voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “bonbon

Boîte de verre ( RC )


Photo métro:   Pierre Sabathie

Dans la boîte, il se pourrait que je sois lié,
A l’égal des poissons, du bocal,
prisonnier,
de l’air , comme eux le sont des eaux pâles…

C’est un lieu muet où ne portent pas les bruits.
Lorsque s’ébranlent les trains,  le regard les suit.
Ceux ci glissent en silence,
Vers  d’autres circonférences…

Accompagnant leur forme de bonbon fuselé
Mobiles  éclats  de reflets  ailés,
Se mélangent à ceux des ascenseurs,
Emportés  en douceur,

Vers des sous-sols inventés,
En tout cas hors de portée,
Malgré toute cette activité,
Fantômes en bouche ouverte habités.

De tous ces sons qui pèsent.
Il est de bon ton qu’ils se taisent…
C’est la discrétion assurée.
Les cris et paroles emmurées…

Ainsi, comme le dialogue de mes voisins,
Si proches et pourtant si loins…
Rien ne vibre, rien ne se capte
Un langage de silence comme les  carpes….

( en tout cas , c’est tout  comme )
S’ils étaient  en aquarium…
Ce qui reste un mystère
Au delà de la paroi de verre.

RC – 19 février  2013


Langston Hugues – fresque sur Lenox Avenue


 

Qu’advient-il d’un rêve suspendu ?
Se dessèche-t-il
Comme un raisin au soleil ?
Ou suinte-t-il comme une plaie
Avant de disparaître ?
Est-ce qu’il pue comme la viande pourrie ?
Ou se couvre-t-il d’une croûte sucrée
Comme un bonbon acidulé ?
Il tombe peut-être comme un fardeau trop lourd.
Ou bien explose-t-il ?
Certains  textes  de Langston Hugues  ont  été accompagnés  en musique  par  le contrebassiste  Charles Mingus, voila la pochette  du CD

Claude Simon – l’herbe – extr


peinture Juan Miro: oiseau et femme dans la nuit - 1944 Detroit

 

 

Un ticket d’entrée au musée Miro de Barcelone, d’une trentaine d’années, un fragment de chapelet en nacre, une multi-prises, un rouleau de pellicule non développé, un paquet de mouchoirs en papier poussiéreux, un petit livret indiquant les calories des aliments, des épingles à cheveux et des trombones, un minuscule tournevis, un paquet de pastilles Vichy entortillé sur les quelques bonbons restant, deux bracelets en toc oxydés, la médaille d’argent entourée d’ivoire de mon berceau et un petit sac plastique contenant des feuilles mortes en chemin vers la poussière, un peloton de ficelle rouge pour cadeaux, un porte serviette en ivoire avec mon prénom gravé en italiques, de petits écouteurs et des enveloppes vierges dans un étui, plus des crayons aux mines usées mais pas de taille crayon.

Sauf que ces tiroirs ne sont pas miens, pas les bons. Alors, je pense que je pourrais y mettre, en vrac ou dans une boite comme celle de Marie, le contenu de celle-ci « de boutons dépareillés, de chaînettes d’or (ou plaquées or) et de vieilles boucles de souliers en cuivre… »

 

(l’Herbe –                    Claude Simon )