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Articles tagués “biches

Raymond Queneau – L’ouverture –


Gaston Phébus – Le livre de chasse –
Sang fumée ce sont les chasseurs 
qui jouent du cor, de l’arbalète 
autour d’eux sont les corps morts 
               de bêtes

d’animaux qui jouaient et mangeaient 
dans les taillis dans la luzerne 
et qui point ne se doutaient 
               de la giberne

adieu la vie adieu l’amour 
le gibier gît devant les gîtes 
des reîtres et des pandours 
               cyniques

oiseaux oiseaux que je déplore 
tout ce mal qui vous assiège 
ces gens qui veulent la mort 
               de vos arpèges

lièvres dansant dans la rosée 
biches bramant au fond des bois 
la guerre vous est déclarée 
              au mois

de septembre




Courir les rues

Battre la campagne

Fendre les flots

nrf Poésie Gallimard


La porte du sommeil ( RC )


photo : opéra de Wagner:            l’anneau des Nibellungen


La porte du sommeil


Lorsque la lourde porte s’entrouvre
Et que se glissent les rêves
Les brumes des légendes,
Les nymphes flottantes,
Aux bruits                      de la forêt,
Laissée,            nocturne à la mousse
Et aux sommeils sauvages,
Juste effrités,               par les images
Furtives des biches, venues s’abreuver
Aux sources de la nuit.

Il y a dans nos mémoires,
Toutes les histoires,
De chevaliers errants,
Les étangs fumants,
Les poussières fuyant en rayons de soleil,
Lorsque, justement, on sombre dans le sommeil.
Les fées sont d’exquises danseuses  *
Les plantes, aux tentacules vénéneuses,
Se liguent ,               hantant, en errance,
Nos souvenirs d’enfance.

Dans nos rêves, se glisse la tempête,
Si on soulève la tête,
C’est tout un monde fantastique,
Qui bascule toute logique
Le désert des tartares
Les griffes du cauchemar,
Les épées qui tranchent
Les arbres qui se penchent
La brume filtrant des puits
Les nains qui s’enfuient…

Un cercle de feu ,              où s’inscrit
—             La chevauchée des Walkyries,
L’écho renvoit,             et répète
Les sonneries des trompettes…
—  Dans la tête aussi , les peintures d’Odilon Redon
Et s’envolent aussi                    le char d’Apollon,
Et d’autres                              animaux sauvages,
Quittant la terre pour un voyage,
Tutoyant l’irréel
Dès que leur poussent des ailes.

RC  –  4 décembre 2012

illustration: l’or du Rhin

* «  les fées sont d’exquises danseuses » est le nom d’une pièce pour piano de Claude Debussy,   ( préludes)             voir lien DailyMotion