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Yahia Lababidi – nuages


pastel  Eugène Boudin,  estuaire  en Bretagne

 

 

nuages

pour trouver l’origine,
retrouve ses manifestations.
Tao
Entre être et non-être
il y a à peine
ces voiles de l’eau, de la glace, de l’air –
Indifférent dériveurs, errant
élevés sur la liberté
des sans-abri
glissant, agités
comme des fantômes, rampant à travers la matière
par bouffées et volutes
Prêtant un air enchanteur ou menaçant
ombres lumineuses ou coulantes,
filtres ambivalents de la réalité
Léguant des couronnes, ou des
voiles de modestie aux grandes beautés naturelles
comme aux sommets des montagnes.

Parfois simplement accrochés là
D’un air d’art abstrait
à l’air libre
Une animation suspendue
continuellement à se contorsionner:
Des grandes baleines du ciel, maintenant, calèches
Des formes de pensée qu’on ne peut punaiser,
ponctuant la phrase sans fin du ciel.

—-

Clouds

to find the origin,
trace back the manifestations.
Tao

Between being and non-being
barely there
these sails of water, ice, air —
Indifferent drifters, wandering
high on freedom
of the homeless
Restlessly swithering
like ghosts, slithering through substance
in puffs and wisps
Lending an enchanting or ominous air
luminous or casting shadows,
ambivalent filters of reality
Bequeathing wreaths, or
modesty veils to great natural beauties
like mountain peaks

Sometimes simply hanging there
airborne abstract art
in open air
Suspended animation
continually contorting:
great sky whales, now, horse drawn carriages
unpinpointable thought forms,
punctuating the endless sentence of the sky.


Le repos des sirènes ( RC )


Art roman:               chapiteau aux sirènes –    Eglise Ste Eutrope           Saintes ( Charentes Maritimes)

C’est le repos des sirènes sur les rochers
Leur longue quête les mène      sur les  îles
Et point de traces, au jour,    juste des fossiles
Repérés par les bateliers s’en revenant pêcher

Ces femmes-poissons, –    c’est une blague
Dit-on,              …. ce qu’il faut d’imaginaire
Au fantasme            des hommes de la mer
Ayant fait un détour par Copenhague

Ou bien, entourant un bateau en détresse
Se portant au secours des  naufragés
Elles se sont, sous eux, allongées
Tout en délicatesse

Et leur ont fait jurer  secret,
Sous serment, de ne rien dire,
Une langue étrange qu’on ne peut traduire…
Sur ces sujets il faut rester discret

Ce sont, peut-être des anges  de l’eau
–                     Au profil aérodynamique
Accompagnant par le fond, le Titanic
Et bien d’autres paquebots…

Et même si tu vas à confesse,
Avec l’envie de tout dire, c’est pas la peine
D’essayer de convaincre une sirène
Ou sur la terre,           alerter la presse…

Tu as scellé ta promesse,
Mieux qu’une lettre aux sept cachets
L’eau profonde, garde ses secrets cachés
Comme celui du monstre du Loch Ness.

Les sirènes auraient plusieurs vies
Et surtout,           les plus beaux chants
Pour nous,           bien sûr,    aguichants
Une fois entendus, toujours poursuivis.

Dans l’eau salée, les sons se propagent,
Ceux des dauphins,les chants des baleines
Et tu voyages, à en perdre haleine
Au berceau de la mer, en héros ou bien otage…

RC – 21 janvier 2013

photo:       JM Boutaud                  – petite Sirène de Copenhague –  qu’on peut  retrouver  sur le site « jolie lumière » de JM B