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Patrick Aspe – Les rires sont des oiseaux de passage


Image associée

 

Les rires sont des oiseaux de passage
la mémoire une éponge
la nuit une dissidente
tangue la vie des fuites lentes
mascarades sans limites
comme un filin d’acier au dessus du vide
je revois l’olivier des allées
la maison rose sous les cyprès
les grands peupliers jaunes d’octobre
précipice sans fond
sabordage des illusions
danse macabre aux sons des tamtams
le cri vient du ventre friable et déchiqueté
attirances des bleus voilés d’or sur la mer qui balance
la forêt d’endort aux silences des pins
chagrin parfumé d’oranges
imaginons cette vague sur le sable doré
lancinante passion des mains qui passent sur ton dos l’huile frémissante
la colline des horizons
sables mouvants de l’enfance
mon chevalier foudroyé d’ignorance
dragon frissonnant de flammes
la lune échappe aux brouillards
élève toi élève toi vers les neiges des cimes mon cœur brisé
l’azur pur tourmente l’épée qui s’agite …


Bien au-delà des yeux – ( RC )


4942337467.jpg

photographe non identifié

 

J’ai failli rencontrer

celle  qui n’a pas de voix,

autres que quelques traces

électroniques,

 –

semées sur le clavier,

toujours en majuscules

laissées en marge

d’un jeu de lettres .

 –

J’imagine la Brésilienne

campée sur de solides guibolles,

et des mèches folles

s’échappant  du chapeau.

 –

Il y a du vent

hier et aujourd’hui.

Il aurait emporté ses paroles,

et son accent chantant.

 –

C’est une inconnue

qui observe au loin,

son amie s’éloigner:

devenant un tout petit point

 –

Cette fois : elle est sans voix.

Ce n’est pas à cause du vent  :

elle ne se retourne pas,

a laissé mon image aussi, s’effacer.

 –

La plage n’est pas belle;

l’azur a déserté le ciel,

les parasols sont repliés,

peut-être l’été n’a-t-il jamais existé.

 –

Il suffirait d’aller voir

de l’autre côté.

( Par la mer,  quand elle se calme

on le peut . )

 –

C’est l’immensité qui tangue,

mais sans doute au-delà

  •  et l’imagination se perd

bien au-delà des yeux.

Et de la baie de Rio.

 

RC – fev 2017

 

 

 

 


Cathy Garcia – Printemps Païen


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Papillotes bleues qui dansent,
Papillons heureux qui s’élancent
Dans le vaste le ciel
Mouillé de pastel !
Clochettes qui vont par les chemins,
Porteuses de bonnes nouvelles,
Froissant leurs ailes sur les herbes
Parfumées.
Cortège étincelant,Vibrionnant de soleil !

Clavecins huilés
Qui bruissent
Dans les champs d’azur !
Corolles lisses, touches
De blanc pur,
Si fragiles
Et maintes fois déflorées
Par un doux et vigoureux
Bourdon déluré.

Bat le tambour de la terre,
Cœur de mésange chaud et palpitant
Et dansent les filles légères,
Leur robe en fleurs !
Sonnent les fifres,
Chantent les alouettes,
Les rats des champs
Sortent en guinguette!

Les nuages pompeux
Entrent dans la danse
Et tournent,
Tournent de plus en plus vite !
Ils enflent, s’assombrissent
Jusqu’à se brouiller entre eux
Et moi qui dansais avec eux,
Le nez en l’air,
Le cul par terre,
J’entends le crépitement
De leur rage qui ruisselle
Sur ma pauvre pomme
Inondée de joie !

 

 


On ne peut se saisir de l’horizon ( RC )


Djuno Tomsni - jus de citron.jpg

 

Bien sûr, on ne peut se saisir  de l ‘horizon,
Et si quelqu’un le peut,
ce n’est pas notre affaire.
Plutôt que  convoquer Dieu,
Ce sont des mille feux de l’astre,ses rayons,
prodiguant leur lumière,

Ils se posent, si légers,
Que , même l’atmosphère les tolère
Et s’en émeut,
Jusqu’à les prolonger,
Comme  en une  serre
Et en devient bleue.

