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Papillon ( RC)


Au bonheur  éphémère

Le papillon s’est envolé

Il a laissé aux vents, à l’amer

Sa chrysalide, abandonnée..

 

 

RC      22 octobre 2011

 

 

Auquel je joins une  « variation libre »

mais assez proche  tout de même…

 

du texte  de la chanson de Jimi Hendrix   « Little Wing », dont j’ai  trouvé  une belle  version acoustique… je  recommande aussi celle  du bassiste  Jonas Hellborg, qui figure  dans son  album  « elegant punk »…

 

Vole, petite aile…

Marchant au travers des nuages

Avec l’esprit fantasque

Qui librement. Court avec

Papillons, zèbres et rayons de lune

Des contes de fée

 

Il est une  seule  chose à laquelle elle pense…

C’est chevaucher le vent

Quand je suis triste, elle vient vers moi

Qu’avec mille sourires elle me donne gracieusement

Tout va bien, elle me dit,

Tout va pour le mieux

Prends de moi, tout ce que tu veux tout

Et

Vole, petite aile

 

 


Ulysse – Ode à ma plume


grille          de style  » art nouveau  »        à Nancy

Ulysse nous fait partager  sa « plume »,  c’est le cas  de le dire, avec le titre  choisi…

il participe  au forum  « En Attendant la fin du monde »,  c’est là que je l’ai  « repêché »

 

 

Ode à ma plume

Je confierai ma plume à la foudre et aux vents,
Aux furieuses tempêtes, aux fauves tremblements.
Je la veux souveraine, insolente et fantasque,
Insensible à la haine, sans faiblesse, sans masque.
Je la veux intrépide, courageuse et libre
Ecrivant sans ambages mon ivresse de vivre.
Quand les vents des passions se seront apaisés
Ma plume cheminera aux sentiers irisés
Des tendresses du soir entre des bras fragiles
Quand la force est vaincue par un battement de cils.
Elle se fera pinceau aux encres de couleurs
Traçant sur le papier les signes du bonheur.
Elle glissera ses mots au milieu de silences
Quand il faudra se taire devant une souffrance.
Je la veux enjouée, folle, primesautière
Sautant dans les ruisseaux, remontant les rivières
Tirant du fond de l’ombre, des perles, des diamants
Accrochant à ses lignes de jolis cerfs volants.
Je dirai à ma plume d’écrire des poèmes
Sur tous les vagabonds et leur vie de bohème
Sur les cris des enfants à la récréation
Sur les mots des amants au feu de la passion.
Et lorsque fumera mon dernier feu de bois
Elle inscrira encore aux branches d’une croix
« Pardonnez lui, Seigneur, d’avoir pris du plaisir »
« Aux rimes polissonnes.., il aimait trop écrire !»

Ulysse 2 février 2012


Ahmed Mehaoudi – Où ira le soir ?


Ahmed Mehaoudi, poète algérien – dont  j‘avais déjà publié  » A ce désert », est l’auteur  d’autres  productions  intéressantes  qu’il nous donne à lire  et dont je fais l’écho ici  de  son « où ira le soir »

 

création perso info –

 

où ira ce soir

d’avoir si peu appris à comprendre les départs

de ces nids autrefois silencieux à la saison de paix

si peu vu dans le ciel ces éclairs de feu attendrir tes yeux

comme chercher dans les rêves l’insensé désir de se réveiller

où iras-tu ce soir

d’avoir déjà perdu le fil du chemin

la porte par où entre ton bonheur

si peu écouter que la nuit est parti loin

et toi

dors à l’endroit où ce soir tu apprendras

à regarder le jour

là se fait les mots …

 

repro: Edward Munch

 

 

 

 

 

 

 

 


Jean Sénac – chardon de douleur


peinture :          Jim Hodges

Au fond de chaque amour des cancrelats sommeillent.
Sont-ce des cancrelats, mon coeur, ou des abeilles ?
Et lentement, tandis qu’en amande les yeux
S’éternisent, dans le désir, le bruit soigneux
De la noire légion dévore nos oreilles.

Rien n’y fait, nos soupirs ni nos gémissements
Ni le lin délirant dont nous vêtons nos contes,
Rien, et quand la beauté nous attache et nous ment
Les cancrelats sont là qui nous troublent et montent
Avec notre bonheur et son double, la honte.[…]

Si chanter mon amour c’est aimer ma patrie,
Je suis un combattant qui ne se renie pas.
Je porte au coeur son nom comme un bouquet d’orties,
Je partage son lit et marche de son pas.

