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Génie du verre ( RC )


Photo Anders Petersen:  tomorrow  started

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Génie du verre

 

 

 

Il est un génie,
Qui surgit ,
Au fond  du verre de whisky,

Lorsque le froid descend,
Comme une  chape de plomb,
Sur la ville et le portrait de Marylin,

Se dopant aux amphétamines,
….Et la musique  titube,
Avec elle, se déchire,

La voix de Joplin,
( Janis pour les intimes )
Les cheveux sales au matin livide,

Les pavés retiennent encore la nuit,
Aux façades, les traînées de suie,
Les fils électriques, et leur calligraphie,

Une journée  va encore  brûler,
Les vêtements tremblants commencent à puer,
Et la bouteille est vide…

RC – 4 septembre  2013

voir  sur même thème cet article…

ainsi que le texte  d’Edith,  dont je suis parti pour  en faire  « l’écho »…

et mon auto-traduction…

Here is a genius,
That arises,
In the glass of scotch

When the cold descends
As a lead blanket,
On the city and the Marilyn’s portrait,

Doping with amphetamines,
And the music …. staggers,
With her, tears away,

The voice of Joplin,
( Janis for short )
Dirty hair in  livid morning,

The cobblestones still catches the night
Soot trails , on the facades,
Electrical cables, and their calligraphy,

A day will still burn,
Trembling clothes start to stink,
And the bottle is empty …

 

Résultat de recherche d'images pour "janis joplin portrait" Janis Joplin – dessin Cindy-jo Dietz


Christophe Sanchez – une respiration


60 draps571917.jpgOn retrouvera des lettres entre les draps, dans une armoire normande au bois vermoulu. Dans la chambre où la poussière a figé le temps, on traversera en quelques pas des années de silence. Contre le mur, calé par des livres de papier jaune, le grand bahut nous craquera sa vérité enfouie. Il faudra de la patience pour ouvrir l’armoire à la serrure grippée. On insistera. La clef en laiton fera des tours perdus à l’angoisse de la découverte. Les battants finiront par céder dans un frémissement. Sur les étagères, des piles de linge viendront sous nos yeux disperser les lunes, dévoiler des années d’intimité au jour neuf.
On retrouvera des lettres entre les draps de lin pliés au carré. Avant le brin sec de lavande, le flacon d’huile essentielle de cèdre, un reste d’odeur humaine. Des lettres oubliées dans les plis du passé, à l’abri du regard de l’autre. Cet autre à qui on a caché les mots. Sur les enveloppes, on admirera la calligraphie, les hautes jambes des lettrines, les vieux timbres et les dates évoquées feront passer le siècle pour une respiration.

Christophe Sanchez


Le temps rit de toutes ses dents – ( RC )


120603-jrmora-Votantes

Le temps rit             de toutes ses dents ,
appelle la calligraphie mobile des arbres,
le hennissement des chevaux
et l’éternuement des nuages .
           ( toujours pressés, ceux-là ! ) .

Les hommes se sont un jour
approprié le paysage,            en traçant
de longues pistes, cultivant jusqu’au fleuve.

Pour marquer leur emprise,
         ils ont construit un temple,
          aux lourdes pierres, abritant
l’esprit des dieux,             pensant
dialoguer avec l’éternité.

Mais on ne l’a pas à l’usure.
La lune brille toujours entre les branches.
Oui, ce sont d’autres branches,
et d’autres arbres.
Et d’autres hommes sont passés,

ont vécu,             puis sont partis,
abandonnant leurs dieux ,  coincés dans les sanctuaires.
                               Désormais vides de prières.

Les statues regardent dans le vide,
( ou plutôt leur regard s’est voilé ) ,
           couvert de mousses.
          La jungle a repris le dessus :
>                              la nature a horreur du vide.

 

RC – avr 2016


Rétrécissement – ( RC )


End Of The Earth.jpg

C’est une région qui s’éloigne, se rétrécit.
Le sol a commencé par se déssécher, se fendiller,
puis des failles plus profondes se sont ouvertes,
des arbres ont basculé, créant un moment
des ponts entre les lèvres de plus en plus écartées.
Des morceaux de terre se sont séparés,
comme lorsque la banquise se libère de la tenaille du froid.
Parfois la moitié d’un immeuble se poursuit
sur l’autre rive.
Il y a eu des effondrements,
suivant la calligraphie des fissures.

et le caprice des coutures –  petit à ,petit, elles lâchent ,

Les rivières se sont vidées, se perdant entre les écailles
des collines, et leurs pierres usagées.
Des groupes humains en regardent d’autres,
massés sur les berges, qui s’éloignent inexorablement.
Personne n’essaie de les rejoindre,
comme si c’était dans l’ordre des choses.
Il se peut que ce soit un voyage
qui nous emporte de l’autre côté du monde,
non pas derrière l’horizon,
mais vers une destination où tout se recompose.
Déjà la lumière vibre à travers les têtes.
Nos voix ne sont plus les mêmes.
On oublie vite le langage,
et on s’accroche à ce qu’on peut.


RC – mai 2016

 

 


La ligne s’est mise à chanter – ( RC )


dessin – Henri Matisse modèle de dos

Enroulée sur elle même,
La ligne s’est mise à chanter,

S’inscrire en spirales

Sortir de la page,
Partie au loin,
Echappée avec Klee,
En petits signes,
Appuyés sur la couleur
Pour y revenir,
Encore plus libre,


En arabesques,
Autour des odalisques.


Matisse,
Joue de ce qui s’ouvre,
Des bords des visages,
Le dessin y invente,
Un regard, un sourire,
Une calligraphie du corps,
– Il danse,
En quelques traits posés
Les échos de ses courbes,
Et s’offre sur l’espace.