La planète poursuit sa route,
Se montre  sous ses meilleurs  atours :
Les îles et les continents,
Une terrestre  croûte,
Parsemée, tout autour
De mers  et d’ océans….

Il est vrai que la distance
enjolive les choses,
et que , sur place, demeurent,
beaucoup de différences…
Il y a des vallées  moroses,
où des lacs se meurent.

Des forêts  profondes,
perdues dans l’humidité
Des déserts de pierres
A l’autre bout du monde,
Dont l’aridité
Ignore  le moelleux de la terre.

Eparpillés à la surface,
Les pays ne reçoivent pas le soleil
De la même façon,
Si les nuages  s’amassent,
Dans leur zone de ciel,
Et leur procurent frissons.

C’est une  sorte  d’injustice,
diraient  les grincheux
mais il s’en faut faire  raison,
( Tout n’étant pas lisse,
On peut émigrer  sous  d’autres  cieux,
Pour autre  acclimatation….)

Pour ceux  que  ça  agace,
Si le chaud  s’éternise,
Et toujours, choque
On peut retrouver la glace,
Ou patiner sur la banquise,
Là où vivent les phoques.

Le soleil n’en a cure
Il distribue beaucoup,
Même par dessus les nuages
A travers  l’azur,
( et même par-dessous),
il y a de l’éclairage .

Et en cas de pluie,
Ça va pas changer la face du monde…
Ni la chute brutale de cet orage,
On n’va pas s’enfoncer d’un coup dans la nuit,
Vu qu’avec la surface ronde,
On garde  toujours un peu d’courage..

Il suffit que la planète,
Se tourne du bon côté,
Et présente son côté face,
Pour un demi-jour de fête,
C’est quand même  générosité,
Avant qu’on ne passe

Au lendemain.
Une nouvelle  révolution,
Qui encore  s’invite,
Suivant le destin,
Du jour,           l’éclosion,
En suivant son orbite .

Excusez  du peu
De ce que capte la terre.
Le reste s’évanouit dans l’espace.
Notre étoile  fait ce qu’elle peut,
De son explosion nucléaire,
Jamais elle ne se lasse.

Supposons, qu’un jour tenu en laisse,
Se perturbent les réactions
Le procédé  s’inverse,
Et voilà le retour d’une  couche épaisse,
Que l’on appelle  glaciation
Les rayons  rétrécissent  et se dispersent

Comme  l’ont vécu les dinosaures,
Trop habitués à se dorer la pilule,
A piller  et à tuer .
Ce changement leur  a causé du tort,
Car privés de canicule,
Ils n’ont pu s’habituer…

Nous  voilà dans l’utopique,
Mais si cette  période
pas si lointaine,
oubliait le réchauffement climatique,
Il faudrait, à cette  nouvelle mode,
Se couvrir d’habits de laine.

De peaux de bêtes,
De la plus grande élégance,
de bonnets de fourrure :
– Les voyages  en jets,
On s’en balance,
Car les temps  sont durs…

Et puis  ce serait partout pareil,
Une planète blanche  et morne
Qui sommeille et patiente….
Rien de nouveau sous le soleil,
Dit-on— le sol uniforme
Décomptant des années  lentes….

Ah ça —        c’est  l’égalité…
Plus de « quand-même », et se « si ».
pour tout le monde un bol d’air pur
( et de la même  qualité) :
Ça c’est la démocratie…
Plus de privilégiés sur la côte d’Azur

Si ça peut  vous  rassurer,
On a l’temps de voir venir,
Nous n’en sommes pas encore là…
Vous avez encore quelques étés,
Et un peu d’avenir,
Pour repenser à tout ça…

RC –  oct 2015


Jean Creuze – écorces (1 )


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Écorces

Lier les mots qui se fabriquent dans la forge de notre
tête.
En faire vivre certains
commettre le meurtre d’autres.
Chauffer, taper, tordre au rouge le fer.
Chuchoter enfin ce qui nous habite
pour l’ultime tentative de la parole.
Des paroles données.
Silencieusement pointe la respiration.
Pulsation qui donne la vie.
Le soufflet active le feu
le mot juste jaillit
transforme nos corps et nos âmes
comme le travail acharné du forgeron
sur l’enclume transforme le métal.

