voir l'art autrement – en relation avec les textes

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Muhamed Kërveshi – Kosova


 

Kosova
Ta beauté entière gît en nos paroles

Sous nos yeux grands ouverts
l’on déloge les nids de tes oiseaux

Ton ombre entière emplit nos regards

Tu es la longue route de notre maturation
Dans les escaliers de tes kullas le temps
cherchait le visage des jours oubliés

Notre amour entier se coule au fil de tes rues

Mon peuple
Chaque matin je te vois plus imposant que la veille
– tu grandis
De toi j’ai pris forme et apparence
Je t’ai fait don de deux chênes et une fleur
en mai en avril et en mars
Quelle place te crée en lui mon cœur
– à ton âme, à ton amour, à ta chaleur,
dès que je pense à toi
– nos oiseaux m’en ouvrent les fenêtres –
Je me cherche moi-même en ton sein immense
La danse de la flamme va courant autour du foyer

Mon peuple élément vital, principe de fierté
toi seul m’élèves à ta hauteur.

 

( Muhamed Kërveshi est un auteur  du Kosovo,  d’où le titre  du texte )


Mai n’en prendra pas ombrage – ( RC )


photo Emilio Jimenez

 

 

En avril ,
ne te découvre pas d’un fil,
mais en mai offre toi au ciel,
à la caresse du soleil,
dorée comme le pain chaud,
étendue sur ta peau.

Très chère dame,
on voit bien l’ombre de la palme
qui se dessine
sur tes collines,
à la façon d’un coeur
posé tout en douceur

Une feuille dont les doigts
oscillent et s’emploient
à laisser leur trace claire
– un dessin sur la chair
du paysage .
Mai n’en prendra pas ombrage.


RC – mai 2017


De l’image, son retour permanent – ( RC )


sculpture:          La Dame d’ Elche, Huerto del Cura, Elche, Espagne

 

Ce texte  est une variation  » réponse »,  sur celui de Jean Malrieu  ( qui suit )

 

D’avril à  novembre,
De Novembre à avril,
Je tisse à l’endroit, à l’envers,
Des mailles pour que je contourne l’hiver .

J’écris toujours, à la lumière de tes feux  :
Et ceux-ci sont un don.
Une présence  faisant s’ouvrir      mes yeux,
Même aveuglé    par la pluie  fine des jours .

Ceux ci passent et,       même changeants,
Sont un retour permanent  .
Et si les sillons  du temps,
Laissent leur empreinte sur ma peau…

Ton image  est        un miroir,
Suspendu quelque part,
Impalpable       et lisse,

Au delà du tain  .
Chaque  chose est nouvelle,
Et toi,       vivante,   au défilé des heures.


RC – nov  2014


.
Je suis devant toi comme un enfant,
plein de pluie et de ravage,
ai cour d’un automne de silence
comme au centre d’une place assiégée
par l’herbe brûlée.

Je t’écris pour alléger le temps.
Cette page que je griffonne est un miroir.
D’elle va surgir un destin inattendu.
Car ma lutte contre le temps est ancienne.
J’écris toujours la même chose :
elle est nouvelle.
Que je lise à l’envers, à l’endroit,
l’inquiétude est éclairée

Je n’y peux rien.
Les années passent, me révèlent.
Mon visage s’affirme sous la pluie fine des jours
qui vient vers nous sur ses milliers, de pas agiles.
J’écris pour être avec toi
dans la paille douce et chaude de la vie.

Jean Malrieu


Attente d’avril, et des oiseaux ( RC )


peinture:        John Constable     :         Rainstorm over the Sea

C’est comme l’attente,
Le silence,
Qui précède le souffle,
Le gris plombé,
Avant que les premières larmes
De l’orage – fouettent le sol.

Il y a du froid,
Sous le calme apparent,
Sous le gel qui retient les fontaines,
Et la sève des arbres
Qui s’est retirée,
Une tension, – l’attente

L’attente d’avril, les giboulées
Secouant le silence, fantasques
Même sous la voix du vent,
Et bientôt les chants croisés,
Des oiseaux, reprenant
Possession du pays.

RC –  7 mai 2013

inspiré de Nath:         voir ses  « tentatives  de lumière »


Le temps retrouvé (RC)


photo provenant de marc solari - (photos macro de nature,)

Point n’est besoin de mots,pour décrire
L’avril colportant ses échantillons…

Et se croisent au regard, maints papillons
Des giboulées caprices, sans les maudire

Au tic-tac du carillon sa mécanique glacée
L’été n’est pas encore là,il se laisse intimider

Réciter des poèmes, et s’en agacer
Il est , du silence, les fils à dévider

Les saisons hésitent et préparent en douce
Un souffle végétal reposé, qui repousse

Sous un ciel qui grimace et tousse,
Pierre qui roule n’amasse pas mousse

Du temps retrouvé de Proust, c’est toujours
En le lisant, » les plaisirs et les jours« .

There is no need of wordsn  to describe
April peddling his samples …

Many butterflies  crosses each over, in the look’s eye
Vagaries of showers,       without cursing them

At the ticking of its mechanical iced chimes
Summer is not here yet, he has been  intimidated

Recite poems, and be annoyed with
They are, from the silence, yarns to unwind

Seasons are reluctant ,  and prepare softly
A rested vegetal breath, that re-grows

Under a sky that grimaces,  and coughs,
A rolling stone gathers no moss

Proust’s Time Refounded, it is always
Reading it  , « the pleasures and the days ».

 


Ismail Kadaré – Monologue du Solitaire


Ismail Kadaré   est plus  connu pour ses romans ( le Grand Hiver, Avril Brisé….)… que pour son oeuvre poétique…

voila une se ses créations…

 

———–

 

Je m’élève et m’éloigne mais n’en éprouve aucune

jouissance.

Me voici seul et j’ai encore plus froid.

Je m’en doutais, mais ma fatale impatience

Me pressait vers ce ciel ingrat

Comme ramassés à la morgue, des bras de femmes sans vie

Me dispensent une joie tout aussi glacée.

Je me sens en hiver, même si nous sommes déjà en avril.

J’ai froid,

Oh, j’ai froid

 

 

photo : -- Sheila Metzner