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Zbigniew Herbert – du dernier soupir à l’éternité la plus proche


 

 

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art: tableau de fils  huitchol ( Mexique )

 

Que la route est longue
du dernier soupir
à l’éternité la plus proche

Et lourdes sont les épines de la rose, le long du chemin tracé :

Saint Ignace
blanc et flamboyant
passant près d’une rose
se jeta sur le buisson
et meurtrit sa chair

avec la cloche de son habit noir
il voulait assourdir
la beauté du monde
jaillissant de la terre comme d’une blessure

gisant au fond
du berceau de piquants
il vit
le sang couler de son front
se figer sur ses cils
en forme de rose

et sa main aveugle
cherchant les épines
fut percée
du doux toucher des pétales

le saint dupé pleurait
au milieu des moqueries des fleurs

épines et roses
roses et épines
nous cherchons le bonheur


Les bandits de la fraise – ( RC )


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Si tu vois une bande de voleurs
traverser la nuit,
avec des masques de Zorro,
et leurs sourires sournois,
tu les verras ramper
sous les clôtures,
à travers les buissons,
certains se traînant,
rampant jusqu’à leurs victimes,
mordant dans les baies mûres
et la couleur rouge.
On verra le jus dégoulinant du menton,
si la lumière met leur crime à jour,
des fruits encore plein la bouche,
avant de les voir s’enfuir ,     satisfaits,
une fois le carnage accompli.


libre transcription d’un écrit de         Nicholas Enloe


Jean-Pierre Schlunegger – Clairière des noces (extr)


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photo Lydia Roberts

 

 

Je dis: lumière,

et je vois bouger de tremblantes verdures.

Je dis: lac,

et les vagues dansent à l’unisson.

Je dis: feuille,

et je sens tes lèvres sur ma bouche.

Je dis: flamme,

et tu viens, ardente comme un buisson.

 

Je dis: rose,

et je vois la nuit qui s’ouvre à l’aube.

Je dis: terre,

un sommeil aveugle, un chant profond.

Je dis: amour,

comme on dit tendre giroflée.

Je dis: femme,

et déjà c’est l’écho de ton nom.

Jean-Pierre Schlunegger, Oeuvres

Quine Chevalier – neige conçue 2


 

 

 

 

Neige conçue
de toute part
près du buisson
ardent que trouble
l’appel du merle

L’homme s’en revient
piétiner la neige
briser branches lourdes

Il hèle l’enfant qui patine
légère glace de l’effroi
au bord de l’étang
bâtir un regard
clair au-dessus

 

 


Thierry Metz – Le drap déplié


montage perso à partir de corps et graphie

 

LE DRAP DÉPLIÉ     (extraits)

 

 

N’être plus qu’un silence
caché
dans la voix
ou ici
parmi les traces
de la roue
être celui
qui retrouve un visage
pour lui donner
de l’eau.

Un peu de terre et de ciel
dans le regard
dans ce que je dois garder
à la lisière d’un mot

d’ici je le vois
de là où je travaille
sur un sol que je retourne
vers cette main
que je retrouve

mais rien ne sera dit
sans ta présence.

Je n’écris que dehors
une écriture    un pas
fluide

entre les orties parmi les chênes
les hêtres
la paume entaillée
ouverte comme un buisson
je reçois l’eau
la lumière

je ne suis que l’âtre
d’un visage.

 

Thierry Metz, Le Drap déplié, L’Arrière-Pays, 1995,         pp. 47-49-50.

 


Marie Bauthias – L’aveu clandestin


installation G Penone souffle de feuilles 1979

 

 

 

 

 

 

L’aveu clandestin)

Refait ce bruit

ce bruit de mer

d’espace en attente.

La mer n’est plus qu’un bruit

épelé dans le soir

un rêve de jeune buisson.

Le ciel rendait ses copies …

Il n’y a rien à craindre…

Des dames en parenthèses

expliquaient au hasard

le passage des pluies.

Les cadences du ciel

nous ont déjà griffés.

Marie Bauthias
(Verrières, éditions Commune Mesure)

 

G Penone : le souffle des feuilles - empreinte