Allongé sur le sol
sous le ciel bleu azur
beauté de l’oiseau dans les airs,
herbes folles dans le vent,
souveraineté des arbres.
Danse de l’univers présent
dans les vibrations lentes du jour qui passe.
Vols d’insectes éphémères,
parfums de fleurs,
odeurs d’humus,
chants de grillons,
craquements d’écorces.
Des forces de l’intérieur s’énervent.
Chasser les ombres du visage
pour s’enluminer-
Nouvelle peau.
La vague passe, se calme, s’anéantit.
Temps suspendu,
le corps flotte.
Soleil rouge,
sensation d’inachèvement
et caresse des ombres :
sa majesté la nuit approche.
Cortège d’étoiles,
respiration douce,
j’affronte l’inconnu,
clignements de cils,
goutte d’éther.
La figue éclate a force de mûrissement au soleil de l’été.
La terre grasse s »enfonce
sous les pas .l’automne est là, avec son humeur faite de rosée
de rafales de vent, de pluie froide.
Des hommes harassés, avinés, burinés, dépités, rendus sont là au coin de la rue,
attendent, rejetés du monde, comme de vieilles eaux usées auxquelles on aurait retiré toutes forces.

Dans ma tête un grand silence.
Tombés par terre, abandonnés,
résignés, abattus, esclaves.
Quels bourreaux? Comment faire?
L’alcool comme seul compagnon.
Idées vagues, brouillées,
délire, obsession, mensonges,
mal de tête,
perte de mémoire.
Oublier son histoire,
nier sa vie,
sacrifier son être.
Que faire avant l’hiver,
avant que le froid ne vous emporte?
Compagnon misère.
Le ciel est clair aujourd’hui, un vent frais se lève et fait
Frissonner les feuilles dans les arbres.
Quelques pensées me tapent le front, et s’évanouissent aussitôt.
Pour laisser le vide.

Le trou noir.
Ce noir si plein que l’on n’attend jamais.
Et pourtant, c’est le rien que l’on redoutait tant.
Il est là, accompagné de son malaise.
On ferme les yeux pour regarder à l’intérieur.
Dans un ultime effort encore.
Le noir toujours.
ça se dissipe.
Le rouge apparaît,
puis le jaune lumière
des éclats de blanc dans le rouge,
du bleu chartreuse,
du vert émeraude. qui coule de mes yeux ?
Serait-ce de la peinture

Les feuilles se remettent à tinter dans le vent et cette
musique douce emporte mes pensées.


Ange empêché – ( RC )


Image associée

peinture:  Odilon Redon ( l’ange déchu )                                    

 

L’ange  s’est , d’un coup de prière
Déplacé du vitrail,
Accompagnant de rayons,

Les âmes sombres,
Là où la lumière renonce,
A  aller plus loin….

Car la porte  du ciel était close,
Sur ce qui suinte,
Davantage  que les larmes,

– celle des cierges –
Vite figées comme ce qui transpire
Des  confessionnaux.

L’ange assistant aux offices,
Aux  cérémonies,et rites
N’émit pas  d’opinion,

Sur ce qui est factice
Dans la religion,
Et sa pratique hypocrite,

La crainte des démons,
La morale  et ses sermons,
Contrition et pénitence…

Malgré une infinie patience,
Finit par abdiquer,
Et,     de guerre lasse,


Voulut reprendre sa place,
En laissant à d’autres,
La lourde tâche

De laver les péchés
– et autres tâches-
méritant l’absolution,

celles dont les  prêtres s’acquittent,
avec l’habitude,
qui sied à leur profession.

Notre ange fut pourtant empêché,
De rejoindre dans l’air pur,
( peint  d’un traditionnel azur ),

Les autres figurant
Un saint Sacrement,
porté dans les airs,
dessiné sur le verre…

Le vitrail étant fêlé,
Peut-être par un jour de tempête ,
Ou bien une figure ailée,
L’ayant heurté de la tête

On avait remplacé,
Le morceau cassé …
La fenêtre maintenant fermée,

Avec du verre armé,( anti-reflets )
Ne permet plus de voir,
La couleur  de l’espoir,
Même à l’aide  d’un chapelet.

