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Nicolas Rouzet – le cercle et la parole


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photo: Ernst Haas

 

 

Il y a le cercle et la parole
et l’heure où chaque naissance
annonce l’aube rageuse
l’attente du regard

Une main aveugle
dure à tâtons
devance le jour
dessine comme par jeu
la frontière qui sépare
le silence de la parole
le geste du murmure

De son pouce
se traverse la brèche
s’effleure le néant
d’où l’on sauve
la braise
et la brindille

Et que l’oreille
se tende
vers ce soupirail
qu’elle entende
que nos fantômes
n’ont pas changé de nom
que tous se croient encore vivants
dans l’espace ouvert
par l’éclat
le mirage
de nos âmes !

 

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Esther Tellermann – Choucas


egl romane JANAILHAC  sud Limoges  fresques   06.jpg

photo perso fresque  de l’église de JANAILHAC

 

 Ils sont tiens
les choucas
les Dieux peints
les tissus refroidis
la sueur
et la grille
Ils sont tiens
les lits durs
les goûts de paille
l’usure
des soulèvements

***
Car
rien ne donne la réponse
ni dômes surgis
ni masques de terre
Pistes s’égrènent en copeaux
en nuits balayées par les torches
Etions accoutrés d’os
faisant commerce de braise

***

 


Claude Saguet – Détour


 

 

photo         provenance; chinadaily

 

Détour

 

Barbare,

je marche pieds nus

sur la braise.

Je provoque le moment,

la forme et la voix,

Et je nie jusqu’à l’abolir

ce lieu aigu qui m’égratigne

Pour écrire le voyage

infligé par le feu.


Alain Fabre-Catalan – Où demeurent les sources


peinture: Zoran Music, paysage dalmate, gouache sur papier,1953

 

J’ai lancé ma pierre dans l’inconnu
contre les vitres de la nuit, dans le jardin des mots
plus affûtés que l’herbe sous la rosée des larmes
offertes au néant. J’ai connu la parade des corps amoureux
et caressé la vague claire qui dépose à brassée
ses paroles légères comme braise d’un feu
qui n’en finit pas de s’éteindre à l’approche des matins.

J’ai vu le dos luisant des rêves échoués comme blocs
erratiques dans le courant qui marque le passage
de la nuit au jour, sitôt dispersées les eaux profondes
du sommeil dans un flot d’images muettes.

 

Du site  « recours au poème »

 

 

– See more at: http://www.recoursaupoeme.fr/alain-fabre-catalan/o%C3%B9-demeurent-les-sources#sthash.KlWO8SQe.dpuf


Jean-Claude Pirotte – blues ( suite )


 

 

————————–

Je vais dormir ni ce soir,

ni demain ni jamais peut-être,

pendant que le blues est dans ma tête,

les douze temps du désespoir

Si futiles si dérisoires

Les balais sur la vieille caisse

Et les mots que la nuit tresse

et qu’inspire le soleil noir

c’est le dernier signal

l’ultime éclat de braise

on se voit disparaître

au coude du canal

et l’écluse est fermée

immobile à jamais

———-

nous avions reconnu

la péniche des morts

mais elle était au loin

si lente que la nuit

nous la perdions de vue

or chaque lendemain

elle approchait du port

désert que nous quittions