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retraits d’hier en hivers (RC)


 

 

 

Le manteau gelé              de la falaise d’eau
Mur de pâte bleutée,                  – un rideau
Au griffes du temps, la chape appesantie
Immobilise la source,  –        déjà ralentie

La lave de froid,       suspend les instants
De vie ruisselante, jusqu’aux printemps
Et la congèle,                 – directe assassine
En coulures blanches, jusqu’aux racines

Que même l’astre – de passage – épanoui
Ne parvient pas          à les rendre à la vie
Se heurte et rebondit sur les cristaux
Tranchants       comme  des couteaux

Il faudrait       changer d’hémisphère
Ou refaire                un tour de la terre
D’un coup de baguette  –             magie
Et libérer tout à coup –           l’énergie

Laisser de côté                     le manteau de glace
Faire  que semaines                          –  se passent
Que d’airs nouveaux,                     la vie se dope
Qu’entre  feuilles mortes,les herbes  développent

Un timide tapis ,            duvet de bonheur
Etoilé de fleurs – , mouvements,couleurs
Et que reprenne      les insectes, la course
Des bourgeons                        et des sources

–                     C’est bientôt  chose faite
L’hiver, en rétréci, détale sa défaite
Accompagné      d’accords musicaux
Du refrain     des  chants des oiseaux

 

inspiré  de  « sous le manteau  d’hiver »   (JoBougon)


Joe Ferami – Mêlée.


peinture ; Richard Diebenkorn

 

 

A mêler le vent dans l’écheveau des songes
à ouvrir le bleu dans le rouge
entre le violet tremblant des douceurs abruptes
et s’aveugler de la toile que peint le soleil
sur l’horizon
comme gonfle et pousse une voile
au fond des iris entrouverts.

Vouloir. Et dans le secret. Peine perdue.

Mâcher, manger le je, le moi, le tu, le vous et vomir. N’oublie pas le oui et le non, et le malgré. Les bourgeons, les feuilles, le soleil doux. L’herbe. Plus loin. Le rafle de l’innocence. Louange. Beauté même. Et le caillot où le cœur s’adoube.

Et franchir cette mer. Comme une île vitrifiée à vivre cette vie.

.

JOE  FERAMI


Else Lasker-Schüler.- UN CHANT D AMOUR


UN CHANT D AMOUR

 

D’un souffle d’or

Les cieux nous ont créés.

Oh, comme nous nous aimons..

.

Les oiseaux – bourgeons sur les branches, Les roses prennent leur envol.

Sans cesse, je recherche tes lèvres Derrière mille baisers.

Une nuit d’or,

Des étoiles en nuit…

Nul ne nous voit.

Paraissent la lumière et le vert, Nous somnolons;

Seules nos épaules papillonnent.

 

Andrew Wyeth - Helga agenouillée - esquisse aquarelle

EIN LIEBESLIED

 

Aus goldenem Odem

Erschufen uns Himmel. 0, wie wir uns lieben…

Vögel werden Knospen an den Ästen,

Und Rosen flattern auf.

Immer suche ich nach deinen Lippen

Hinter tausend Küssen.

Eine Nacht aus Gold,

Sterne aus Nacht…

Niemand sieht uns.

Kommt das Licht mit dem Grün,

Schlummern wir;

Nur unsere Schultern spielen noch wie Falter.