voir l'art autrement – en relation avec les textes

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Anise Kolz – tout perdre


 
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Aimer

c’est être mortel
et lutter contre
avec toi

pénétrer dans ta chair
en nageant
m’y mordre
et me posséder
tout perdre
pour continuer
à vivre
dans une peau
humide et calme
comme une grotte

Me voilà parvenue jusqu’ici
maintenant je rebrousse chemin
ma voix en cage
muette

 


Une île de douleur – ( RC )


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Une frêle île flottante,
une barque malmenée par les vagues
chargée jusqu’à ras bord
d’abandon et de douleur.

C’est  une partie de pays
mise en quarantaine,
qui espère un jour
retrouver la terre ferme.

Epuisée des orages,
abandonnée par le soleil,
à chaque jour son naufrage
une barque prisonnière du destin

Comme un oiseau dans sa cage
livré aux éléments,
c’est une île fragile
sur la route de l’exil

La route de l’inconnu
juste derrière l’horizon :
Empire de la douleur,
le ciel a perdu ses couleurs.

RC – oct 2016

d’après Louis Aragon   » Quarante »


Pierre Reverdy – Mémoire


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Une minute à peine
Et je suis revenu
De tout ce qui passait je n’ai rien retenu
Un point
Le ciel grandi
Et au dernier moment
La lanterne qui passe
Le pas que l’on entend
Quelqu’un s’arrête entre tout ce qui marche
On laisse aller le monde
Et ce qu’il y a dedans
Les lumières qui dansent
Et l’ombre qui s’étend
Il y a plus d’espace
En regardant devant
Une cage où bondit un animal vivant
La poitrine et les bras faisaient le même geste
Une femme riait
En renversant la tête
Et celui qui venait nous avait confondus
Nous étions tous les trois sans nous connaître
Et nous formions déjà
Un monde plein d’espoir

Pierre Reverdy

 

Les ardoises du toit,
: La plupart du temps (coll. Poésie/Gallimard, 1989)


François Corvol – mythologie 5


auteur non identifié

auteur non identifié

 

 

 

 

 

J’ai rêvé tant de vies dont tu n’as pas idée
je les ai toutes vécues je les ai toutes senties
j’en porte la trace et le bruit, les nuits
ne suffisent pas pour me remémorer
nul besoin de vivre dépareillé
de vivre loin d’oublier je les retiens
comme d’autres une cage dans la main
J’en ai rêvé tant dont tu n’as pas idée
et parmi toutes ces vies une seule
une seule m’est inconnue
celle-là qui te contient
elle n’est plus mon rêve mais le tien
celle-là même où tu remues


Tu ne me vois plus … ( RC )


 

 

peinture: Gabriele Münter paysage au mur blanc

 

 

 

Si c’est une feuille  d’automne,

Ou alors leur pluie,

Qui font cette nuit

Portée par des soubresauts du vent

Caprices d’un temps brouillé,

 

Les yeux ouverts  dessous

Où tout se confond,

La forme avec le fond

Le sable et la terre avec tes membres

Et les voix profondes

 

D’un hiver d’intérieur

La petite  bête  en toi

Tourne  dans sa cage

Elle cherche  son issue

A travers son nuage sombre

 

Pour de futures saisons .

L’or à tes paupières

Dira le récit

Sauvage à ton regard

Renaissance, en demains

 

Tu ne me vois plus …

 

Mais tu es là…  toujours,

S’il faut chercher  ton regard,

Qui se dit absence

C’est toujours lui

Que je porte en moi .

 

 

RC  – 4 juillet  2012

 

 


Sphère – bulle – cellule ( RC )



 

 

Il y a sans doute                un au-delà,
Que je ne connais pas,
Si je dépasse              les  frontières
De ma propre sphère

Mais pourrais-je un jour pointer mon nez
On dirait                       que je suis  condamné
De naissance ,                s’il me fallait visiter
Une petite partie de l’immensité .

Le regard                         opaque  et veuf
Je reste recroquevillé , encore            dans cet oeuf
Qui me nourrit,             mais me happe
Mais  m’interdit ,             que je m’en échappe,

Et qu’enfin,                              je décolle
Hors de la membrane     molle
A faire de la naissance
Voyage en  reconnaissance.

