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Alberto Giacometti – facettes


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sculpture   –  Alberto Giacometti   –  crâne    1934
« On peut comparer le monde à un bloc de cristal aux facettes innombrables.
Selon sa structure et sa position, chacun de nous voit certaines facettes, certaines parties de facettes et son tableau poème objet etc. n’est qu’un témoignage de ce qu’il aperçoit.
C’est bien évident que toutes les facettes vues par un groupe de gens à une certaine époque doivent être très près l’une de l’autre, à peine des petites différences d’angle, d’inclinaison, et vue de loin elles ne forment qu’une seule masse claire par rapport à toutes les innombrables qui trempent dans le noir de l’espace.
La production de chacun de nous est le reflet exact de cette différence d’angle et de position. »

— Alberto Giacometti, Écrits,                                        Éditions Hermann, 2007


Jean Portante – Dans le couchant qui rougit ta chevelure


 

dessin baroque espagnol – Cambiaso

 


Dans le couchant qui rougit ta chevelure
( visible sur le site de Claude Ber)

 
les serpents de l’horizon s’emmêlent
les peaux : je veux dire : te voilà serpentant dans l’air incandescent et rien de ce qui fait
le jour et la nuit ne te dissipe.

c’est ainsi que je te rêve et te rêve à nouveau jusqu’à ce qu’aux éléments de base s’ajoute
le travail tranquille et secret de ma bibliothèque intime.

ce n’est pas facile à faire.

entre les blocs solides et liquides il n’y a guère de concurrence : je veux dire : être l’un
ou l’autre n’est pas un choix.

mais quand ce qui est corps se déroule
dans l’âme en une lente soirée de fin d’été et qu’une main repeint à l’intérieur ce que l’extérieur lui soustrait c’est comme si de la terre à l’eau et plus loin encore les porte-paroles du dedans sculptaient statue après statue dans le creux des nuages : je veux dire : là-bas entre chair et os notre amour ressemble moins aux serpents qu’à l’incandescence rituelle qui fait et défait l’horizon.

 

 

 


Matités et brillances ( Rodin) – (RC)


sculpture: Rodin, musée Rodin, photo perso 2010

Le regard parcourt matités et brillances
Qui se lovent dans les empreintes des mains

Elles ont saisi le bloc, trituré la glaise
Torsadé les corps,   modèles –

Rodin: Cathedrale

En tensions musculaires, en force figée de bronze
Des pesanteurs de bures de métal

S’assourdit en creux,       dérapages de lisses
La lumière joue des creux et des têtes

Mais n’arrête pas l’homme qui pense
L’homme qui marche et          – dense

Car dense , le corps dressé d’un bloc

Un homme, un bloc,                     Balzac

Bronze, sentinelle de l’esprit
Indifférent à l’oxydation verte
Au jardin du parc,                   présence
Intemporelle, comme celle des mains

Les mains-cathédrale, la sculpture du vide
La césure laissée au marbre

Pour qu’en creux, la pensée respire, et soit…
Celle de Rodin,          – et nous accompagne.

RC      25 avril 2012

The eyes runs  through shine and matte effects
Which are coiled in the handprints

They seized the block, triturated clay
Twisted bodies,      models –

In muscle tension, static strength of the  bronze
Weight                             of  the metal burdens

Is deafening hollow, smooth skids
Light plays between heads and hollows

But the thinking man does’nt  stop
The man who walks , and –     dense

Dense,because, upright body as a block
A man, a block,                    Balzac

Bronze                  sentinel  of mind
Indifferent to the green oxidation

In the garden of the park, timeless presence
like the hands

Hands-cathedral,      sculpture of the emptiness

The break left in the marble

For that , hollows,      thought breathes,        and will be…
That of Rodin –   who accompanies us.

sculpture: Rodin, musée Rodin, photo perso 2010 : le sommeil