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Cimetière militaire – ( RC )


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On ne voit plus qu’un pré tout vert
                    où pourrait paître le bétail.
Pourtant,    c’est un champ de bataille
habillé de blanc,        comme en hiver.

On distingue des croix anonymes,
comme       autant de noms effacés :
>          c’est la plaine des trépassés :
on n’en compte plus les victimes :

Elles sont tombées au champ d’honneur,
sous les obus,             les mitrailleuses,
–             …. et la plaine argileuse
ne saurait désigner les vainqueurs

les vaincus,        tant les corps se sont mêlés
durant les assauts.
On en a retrouvé des morceaux ,
accrochés aux barbelés .

Pour les reconnaître, on renonce :
C’est un grand cimetière
qui nous parle de naguère :
              Les croix sont en quinconce ,

             régulièrement espacées :
le « champ du repos »
comme si l’ordre pouvait remplacer
de l’horreur,             son tableau .

             Suivant les directives :
             les stèles règlementaires
             émergent de la terre,
             en impeccable perspective

Ainsi,                         à perte de vue
ce sont        comme des ossements,
peuplés des silences            blancs
                              des vies perdues :

                            Ils ont obéi aux ordres.
( Laisser la terre saccagée,
le témoignage de combats enragés,
aurait plutôt fait désordre ).

Sous le feu des batteries,
affrontant le péril,
          il aurait été plus difficile,
de jouer, comme ici,     de géométrie…

On ne peut espérer de miracle:
        Aucune de ces plantations ne va fleurir :
Voyez-vous comme il est beau de mourir !
Une fois la guerre passée,   c’est un beau spectacle…

RC – dec 2016


Villages morts – figures d’un exode rural – ( RC )


Un hameau abandonné entre Alés et Saint Ambroix (Vallée de la Cèze)

En traversant,  l’espace d’une  déchirure,

Certains  diraient « cauchemar »,

Des villages  désertés,

Où la vie  s’est repliée,

Desséchée.    –

Certains,

Où se multiplient les vents,

Et battent  portes et volets ,

Sur les façades des maisons vides.

Et risquant mes pas,

Sur l’absence,

Le cataclysme passé,

Dont on ignore les vraies  causes…

Le foudroiement lent,

Du défilé des années,

L’impossibilité de continuer,

A subir les assauts de l’hiver,

Où il est juste question de survivre,

Alors que l’avenir n’est est plus un,

Que les sources se tarissent…

Et aussi,        l’exode vers les villes,

Font,        que,           petit à petit,

La vie se déplace,

Et qu’ici,          seuls restent,

Accrochés à leur passé,

Les arbres,

Qui font le lien,

Entre le ciel et la terre,

Si ,        plus personne ne vit ici.

Seuls reviennent,

Le temps  de quelques mois,

Les vacanciers,

Epris de paysages champêtres,

Fuyant le bruit et la fureur,

Des banlieues grises,

Des appartements  étroits,

Et des parkings payants.

Mais ce sont des temps d’illusion,

Dont on revient vite,

En faisant la queue, sur les autoroutes.

Car le pays réclame son dû,

Et reprend ses droits

Il ne peut pas  être regardé,

Comme une  simple carte postale,

En couleurs,       et seulement  en été,

Quand les saisons, sont là,

Comme ailleurs,

Et le gel et la boue,.

Et que les ronces prolifèrent,

Dans les maisons abandonnées,,

Aux toits effondrés…

Et sans bétail,    les champs aux herbes folles.

RC –  20 novembre  2013

note: ces « villages morts »  sont aujourd’hui une  réalité,  dans les zones  « reculées », où l’accès y est difficile…

…  d’autres  sont  restaurés mais sont sous  « perfusion »,  d’une  vie  artificielle,  quelques  semaines  dans l’année,  et fermés  le reste  du temps, en particulier dans les  zones  touristiques, où seul le « loisir en boîte », fait recette,.

C’est bien là que  s’exprime de façon évidente ,   un paradoxe, entre l’apparence,  et la vie  authentique, symbolisée par l’existence même de ces villages .