Ne pouvant  contempler le ciel,
L’ange ,           sur terre  enfermé,
Est maintenu prisonnier,

Comme lorsque  le gel
Empêche, de nuit comme de jour,
A la vie, de suivre  son cours…

Ainsi suspendue
A la morte saison,
Qu’elle  sangle  et ficelle ;

Ayant comme Icare, perdu ses ailes,
Et avec elles, la raison,
Il fut,          avec les  hommes,       confondu…

Peut-être est-il des nôtres :
–             On ne sait rien de lui …
Peut-être  hante-t-il
les lieux,   la nuit,

avec une  sébile
En appelant aux  apôtres
et autres  saints :

Ceux  qui sont  envoyés ici-bas
Dans le plus grand  anonymat,
et que rien ne distingue des humains :

C’est sans doute chez eux  qu’il faut chercher
( dans les  âmes  grises,
              plutôt que les  églises ).

On dit  que l’ange y est caché,
Ou bien, derrière les esprits, pacifiés..
Préférables  à ceux  qu’on a crucifiés  …


RC – juin 2015

photo ci-dessous  : Lady Schnaps

ange ds l'église


trop haut dans le cerisier – ( RC )


cerise:

photo Ludovica

 

 

J’ai couché ces orties,
pour atteindre le cerisier,
les fruits étaient trop haut,
je suis monté dans l’arbre,
la branche a cassé .

Les cerises , comme des grains
rouges  répandus par terre,
autour de ma tête,
un filet de sang courant au sol,
rouge aussi,

et mon regard,
avant de s’éteindre,
t’a aperçue,  flottante dans l’azur,
tenant un panier vide.
Le vent  a emporté ta voix  .

 

RC – oct 2015


Monique L -Monolithes irrespectueux


un texte de Monique L,  extrait de son blog poétique et pictural:

« si-peu-de-nous »

Monolithes irrespectueux

 

-La fleur et la pierre participent du même monde et pourtant elles ne sont pas du même genre. Au final, la pierre – toujours hors de portée- même lorsqu’elle s’éboule, écrasera toujours la fleur.

La fleur a vécu d’autres saisons, elle le sait. Elle ne comprend pas tout cela.

La pierre larmoyante de pluie ou d’humble rosée reste une pierre. La pierre roule à sa seule convenance , elle écrase sans façon. Que lui importe, elle est pierre, elle est fière et altière. La pierre s’érige au-dessus du lot commun , elle le clame dans l’azur à tous les dieux et elle se renie ( comme tout ce qui clame) sans vergogne dans les bassesses de ses dégringolades.La pierre se targue d’éthique mais elle méprise Sisyphe et offense le brin d’herbe . La pierre passe sans égards,dans un grand éclat de rire, elle plie et abaisse la fleur. La pierre est sourde ou aveugle ou muette ou trop sûre d’elle.

La fleur et l’herbe le savent, impuissantes, toujours vivantes. Elles ne comprennent rien à tout cela.


Transports stellaires ( la nuit étoilée ) – ( RC )


starrynight

peinture:             V Van Gogh –       la nuit étoilée

On ne saura pas dire, s’il suffit  d’une  échelle
Pour  toucher le velours de la nuit.
Un tissu d’astres  s’y répand,
Comme une  corne  d’abondance

Car celui qui franchit les marches  du temps,
Peut  changer, en cas  d’urgence,
Les  étoiles qui se meurent
de froid et de peur
comme il le ferait de simples  ampoules.

Allumeur  de réverbères,
Van Gogh l’a tenté,
avec sa  « nuit étoilée »
en se jouant des courants  d’air.

Il est vrai  que certaines clignotent
( à qui la faute ? )…

Peut-être, justement,  du vent,
Qui voyage et se déroule
En les  bousculant,
La tête  à l’envers
dans un coin de l’univers .


