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Camille Loty Malebranche – Van Gogh


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V G  : champ aux fleurs de maïs

Van Gogh,
Tel le champ de blé aux corbeaux,
Tu es une lande, une source dont je voudrais être l’oiseau ivre.
Et, comme le peintre excentrique, je t’offrirais volontiers mon esgourde
Pour savourer ta voix d’éther, rubis de sang,
Sève-brise de ma verdeur de Myrte multicolore,
Ta voix ! Refuge contre les loups anthropomorphes !


Camille Loty Malebranche – Picasso


P Picasso – femme se lavant  (  et une occasion pour  aller  sur le blog  abondant en reproductions  photographiques  et peintures de DantéBéa)

Picasso,
Comme le gigantesque Guernica en exil,
Mon cœur s’exile en tes murs ; et, rien que par ta fêlure de femme-échancrure,
Je suis force sidérale, comète vivante et charnelle
Soleil renouvelé qui te contemple !
Ah ! Ta dévorante flamme, féminine ardeur des idylles, saillies chaudes, érectiles
Toi ! Reine des mille et infinies brisures !
Mère des aurores, de corps et de cœur,
Tu travailles ma transe à tes portes d’ange-luxure
Luxuriance des vrilles incarnates, danses vulvaires
Tu es pégase des passions qui fracassent, forces jouissives, éjaculatoires
Comme le clair-obscur de Rembrandt
Tu bricoles le mystère d’extase, envergue mes traits à tes espars spumeux de vague
Comme Matisse, tu es fauve qui dévore mes sens
Et tu happes mon ceps dans ta valse envoûtante,
Ah ! Ton aura de lune, quasar sanguinolent des mers galactiques
O ! Perle prenante, obsédante, poignante incarnation-pulsar de ton corps en rut.

***

Ceci est l’ extrait final d’un poème assez long  consacré  aux  artistes.

voir la page  sur ce poète:


Camille Loty Malebranche – Le café


photo: Tom Arndt

Il boit, frissonne au fantasme fumant, matinier,
Sable la source d’aube en sa tasse-rosée
Voyage sur la vague d’un nectar
Et se fout du foutre des ivresses de sang de la terre violée, soleil scalpé où hiberne le ciel,
Se moque des hommes-fauves et chapeaux de fer !
Il vide sa tasse ! Le café est son coin, sa boisson !
Et il en offre à tout venant ; si vous avez le cœur dans la lumière du chant,
La grande tasse de café torréfié, liquéfié, est offerte à vos lèvres !
Il boit et offre le pur café noir du percolateur,
Sirote l’amour, se désaltère d’amitié
Le café est son coin favori, sa boisson favorite !
Et avec ses amis, il se tonifie du café du matin qui réveille pour le jour et pour l’action,
Il vide, vide des tasses d’entrain, laissant aux sans cœur, le marc du superflu,
Mésalliances des vices et des vertus ! Car sur la chair vive, personne sans personnages,
De l’amitié rouge dans le vrai, belle à la vie, perçante dans la vigie, blanche en la pureté, emmétrope en ses diaprures d’Argos et d’âme
Il s’excite du philtre, au filtre du coeur en ses azurs, et par le pur café tonique qui garde éveillé le veilleur,
Puisqu’il aime le fort et le pur,
Il dédaigne les cafés crème !


Camille Loty Malebranche – Désenchantement


peinture: Franz Kline: De Medici 1956

peinture: Franz Kline:         De Medici 1956

Désenchantement

Je me suis réveillé
Au cœur d’un monde
Colosse de mirage, empoigné de déroutes
Exhalant l’odeur âcre, méphitique
De nos ordres chaotiques, imprégné de malheurs
Et l’entêtement des bonheurs artificiels

Je me suis réveillé
Et je n’ai vu que la lourdeur de nos gestes et l’interaction de nos maux
Jonglerie maniaque pour nos spartiates désabusés,
Nos fauves anthropomorphes, anthropophages

Je me suis réveillé
Au cœur d’une terre vacillante, entropie ténébreuse
Aux baraques sanguines des mers guerrières.

Et le sang qui gicle dans son tourbillon
Disque d’accrétion létale, patibulaire
Au sens contraire des rotations de la terre,
Dément les soleils faux de nos chartes balisées de noirceurs intestines

Et malgré l’évolutive odyssée temporelle de l’histoire aux avatars et du progrès,
Piétinent nos vœux, pataugent les pas sans marche, traîne-savates, démarche abjecte
De l’homme, phylum de nains, d’avortons
Hibernent les étoiles, soleils scalpés ;
Et les ères génitrices où la terre s’est faite mère,
Au firmament de nos œuvres, accouchent de tertres mortuaires, tremplin mortel
Aux dépouilles de l’homme, aux débris de l’humain

Ah ! Voûtes géantes, spectrales de nos actes ! Charnier homicide de l’action !

L’espace ne brille
Que des ténèbres humaines ;
Et la vie et le souffle – hymne christique
Profanés par nos fronts cogitants

Champs arides, xérophiles des balourds
Ignorent l’esprit, immanente semence
Poussent des mutants où l’ivraie des ivresses criminelles s’abreuvent d’Âme et de Sang !

Ô ! Malheureuses épines des noires mémoires !
Des moires !
Que de visages de parque
Au miroir atomisé des virages
A l’image brisée des ombres !
Ah ! Geignent les faces fragmentées
Du temps et de l’absence !


Camille Loty Malebranche – La lune danse sur le parvis de ton corps


image: Laurent Laveder – Telegraph

 

 

La lune danse sur le parvis de ton corps
À ton front visage emblème brun
Chantent les ivresses de lune de la nuit marine
Sur la plage de tes vingt ans au sable des Caraïbes
Tu réponds à la lune, lumière contre lumière !
Astrale et provocante, ton corps lunaire
Contre mon corps, envoûte les vagues des houles océanes.
Tu es l’urne des diamants stellaires au cœur des univers…
Tu es le pétale d’aube au crépuscule marin
Ah ! Ton corps de lune charnelle au charme crural déchirant…
Ah ! Ton corps de sang luné aux pores nocturnes…
Ta chair en transe enrobée de lune !

 

Camille Loty Malebranche

 

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