Sorti                          de ma coquille
Faudra q’mes yeux se dessillent
Qu’aux dangers nombreux,           je m’habitue
Et que je fasse face,                    sans  qu’on me tue.

Selon les pointillés                   , je vais découper
Mon épaisse peau,                           – faut pas se louper –
Pour respirer un peu,                 l’air du dehors
Risquant peut-être              une prochaine mort.

La cage est trop étroite,           j’aimerais tant savoir
Si j’peux m’échapper, un tant soit peu         du noir
Découvrir une terre,                     plus hospitalière,
Et s’il existe ailleurs,                 un peu de lumière…

J’envie les serpents,             quand ils changent de peau
Changeant de costume, pour se faire            plus beaux,
Ils bousculent l’avatar,           oublient leurs cauchemars
Et l’enveloppe  ancienne ,              qu’ils  laissent à l’écart.

Moi , je suis collé,             dans cette cellule
Que connaissent aussi                ,tous les enfants bulle
Je ne peux rien faire,                 pieds et poings liés
Me voila englué,                  éternellement  prisonnier…

 

RC  –  22 juin 2012

 

Sphere – bubble – cell (RC)

There is no doubt, somewhere a beyond,
I do not know,
If I exceed the borders
From my own sphere

But ,one day could I point my nose
It seems I’m doomed
From the birth, if I had to visit
A small part of immensity.

The look opaque and widowed
I still curled up, still in the egg
Who feeds me, but  grabs me
But forbids me, that I escape,

And finally, I take off
Out of the soft membrane
To make , with the birth
A travel in recognition.

Out of my shell
My eyes  will be opened
As many dangers, I’m getting used
And I do face, without anyone killing me.

Along the dotted line, I’ll split
My thick skin – should not miss –
For a breath, the outside air
Risking may be an upcoming death.

The cage is too narrow, I would like to know
If I can get away, a little bit out of the black
Discover a land more hospitable,
And if there is somewhere, a little light ,too…

I envy snakes, when they change their skin
Changing her costume, to make them more beautiful,
They upset the avatar, forget their nightmares
And the old enclosure, they leave apart.

I’m stuck in this cell
All bubble children are knowing
I can not do anything,hand and feet bound ed
Here I am stuck,       forever prisoner …

RC – June 22, 2012

peinture: Salvador Dali   : l’enfant géopolitique attendant la naissance de l’homme nouveau –   1943


Ombres -Contrevents – Lueur noire


photo: Benoît Lange – de son livre sur l’Abyssinie

Encore  ( ombres et contrevents)… le blog  d’Adelline

Tu marches les yeux baissés

pour protéger

la lumière

emprisonnée dans la cage des rêves

 

elle s’insinue  jusqu’en ta bouche

jusqu’en tes doigts

barrière de pluie  teintée 

du sang séché de ta mémoire

dis aux yeux ignorants

aveuglés

qu’ils te ressemblent

 

Je sais c’est parce que

tu la secoues ta vie

 

que les signes

tombent

aussi noirs

mais

 

 devront réveiller demain une aurore ensoleillée

 


Edith de Cornulier – Deltaplane


le rêve  d’Icare

-…

Deltaplane

à Siobhan H.

Ne plus jamais poser mes deux pieds sur la terre.
Ni herbe, ni béton, je veux mourir dans l’air.
Rêver, voler, nager dans le nuage bleu
Et les nuages blancs – enfin vous dire adieu.

Dans le champ de foin jaune à côté de la route,
Ma splendide auto rouge halète au soleil d’août.
Je me sens me confondre avec mon deltaplane :
J’ai des ailes et des larmes et je plane et je plane.

Ne plus jamais revoir l’humain artificiel.
Ne plus vous revenir, être un oiseau décent
Et au bout du voyage, expirer dans le ciel,
Une aile déchirée, le cœur-moteur en sang.

Pauvres tristes oiseaux qu’on a mis dans les cages !
Victimes de l’atroce et vil esprit humain !
Moi, j’ai pu m’échapper pour faire un long voyage ;
L’engin volant tiendra jusqu’au petit matin.

Alors le deltaplane épuisé tombera,
Alors je coulerai dans la tombe océane.
J’ai quitté les cités et les humains d’en bas,
J’ai des ailes et des rires et je plane et je plane.