Certaines  rêvant de voyager,
Confient,  pour celles  qui s’y prêtent,
D’étranges  messagers,
De la catégorie des comètes.

Traversant les orbites
des planètes
( et celle de leurs satellites ),
on pourrait craindre  qu’elles ne s’égarent.

Car nulle part
il n’y a de barrière
qui les séparent
De nos années-lumière :

les voilà soudain proches
ces comètes  voyageuses –
et leur consistance  de gaz et de roches,
ne les empêche pas,   lumineuses,
de foncer sans aucun bruit
Dans le vide sidéral.

On ne peut  dire  qu’elles  fuient
la compagnie  d’autres étoiles…
Mais  leur  éclairage ne suffit  guère
( après la nuit la boucle du jour )
A illuminer la terre
Dont le parcours,
change de dimension.
Son trajet elliptique
Forme nos saisons :
(traduction dans le langage  climatique ) :

Mais  revenons à   cette nef en transes
Qu’a peinte  Van Gogh
Dans le ciel de Provence …
Ce n’était pourtant pas les  antipodes…

Tout s’accélère  et tourbillonne
Au-dessus de la ville,
Le delta du Rhône,
Le moutonnement des Alpilles…

            S’emballe  soudain le carrousel      
Comme une vision après plusieurs verres d’alcool :
            Une immense  traînée  d’étincelles,
            Dans une  course folle

           Jaillit   dans le ciel de la toile
Ainsi Vincent put  atteindre,
L’aventure des étoiles,
Et n’eut plus qu’à les peindre ,

Nous laissant  approcher
     de si près leur nature,
Qu’on pourrait presque  les  toucher,
piquetées dans le ciel      de sombre azur.


RC –  juin 2015


Ismaël – la page de Tunis


 »

photo John Finnan

photo John Finnan

la page de Tunis « est extraite  d’une  parution de la revue sic du collectif Dixit

Je n’ai d’autre chevelure, à tresser d’azur. Que celle de la nuit. Tombant, opaque, et malléable, sur le jasmin du mur. Son image. Le miroir n’est pas un miroir. S’il consent à la forme. Et la nuit, n’est pas nuit. Si elle ne tombe, que sur sa propre image. La mort est perpétuelle. Tresser la nuit. Briser le miroir. Ce n’est que faire trembler l’invisible. Ce n’est que chatouiller l’arbre, lorsque le désir du fruit cueille la faim. Déraciner la perpétuation,
en lieu et place, laisser l’inconnu germer. Le seul travail de la terre, qui vaille la peine d’oublier l’horizon.
Je n’ai aucun devoir de mémoire, sauf celui du rêve. Sauf le devoir de verser au sommeil, à boire, à se désaltérer, du nuage. Les nuits sont faites du même rêve exactement de la même manière, que les mers sont faites de la même eau. Le rêve du jour n’est pas un rêve, c’est la négation du rêve.
Peut-être la mémoire du rêve, est-elle le sommeil de l’altérité.
Peut-être que c’est le sommeil qui se meut dans le rêve, non le contraire.
(Démonstration) le v(i)oleur ne veut plus de moi. Un corps (en dé)coule, une inclinaison. Il (dé)laisse ma personne vidée de tout bruit, sur cette pente, ailleurs.(Réponse)Je suis ailleurs
Peut-être que les inconnus que nous croisons en rêve ne sont-ils pas imaginaires, mais qu’ils se sont perdus dans notre sommeil. Ou bien peut-être que c’est nous, qui nous sommes perdus dans leur sommeil, à eux. Peut-être qu’eux aussi nous prennent pour des personnages imaginaires.
Peut-être que l’homme qui a cherché toute sa vie, la femme qu’il a aimée en rêve, savait-il, lui, qu’elle était endormie, comme lui, qu’elle s’était éveillée, aussi. Peut-être espérait-il qu’elle le chercherait, aussi. Et qu’ils finiraient, par se perdre, l’un dans l’éclat, de l’autre.
Peut-être le rêve est-il l’au-delà, du feu.
Je n’ai pas d’étoiles, à éplucher. Elle ne m’a laissé, qu’une ombre, inhabitable, dans la bouche.
Un samedi à minuit et dix minutes.


