explosion que l’on suppose verte,

Une  cloche végétale, fourmillant d’insectes, où chacun travaille  à sa survie.
Je dois  agiter  les  bras  en tous sens, pour tenter  d’échapper  aux moustiques, intéressés par ma présence insolite.
…en d’autres lieux  j’aurais pu croiser les corps écailleux  de reptiles en attente…

Mais ,             – je vois une  éclaircie  soudaine,                     un sillon clair partage la futaie….

j’ai  retrouvé  le  chemin.

RC –   7  octobre 2012

Ceiba_pentandra le kapokier fromager

 

Que je complète  avec l’article  de Lambert Savigneux: visible dans  « les vents  de l’inspire « 

 

ploie le temps ce qu’il en reste (remnants)

 

si l’ ours et l’humus des hêtraies

grise face de pierre polie et vingt sentiers  font une taïga d’hiver

vers une douce pas trop rude quand pas de plume

cree grogne ni rend shoshone



dans la huitième nuit blême bleue de loutre et mer

pluie que trois pour une soupe

j’outre

ni crire  ni rire même des crocs moins  que d’accrocs un  clos de cache à l’eau des brins d’ilots

mais ronger une branche sèche si bois sec l’eau crisse  fendue une coulée loir pousse de sève perce  dans le sens oblique

longue robe  libidinale

orignal ou nihil à ni male ni feu mêle ne leurre

et secoue s’en pour sang au  coude à coude comme si pioche mais  nickel dans les rockeuse bluese

une tête d’ourse s’entête à lever le paw à

l’émergence du soleil

car hiboux n’est pas putois ni castor une peau de daim affamée court pâmée

le poing levé au sol hérisse de poils pour luire

je dis  tranquillement s’ébrouer à la voix tachetée