Edith de CL, été 1999


le bois des mots ( RC)


une  réponse  à

 

« De quel bois  sont faits les mots »

 

 

pub anti-cancer

 

Si les  mots  se refusent          à lui
Lesquels  ne coulent plus  de source
C’est dire  aussi,          le reflux, celui
De l’inspiration  arrêtant sa course

Des idées  ,      qui n’ont plus de sens
Le texte en dérive, partant à vau-l’eau
Ne résonne plus  que         d’absence
Quand le poète cherche  dans son stylo

Le temps qui s’est arrêté.           L a fluidité
De l’écrit et des motifs qui s’enchaînent
Au naturel,                         et sans difficulté
Et que        nul questionnement ne freine…

Il n’est même pas  question de talent
Celui dont la pensée, veut le partage
Ira toujours ,                 porté  en avant
Ne faisant pas ,des phrases en friche, une cage…

 

RC           10 mai 2012

 


Nadia Tueni – En montagne libanaise


photo perso: montagne du plateau de Lassithi ( Crète)... n'étant jamais allé au Liban... mais je suppose qu'il y a - dans la sécheressse, - des points communs

A la découverte  ( en voletant  cueillir  du pollen ), l’abeille  que je suis  découvre « encres du monde », – de Claire-Lise

dont j’extrais ce  beau texte

En montagne libanaise, un poème de Nadia TUENI (Liban)

———

Se souvenir – du bruit du clair de lune,
lorsque la nuit d’été se cogne à la montagne,
et que traîne le vent,
dans la bouche rocheuse des Monts Liban.

Se souvenir – d’un village escarpé,
posé comme une larme au bord d’une paupière ;
on y rencontre un grenadier,
et des fleurs plus sonores
qu’un clavier.

Se souvenir – de la vigne sous le figuier,
des chênes gercés que Septembre abreuve,
des fontaines et des muletiers,
du soleil dissous dans les eaux du fleuve.

Se souvenir – du basilic et du pommier,
du sirop de mûres et des amandiers.

Alors chaque fille était hirondelle,
ses yeux remuaient, comme une nacelle,
sur un bâton de coudrier.

Se souvenir – de l’ermite et du chevrier,
des sentiers qui mènent au bout du nuage,
du chant de l’Islam, des châteaux croisés,
et des cloches folles, du mois de juillet.

Se souvenir – de chacun, de tous,
du conteur, du mage, et du boulanger,
des mots de la fête, de ceux des orages,
de la mer qui brille comme une médaille,
dans le paysage.

Se souvenir – d’un souvenir d’enfant,
d’un secret royaume qui avait notre âge ;
nous ne savions pas lire les présages,
dans ces oiseaux morts au fond de leurs cages,
sur les Monts Liban.


Charles Coutarel – Osmoses


peinture–fresque – Desiderio hernandez Tlaxaca – Mexique

Voila un écrit ancien de Charles Coutarel, qui m’a indiqué  son site où il regroupe ses productions de  1981 à 1991


m’enivrer d’airs
et d’eaux
apprendre l’oiseau
sans la cage
frissonner ô nouveau
ne rien attendre
davantage
sinon le chant
des mots
la magie
du sage
la musique du monde
la présence de la marge

OSMOSES
Ch. Coutarel, 24.11.87
check point Charly Il

dessin perso 2009: oiseau des îles Salomon musée du Quai Branly Paris

sculpture: oiseau des îles Salomon


Muhammad IQBAl – dialogue


DIALOGUE

DIEU.

J’ai fait ce monde d’eau et d’argile !

toi tu as fait l’Iran, la Tartarie, le Zanzibar.

Avec de la terre j’ai fait l’acier ;

toi tu as fait l’épée, la flèche, le fusil,

tu as fait la hache pour l’arbre de la prairie,

tu as fait la cage pour l’oiseau chanteur.

peinture - Philppe Baret cage 2007

L’HOMME.

Tu as fait la nuit, moi j’ai fait la lampe.

Tu as fait l’argile, moi j’ai fait la coupe.

Tu as créé les déserts, les vallées, les montagnes,

moi j’ai fait les parterres, les jardins, les roseraies.

Moi, de la pierre, j’ai tiré le verre

et, du poison, l’antidote.

Muhammad IQBAl