Camille Loty Malebranche – Le café


photo: Tom Arndt

Il boit, frissonne au fantasme fumant, matinier,
Sable la source d’aube en sa tasse-rosée
Voyage sur la vague d’un nectar
Et se fout du foutre des ivresses de sang de la terre violée, soleil scalpé où hiberne le ciel,
Se moque des hommes-fauves et chapeaux de fer !
Il vide sa tasse ! Le café est son coin, sa boisson !
Et il en offre à tout venant ; si vous avez le cœur dans la lumière du chant,
La grande tasse de café torréfié, liquéfié, est offerte à vos lèvres !
Il boit et offre le pur café noir du percolateur,
Sirote l’amour, se désaltère d’amitié
Le café est son coin favori, sa boisson favorite !
Et avec ses amis, il se tonifie du café du matin qui réveille pour le jour et pour l’action,
Il vide, vide des tasses d’entrain, laissant aux sans cœur, le marc du superflu,
Mésalliances des vices et des vertus ! Car sur la chair vive, personne sans personnages,
De l’amitié rouge dans le vrai, belle à la vie, perçante dans la vigie, blanche en la pureté, emmétrope en ses diaprures d’Argos et d’âme
Il s’excite du philtre, au filtre du coeur en ses azurs, et par le pur café tonique qui garde éveillé le veilleur,
Puisqu’il aime le fort et le pur,
Il dédaigne les cafés crème !


Des particules, s’éparpillent dans la fête – (RC )


 

C’est juste une portée  du hasard,
Quand  se perd  le regard…
Il s’essaie  au noir,

En reliant les  étoiles,
Pour en faire des figures,
Celles que l’on trouve en peinture

Les constellations se bousculent,
Dans une longue suite,
Celle des années-lumière,     en fuite.

Quels miracles lient les morceaux d’azur ?
Depuis longtemps basculés dans le sombre…
Je n’en connais même pas le nombre.

Des mondes entiers, des particules,
S’éparpillent  dans la fête,
Etoiles filantes ,        et comètes.

Il ne reste  de leur  passage,
Qu’une  légère trace.
….          L’instant suivant les efface     .

Peut-être fourbues…
Dans l’espace inter-sidéral ;
Je me sens un peu perdu

A l’intérieur ,  même, de cette carte postale.

RC- sept  2014


La Provence se penche pour un baiser profond (RC )


photo perso - nov 2012

photo perso          – nov 2012

Il est des calanques,         comme une personne que vous aimez,


En la conduisant vers la mer,        juste pour y tomber dans son lit,

En allant vers le mirage sauvage de l’eau,

La Provence se penche pour un baiser profond,

Sertie de roches blanches, coupantes

–        Comme menaçant la terre, en la poussant

Dans les flots sertis de diamants mobiles,

Avec ses pins qui résistent,       avec leurs manches vertes,

Leurs racines                             puisant le ciel d’un soleil,

Et la pente fourbue des rochers

–                     S’éparpille en îles,

Battues par le vent sauvage de l’azur.

RC      – 12 avril 2013


Le rêve du bâtisseur ( RC )


Il y a toujours dans notre tête,
Le rêve du bâtisseur,
Qui commence dès qu’on s’assure,
En mettant un pas devant l’autre,
…L’équilibre est trouvé
On ne peut rester sur place,
Et attendre que le temps passe.


Une défaîte de l’abîme
Le défi oriflamme
Inverser l’ordre
Et la pesanteur,
Posant maladroitement
Un objet sur un autre,
Une pierre sur l’autre.

Puis conjuguer les efforts,
Assembler ce qu’il faut
Pour conjurer le sort
Et élever dans les siècles
Pyramides et cathédrales,
Quittant peu à peu le sol,
Les murailles qui se dressent…

Au défi qui se joue
La pensée qui décolle
Au grand bec d’acier
Jusqu’à la girouette
Chaussant l’azur
En démesure,
Tout contre le soleil.