Sur les plages l’été camoufle la misère,
Et tant d’estomacs creux que le soleil bronza
Dans la ville le soir entrelace au lierre
Le chardon de douleur, cet unique repas. […]


Louis Remacle – Bonheur


peinture: la maison rose.. peinture de 1907 - .Camoin -Manguin, Cézanne ? ( à vous de décider) - - par la même occasion,- vous pourrez, comme moi répondre au quizz artistique du site http://www.quizz.biz/quizz-243336.html

Bonheur
La vivante étoile des autres jours
Avait glissé de ma fenêtre.
L’ombre, comme une lourde brume,
Avait endormi mes paupières.
Et voici des voix, des jeunes voix,
Des voix claires comme des sonnailles,
Qui se sont élevées et qui m’ont chanté
Tout le bonheur attendu de la veille.
Et j’ai pénétré, tout doucement,
Dans la vieille maison aux larges portes.
Mais soudain je ne les ai plus entendues,
Et les murs étaient blancs de clarté.
—-
Une petite exploration de la maison de la poésie  de Wallonie  -Bruxelles,   permet de découvrir

beaucoup  d’auteurs  méconnus,

La maison  rose,  étant, d’autre part  le titre  d’un roman superbement  écrit  , de Pierre  Bergounioux  (une  des grandes plumes  d’aujourd’hui)…


Gerard de Nerval – Point noir


 

 

 

 

Le point noir

Quiconque a regardé le soleil fixement
Croit voir devant ses yeux voler obstinément
Autour de lui, dans l’air, une tache livide.
Ainsi tout jeune encore et plus audacieux,
Sur la gloire un instant j’osai fixer les yeux :
Un point noir est resté dans mon regard avide.
Depuis, mêlée à tout comme un signe de deuil,
Partout, sur quelque endroit que s’arrête mon oeil,
Je la vois se poser aussi, la tache noire !
Quoi, toujours? Entre moi sans cesse et le bonheur!
Oh !  c’est que l’aigle seul – malheur à nous, malheur! –
Contemple impunément le Soleil et la Gloire.


Edith Södergran – je vis un arbre


Terre a ciel, présente  des auteurs  peu connus , mais  de qualité,  dont  je fais  l’écho ici avec Edith Södergran  auteure  finlandaise  du début  du XXè siècle.

 

(Finlande, 1892-1923)


 

Source


Jag såg ett träd…
Jag såg ett träd som var större än alla
andra
och hängde fullt av oåtkomliga kottar ;
jag såg en stor kyrka med öppna
dörrar
och alla som kommo ut voro bleka och
starka
och färdiga att dö ;
jag såg en kvinna som leende och
sminkad
kastade tärning om sin lycka
och såg att hon förlorade.
En krets var dragen kring dessa ting
den ingen överträder.


Je vis un arbre…
Je vis un arbre qui était plus haut que
tous les autres
et qui était lourd de fruits inaccessibles ;
je vis une cathédrale aux portes ouvertes
et tous ceux qui sortaient étaient pâles
et forts
et prêts à mourir ;
je vis une femme qui, souriante
et maquillée
jouait son bonheur aux dés
et je vis qu’elle perdait.
Un cercle était tracé autour de ces choses
que personne ne franchit.

Jean-Pierre Siméon – Fulguration


   » un caillou c’est une mémoire qui dure

 

mais une mémoire par bonheur muette

 

que par bonheur on ne peut pas ouvrir « 

 

 

 

et  du même  auteur,  toujours  au sujet des cailloux;

 

deux ou trois choses encore avant que
je te donne la seule chose que je puisse
un nom ça a une mémoire ça
traîne une histoire ça a
le vent peut être il
n’y a rien à comprendre
faut être dedans c’est tout l’entendre
de dedans et quand il s’arrête
le coeur s’arrête avec c’est
je n’ai rien trouvé mieux pour que tu saches
un caillou c’est une mémoire qui dure
que par bonheur on ne peut pas ouvrir
et c’est un chose si légère un caillou
il s’est caché dans les trains il a
comme moi comme tous ce sera semblant
Belette ma Belette je te laisse
je reste le caillou il n’y a rien à comprendre
je reste ce caillou près de toi ce caillou .


Pierre Bergounioux – le poids des jours passés


document image: projet de décoration

Le poids des jours passés, des espérances mortes, les bonheurs enfuis sans que j’aie su qu’ils étaient des bonheurs, l’enchevêtrement des fils rompus me tiraient à la renverse, m’empêchaient d’avancer…
Je n’ai jamais douté que le présent, le devenir, le temps de reste soient les bien véritables.
Mais j’en use fort mal, occupé que je suis à réduire le passif en quoi le passé finit par se muer.
Je dois revenir en arrière pour aller de l’avant.
J’ai des comptes à rendre, des ombres à dissiper, des fantômes qui réclament des explications, des apaisements.
——-
Pierre Bergounioux,
Où est le passé?(Source : abalem)
voir  aussi le blog de brigetoun, qui nous propose  des extraits commentés  de certains  de ses écrits

en acier ( trempée) ( RC)


éruption du volcan d'Islande

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Noircie mais dorée
Passée chez Pluton
C’est bien le forgeron?
Tu ressortiras en acier ( trempée)

Ce qui est bien pratique
Pour mieux coulisser
Ce sourire carnassier
Mais si sympathique

Qui avale les lames
Et les lanceurs de flammes
Apollon s’est épuisé
En Pluton déguisé

Tu resteras la même
Sensible au poème
Et de l’acier douceur
Feras ton bonheur