RC- janvier 2014

Dessin-peinture: Paul Klee – la chapelle


Quatre ans déjà – ( RC )



 

Et toi, saupoudrée d’encre,         ta page,     celle qui m’est destinée,
suivant des parallèles,          avec ces boucles calligraphiées,
parfois un peu tremblantes…..     je pensais aussi aux temps,
où il fallait nourrir la plume métallique,
d’encre violette – (        elle y laissait aussi des reflets mordorés) .

Le fil des récits de ta vie là bas, accompagné de minuscules  éclaboussures
– la résistance du fil du papier –
sous la lumière vacillante du chandelier, arabesques  s’envolant,
se liant en fantaisie.                   Tu y joins un pétale de rose.

L’écriture appliquée,          court ainsi sur  plusieurs feuillets, régulière,
et les mots sur la page, posés sans effort,
….ce qu’il faut en quelque temps pour te dire,        fluide et posée.

Et si la place vient à manquer, resserrer les lettres,
introduire une remarque entre les lignes,
qui parfois s’échappe en travers, ou bien donne dans l’angle droit,
sur la marge.

Ces paroles, à défaut de les entendre,    nourries du geste souple de ta main,
conservées telles  quelles,   dans ta missive,
pliée en trois dans une enveloppe,       couleur saumon,
ouverte par sécurité,                                                              dit-on.

Et les premiers mots de notre fils, les boucles hésitantes des mots gravitant
entre la rigidité des lignes grises , accompagnant le dessin d’un bonhomme  tétard,…
çà doit être moi…
il y a écrit  « Papa »…    premiers mots à franchir les murs de la prison.

Quatre ans  déjà.

 

RC- 12 septembre 2013

 

 


Fabienne Verdier Calligraphe ( RC )


 

A l’apprentissage
du labeur quotidien
haiku , l’air de rien

Science – infuse ?
sur la page vierge
le geste fuse

Gestes libres
Poignet en mouvements
Effleurement de page

Le pesé, le léger
Le pinceau, la main
Le rapide, le retourné

Mes mots sont mon encre
Et mon encre mes mots
Graphie sans retour

Grains de surface
Calligraphie – l’unique
Poème d’encre

Passagère du Silence…

 

RC    –  2 avril 2011

 

—  voir aussi les  articles consacrés à F V  dans les  carnets  de JLK ( Jean-Louis Kuffer)

 

 

 


Dessin – enfances d’écriture (RC)


L’enfance du dessin ,          – et l’écriture est un parcours, , vagabonde,

Figures  et boucles, calligraphie orientée

Plaines et déliées…

La plume indique son chemin à l’encre, portée par le geste..

Et sur la page vierge, les signes qui s’y déposent

Son autant de traces  d’intentions, qui attendent.

Attendent, l’attention du lecteur

Cy Twombly   –  Apollon

Celui qui écrit  est un homme perdu dans une épaisse forêt blanche,

qui, avec le mouvement  de sa main, , se fraye un chemin à travers la densité du vide.

S’extrayant de l’anonymat   – le fil conducteur de la trace  d’encre,

C’est un tracé  ténu , une  voix d’encre  posée ,

où les lettres vagabondent et sautillent…

Gouttes tombées, pluie de lettres, embrouillamini des majuscules , ratures  et gommages, c’est sur la plage de papier que dansent  les mots et intentions.

calligramme Hendrix  ( hey Joe)

On pourrait les imaginer,  avoir leur propre vie, être prolixes en variations,  se lire dans des orientations aléatoires, comme fantaisistes…  – ou se modifier  la nuit  tombée  en d’autres  assemblages.

Ainsi je me rappelle, ma fille, petite, – comme une jeune  actrice – imitant l’attitude  du lecteur, mais prenant le journal à l’envers.

L’écriture  est vagabonde,   la lecture  a son sens, qui parfois  échappe  à celui qui…

l’écriture s’invente de nouveaux chemins….

Le pinceau du chinois, a soudain changé  sa courbe,  aplatie et grasse, le noir est devenu ténu aérien, puis s’évapore…  Le net est devenu question, et l’encre – peut-être  sympathique –  a nargué le visible…

L’écriture reste au dessin, la fille         – et le dessein.

RC  8 mai 2012

 

Que  je complète  avec  Claude Chambard ,avec   » Cet être devant soi « 

 

 

 

Le crayon est le chemin par lequel je peux parcourir le monde. Il me faut y arriver vivant. Ce n’est pas une mince affaire. J’ai toujours pensé que, dans le livre, le monde ne pouvait être vu qu’à hauteur d’enfance. L’écriture commence & prend fin dans une classe de cours préparatoire, pour toute la vie & pour tous les livres, dans toutes les bibliothèques. De même la lecture. Manipulations, transgressions, interprétations, variations —— archaïques. Encre violette & papier réglé à grandes marges, encrier en porcelaine, plumes Sergent-Major, buvards publicitaires… Apprendre à dessiner — les caractères — apprendre à dessiner — les traits portraits &c. — lisibilité, blanc, équilibre, approche, chasse, ce qu’on ne voit pas permet ce que l’on perçoit — comme on oublie la ponctuation lorsqu’elle est juste, lorsqu’elle va de soi la lecture va de soi — l’écriture jamais. Ton corps est dans le livre, personne ne le voit, même pas moi, mais je le reconnais, aussi les oiseaux dans le ciel & le corps des écrivains dans leur écriture.

pour Pascal Quignard

 

Claude Chambard, extrait de Cet être devant soi , Æncrages & cie, 2012.