RC –   7 mars 2013


Florian Vesper – Sans titre


peinture:          Jaw:          ss titre        2009  Paris           200x300cm

je bois avec ardeur ton haleine
unique, déserte, une
unique à en frémir
j’avale cette gorgée telle
cette gorgée d’azur frémissant
plus intériorisée plus emplie
qu’un glacier quelconque où l’eau
est venue à geler mais toi
ce millier de blocs de sel dissous
te désignent
je suis le désir sucré de ce sel
cette combinaison telle
cette venaison ensemble
vérité bouddhique oui
toute chaîne causale fondue
à cette teneur que je sens et souffre
ce sel dissous

Jean-Jacques Ampère – Urania


 

 

 

 

 

 

 

Urania.

Adieu ce beau soleil de la terre amoureux,
Esclave de ses fils et se levant pour eux,
Qui n’avait d’autre soin dans toute la nature
Que de lui faire au ciel reluire une ceinture !
Adieu la Terre enfin, paresseuse beauté,
Se berçant sur son lit dans l’espace arrêté…
Plus de ciel ! il n’est pas. Son azur est un mensonge.
Plus rien qu’un vide immense où le regard qui plonge
Voit dans l’espace noir des flots d’astres nombreux,
Trop loin pour que jamais nous soyons rien pour eux
En un coin de ce vide… et là-bas… notre monde.

Jean-Jacques Ampère

 

 


Ismaël – la page de Tunis


peinture- graphisme: Bachès

 

 

 

 

 

 

la page de tunis                par ismaël

Je n’ai d’autre chevelure, à tresser d’azur. Que celle de la nuit. Tombant,
opaque, et malléable, sur le jasmin du mur. Son image. Le miroir n’est
pas un miroir. S’il consent à la forme. Et la nuit, n’est pas nuit. Si elle
ne tombe, que sur sa propre image. La mort est perpétuelle. Tresser la
nuit. Briser le miroir. Ce n’est que faire trembler l’invisible. Ce n’est que
chatouiller l’arbre, lorsque le désir du fruit cueille la faim. Déraciner la perpétuation,
en lieu et place, laisser l’inconnu germer. Le seul travail de la terre,
qui vaille la peine d’oublier l’horizon.

Je n’ai aucun devoir de mémoire, sauf celui du rêve. Sauf le devoir de verser
au sommeil, à boire, à se désaltérer, du nuage. Les nuits sont faites du même
rêve exactement de la même manière, que les mers sont faites de la même eau.
Le rêve du jour n’est pas un rêve, c’est la négation du rêve.
Peut-être la mémoire du rêve, est-elle le sommeil de l’altérité.
Peut-être que c’est le sommeil qui se meut dans le rêve, non le contraire.

Peut-être que les inconnus que nous croisons en rêve ne sont-ils pas
imaginaires, mais qu’ils se sont perdus dans notre sommeil. Ou bien
peut-être que c’est nous, qui nous sommes perdus dans leur sommeil, à
eux. Peut-être qu’eux aussi nous prennent pour des personnages imaginaires.

Peut-être que l’homme qui a cherché toute sa vie, la femme qu’il a aimée en
rêve, savait-il, lui, qu’elle était endormie, comme lui, qu’elle s’était éveillée,
aussi. Peut-être espérait-il qu’elle le chercherait, aussi. Et qu’ils finiraient, par
se perdre, l’un dans l’éclat, de l’autre.
Peut-être le rêve est-il l’au-delà, du feu.
Je n’ai pas d’étoiles, à éplucher. Elle ne m’a laissé, qu’une ombre, inhabitable, dans la bouche.

 

 

parution collectifdixit

 


On n’invente plus la pluie (b) – ( RC )


photo:          carte postale de Klaipeda          Lithuanie

 

 

 

On pourrait presque se saisir

Du ciel qui hésite

Entre l’azur et l’orange

Rayé des queues des comètes

 

Ou, plutôt des avions du partir

Qu’un ailleurs invite

Au repas des anges

Quelque part sur la planète…

 

S’il suffisait d’un coup d’aile

Pour partager leur festin,

Nectar et ambroisie…

Tout le monde laisserait derrière

 

La zone industrielle,

Vers d’autres matins

qu’un avenir moisi,

Sans faire de manières

 

 

RC –   20 aout  2012


Christine Clairmont – le pays


peinture: Jacques Hemery: « Approche des lieux » Gouache  La Ciotat  1996

Le pays que je préfère
Est à l’intérieur de moi
La montagne des chimères
Plantée d’arbres à pourquoi.

