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Tempête d’Iroise – ( Susanne Derève)


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  Bernard BUFFET – Tempête en Bretagne

 

 

Ces nuages qui courent entre ciel et mer au-delà des grues immobiles,

nuages porteurs de la nuit qui s’annonce, poussés par un vent d’Ouest

qui charrie les feuilles mortes par brassées

 

Morne solitude des tempêtes d’hiver

 

La rade comme un pinceau de moire grise sous les rayons rasants

 

et tout là-bas, au loin, les Tas de Pois, petits cailloux semés par l’Ogre gigantesque

qui souffle sans relâche ce vent de tempête noyé de sel,

éructe son écume sale à la frange des vagues

et déchaine la mer, molosse aux dents d’ivoire à l’assaut du rivage,

charriant les galets et le sable jusque dans les bas-fonds glauques des profondeurs

 

Cadavres de bois flottés jonchant les plages et les grèves

charognes aux orbites vides rongées par les mouettes avides

pluie de givre que balaie dans la nuit de son œil inlassable

le faisceau mécanique des phares

lumineuse étincelle de vie bouée de lumière dans les ténèbres grises

 

l’hiver

 

 

 

 


Xavier Grall – Solo


 

 

 

Chapelle  Méné  Bré   520.jpg

 

photo perso  . Le Méné-Bré   2011

 

Seigneur me voici c’est moi
Je viens de petite Bretagne
Mon havresac est lourd de rimes
De chagrins et de larmes
J’ai marché
Jusqu’à votre grand pays
Ce fut ma foi un long voyage
Trouvère
J’ai marché par les villes
Et les bourgades
François Villon
Dormait dans une auberge
A Montfaucon
Dans les Ardennes des corbeaux
Et des hêtres
Rimbaud interpellait les écluses
Les canaux et les fleuves
Verlaine pleurait comme une veuve
Dans un bistrot de Lorraine
Seigneur me voici c’est moi
De Bretagne suis
Ma maison est à Botzulan
Mes enfants mon épouse y résident
Mon chien mes deux cyprès
Y ont demeurance
M’accorderez-vous leur recouvrance ?
Seigneur mettez vos doigts
Dans mes poumons pourris
J’ai froid je suis exténué
O mon corps blanc tout ex-voté
J’ai marché
Les grands chemins chantaient dans les chapelles
Les saints dansaient dans les prairies
Parmi les chênes erraient les calvaires
O les pardons populaires
O ma patrie J’ai marché
J’ai marché sur des terres bleues
Et pèlerines
J’ai croisé les albatros
Et les grives
Mais je ne saurais dire
Jusques aux cieux
L’exaltation des oiseaux
Tant mes mots dérivent
Et tant je suis malheureux
Seigneur me voici c’est moi
Je viens à vous malade et nu
J’ai fermé tout livre
Et tout poème
Afin que ne surgisse
De mon esprit …./

 

( début du long poème  « Solo »…  ed Calligrammes )


Paul Celan – Matière de Bretagne


photo & montage persos:              Bretagne 2012  Ploumanach

MATIERE DE BRETAGNE

Lumière de genêt, jaune, les pentes
suppurent vers le ciel, l’épine
courtise la plaie, cela
sonne là-dedans, c’est le soir, le néant
roule ses mers à la prière,
la voile de sang fait route vers toi.

Sec, envasé,
le lit derrière toi, enjonque
son heure, en haut,
près de l’étoile, les ruisselets
laiteux babillent dans la boue, datte de pierre
en contrebas, buissonnante, bée dans le bleu,
un arbrisseau d’éphémère, superbe,
salue ta mémoire.


La mer ne parle plus, elle se tait. (RC)


Affiche objet d’une plainte de la région Bretagne

La mer ne parle plus,  elle se tait.

Et si la mer  parlait dessous  son tapis  d’écume et de vagues,

Au silence de la mer  celle  réduite au silence,

Et aux arbres  qu’on élague

Encombrée de sables

Et  de débris innommables

La voilà immobile,  et presque entièrement recouverte

D’une  épaisse confiture

De toutes ces algues vertes

Et d’un semis  d’ordures

D’où s’échappent  gaz, par bulles

Autour des rochers las

Qu’une lasse marée dissimule

Dernier geste  de décence

D’une eau qui n’a pas d’age

Mais qui sent l’essence

A travers les coquillages

Désertés des mollusques

Que goudrons écrasent

Et collent même, jusque

Au cœur de la vase .

Si la mer parlait dessous son tapis  d’écume

Qu’elle ôtait son bâillon

Et qu’avec les vents revenus, elle s’enrhume

Elle chasserait ces haillons

D’un seul coup de tempête

Son parfum de dégoût

De fracas  et de pertes

Rejetant les  égouts

Bien loin sur la terre

Ces rejets de l’ingrate

De toxique amère

Saturés de nitrate.

Retraits d’hier en dignité

C’est d’un autre visage de Bretagne

Tournant dos à la fatalité

Qui ferait, que la nature gagne,

Que la mer épaisse revienne  en liquide

Que l’on puisse, voir le sable

Au travers d’une  écume limpide

Et d’un pays  respectable…

RC    11 juin 2012

voir notamment  ce site avec ces  affiches  choc, qui dénoncent  l’hypocrisie  ambiante.

 

et pour avoir une idée  du problème, plusieurs  sites  en parlent, mais les mesures concrètes se font attendre…, en effet il y aurait une collusion entre les autorités et les sociétés financières qui possèdent une partie des élevages intensifs bretons …  ceci expliquant  en grande partie cette inertie, pour un problème connu depuis longtemps.

 

 

 


Paris-scies… ou d’errances jusqu’en Camargue (RC)


Paris Scies

Je dirai qu’à Florence

On sremplit la panse

Et qu’à Pise la tour

a ses petits fours

Y a pas en Toscane

Du saucisson d’âne

Mais en Italie

Toujours de grands lits

Marquise à Senlis

Et ses fleurs de lys

Les accueille en dépôt

Gravées dans sa peau

De Reims à Clovis

C’est un tour de vis

Poterie cassons

Vase de Soissons

Si tu vas en Arles

Tu sais dont je parle

Du fond d’Trinquetaille

Nous ferons ripaille

Et qu’on se déplace

Mais toujours j’enlace

Le corsage rayonne

De ma belle lionne

De lionne en Lyon

Un ptit coup d’avion

A califourchon

Dans un ptit bouchon

On s’en paie une tranche

Au bord de la Manche

C’était à St Lo

(pas de vin mais beaucoup d’eau)

Tant de pluie qu’en Bretagne

Pas besoin d’un pagne

Pour se faire masser

Dans un bain glacé

D’retour en Provence

C’est un jour de chance

J’ai vu ma Bougon

Parfumée d’savon

C’était pas rideau

La bête à deux dos

On s’est promenés

Bus et câlinés

Si l’Mistral nous nargue

C’était la Camargue

Lente et paresseuse

Mais aux heures, heureuse,

( et une petite  réponse à Jo)

petit mix modifié par mes soins...