voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “calvaires

Poppies – (Susanne Derève) –


Vincent Van Gogh – Champ de coquelicots –
Ne crois pas que les coeurs s’éteignent
Poppies   coeurs charbonniers    

le vent s’en joue et les malmène
froisse leurs pétales à regret   
     
Ainsi agaçait-il les jupes rouges 
des filles  le vent 
avec ses ailes bleues de paon 

feu follet sur la lande palpitant sous la boue 
et la nuit comme un cierge
brûlait à nos genoux   

Lande brune de bruyères et d’ajoncs
croix des calvaires jaunies de mousses
la pierre sous nos doigts était douce 

et les lointains noyés dans les brumes d’été 
résonnaient de la mer  la grande Ourse de sel  
sur les sables déserts

Poppies  
ne crois pas que les coeurs s’éteignent
Là où les champs de blés essaiment leur butin 

on voit parfois des fleurs aux croisées 
des chemins    un sanglot rouge    
que noie le vent marin







 



Xavier Grall – Solo


 

 

 

Chapelle  Méné  Bré   520.jpg

 

photo perso  . Le Méné-Bré   2011

 

Seigneur me voici c’est moi
Je viens de petite Bretagne
Mon havresac est lourd de rimes
De chagrins et de larmes
J’ai marché
Jusqu’à votre grand pays
Ce fut ma foi un long voyage
Trouvère
J’ai marché par les villes
Et les bourgades
François Villon
Dormait dans une auberge
A Montfaucon
Dans les Ardennes des corbeaux
Et des hêtres
Rimbaud interpellait les écluses
Les canaux et les fleuves
Verlaine pleurait comme une veuve
Dans un bistrot de Lorraine
Seigneur me voici c’est moi
De Bretagne suis
Ma maison est à Botzulan
Mes enfants mon épouse y résident
Mon chien mes deux cyprès
Y ont demeurance
M’accorderez-vous leur recouvrance ?
Seigneur mettez vos doigts
Dans mes poumons pourris
J’ai froid je suis exténué
O mon corps blanc tout ex-voté
J’ai marché
Les grands chemins chantaient dans les chapelles
Les saints dansaient dans les prairies
Parmi les chênes erraient les calvaires
O les pardons populaires
O ma patrie J’ai marché
J’ai marché sur des terres bleues
Et pèlerines
J’ai croisé les albatros
Et les grives
Mais je ne saurais dire
Jusques aux cieux
L’exaltation des oiseaux
Tant mes mots dérivent
Et tant je suis malheureux
Seigneur me voici c’est moi
Je viens à vous malade et nu
J’ai fermé tout livre
Et tout poème
Afin que ne surgisse
De mon esprit …./

 

( début du long poème  « Solo »…  ed Calligrammes )