Il faut tracer un chemin
Dans un bois impénétrable
Sous l’écorce du destin
Chercher le sens de la fable.

Trouver l’harmonie du Temps
Dans les branches du mélèze
Pour que la peine d’antan
Au vif du printemps se taise.

Découvrir sous la fougère
La pervenche aux yeux d’enfant
Qui dans le feu de la guerre
Gardait son contentement.

Aboutir dans la clairière
Où dort l’étang du futur
Tandis que la pensée mère
Monte sans frein vers l’Azur.

Christine Clairmont. « Sur un air d’éternité » 1986


Sylvia Plath – la veuve Mangada


peinture: Guardi, Lagune de Fondamenta Nuove 1759

 

 

 

 

 

 

 

 

 

la revue  « A la dérive »,  n°1,  paraissait l’an dernier   avec le sous  titre  « batir de beaux monstres »

 

voici  un court extrait, ce texte  de S Plath

 

La maison de la veuve Mangada : en stuc clair, couleur pêche, sur l’avenida principale qui longe la côte, donnant sur la plage de sable jaune roux avec toutes ses cabanes aux teintes gaies formant un dédale de pilotis bleu vif et de petits carrés d’ombre.

Le flux et le reflux continu des vagues sur le rivage dessinent une ligne d’écume blanche et dentelée au-delà de laquelle la mer resplendit sous le soleil matinal, déjà haut et chaud à dix heures et demie ; l’océan est céruléen du côté de l’horizon, d’un azur éclatant plus près de la côte, avec des reflets bleus chatoyants comme plumes de paon.

Au milieu de la baie affleure un îlot rocheux : il monte obliquement depuis la ligne orangée qui, le matin, attire sur ses faces escarpées tout l’éclat du soleil et qui, en fin d’après-midi, se pare d’ombres violettes.
Le soleil traversant les éventails ondoyants des feuilles de palmier et les lamelles de l’auvent de bambou, tombe en lignes et en nappes vacillantes sur la terrasse du premier étage.

En bas il y a le jardin de la veuve : du sol sec et poussiéreux surgissent des géraniums rouge vif, des marguerites blanches, et des roses ; des cactus à épines dans des pots de terre cuite rougeâtres bordent les allées de dalle.

Deux chaises peintes en bleu ainsi qu’une table bleue sont disposées sous le figuier, dans l’arrière-cour, à l’ombre ; derrière la maison se dresse la chaîne déchiquetée et violacée de collines montagneuses, où la terre sèche et sablonneuse se hérisse de touffes d’herbes broussailleuses.

 
Sylvia Plath,La Veuve Mangada (été 1956) , in Carnets Intimes, traduit par Anouk Neuhoff, éditions de la Table Ronde, 1991.


Angèle Paoli: All blues


 

 

Article inspiré  de la page  de blog  de  http://lebontempsdelavie.centerblog.net/

qui inévitablement  fait penser  au célèbre disque  de Miles  Davis  en Quintet,  « Kind of  Blue », qui a  marqué  durablement  l’histoire du jazz

 

L’Azur se courbe

et devant ton œil

bleu déclin

le baume cerisier blanc

de tes caresses

savamment décline

sa rhapsody

blue

strompin’ at the Savoy

le pianiste

aux doigts de cristal

étire

de Bessie les langueurs

désirables

et pianote

tempo blasé

les notes désenchantées de saveurs

oubliées

le blues le blues le blues

ronge ton âme esseulée

songe songe songe

à la lenteur du temps

qui s’écoule

se délasse et s’enlace

en cet instant

tandis qu’au ciel glisse

un long goéland

et qu’au firmament

passe la trace

ardeur de tes rêves

brûlants

Angèle Paoli

kind of blue