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Articles tagués “caresse

Bassam Hajjar – tes mains contiennent mon corps


 

 

 

 

Petites sont tes mains, mais elles contiennent mon corps tant il s’est amenuisé,

tant tu es présente dans mon absence.

 

Je n’ai pas peur à présent qu’un rêve gris m’emporte vers un gouffre sans fond, je sais que la paume de ta main droite m’ouvre une porte vers le double de la lumière, et que mon visage conserve, comme un embrasement, le contact de ta paume gauche.

Étais-je absent à ce point ? Je veux dire que je ne trouvais personne pour me conduire vers mon sommeil. (…)

peinture:    Nikewen

Il a suffi que tu soulèves, d’une caresse, le marbre du lourd sommeil. Et que tes mains m’emportent, pas tant que ça, juste à la mesure à laquelle je vis. Il a suffi que tu essuies mes lèvres du bout de ton index pour que parler cesse de me faire souffrir.


Lambert Savigneux – lueur


lueur

 

 

 

 

visible  dans  sa page Lamazezen)

septembre 10, 2011 by | 3 Comments

deux lueurs

à l’étoile

l’une transperce le néant tandis que l’autre la caresse

une seule lumière

le moment et le ciel

vibre

un seul ciel toi et moi

des deux cotés de l’étoile

réunis par la distance

photo de Richard Mitchell:                  visible sur le blog Touching light


José Gorostiza – mort sans fin – extr 01


 

 

O, quelle joie aveugle,
Quelle soif d’utiliser à fond
L’air que nous respirons,
La bouche, l’oeil, la main.
Quelle démangeaison vive
De dépenser tout de nous-mêmes
En un seul éclat de rire.
O, cette mort impudente, insultante,
Qui nous assassine de très loin,
Par delà le plaisir d’avoir envie à mourir
D’une tasse de thé…
D’une petite caresse.

***

… ce mourir entêté et incessant,
cette mort vivante,
qui te poignarde, ô mon Dieu,
dans ton travail rigoureux,
dans les roses, dans les pierres,
dans les étoiles indomptables,
et dans la chair qui se consume
comme un feu de joie allumé par une chanson,
un rêve,
une nuance de couleur qui attire l’oeil,

… et toi, toi-même,
tu es peut-être mort depuis une éternité, là-bas,
sans que nous le sachions,
nous qui sommes des résidus, des cendres, des fragments de toi ;
toi qui es encore présent,
comme une étoile cachée par sa propre lumière,
une lumière vide sans étoile
qui vient à nous,
camouflant
son désastre infini.

peinture:         A Manessier:        Passion

(Mort sans fin)

 


Vêtement de rosée ( RC )


Une pause en prose,

En vêtement de rose

Habillé  seulement  de rosée

Et d’un vent frais  –  et osé,

C’est un voyage tendre

A celui qui sait attendre

Une caresse déposée

 – Le fruit de tes baisers…

 

 

RC  23 septembre 2012


Eugénio de Andrade – J’entends courir la nuit


Eugénio Andrade – J’entends courir la nuit

J’entends courir la nuit par les sillons

Du visage – on dirait qu’elle m’appelle,

Que soudain elle me caresse,

Moi, qui ne sais même pas encore

Comment assembler les syllabes du silence

Et sur elles m’endormir.


D’Reality – L’inévitable évidence


Voir le blog récent de D’Reality

peinture: Marlène Dumas - qui a eu une exposition importante à la dernière Biennale d'Art Contemporain de Lyon

L’inévitable évidence

février 21, 2012 in Du Velours et du Satin |,

En un instant je suis là, nue sous la pluie. Perméable au désir. Sans armes face à l’inévitable évidence.

En un instant, tout est compris, sans armure et sans peur. Les sens en éveil au silence, à la nuit.

Ce soir, les forces s’affrontent et nous épargnent leur lutte. Nous sommes hors du temps, là où le réel n’a pas d’emprise, là où se cacher est dérisoire, là où le mensonge est démasqué.

Nous sommes nus face à l’illusion. Plus présents que jamais.

Le corps comme seul carte, comme seul chemin. Sans obligation ni devoir, à l’instinct, à l’écoute… l’œil qui se perd et s’oublie. La main tendue sans attentes. Le frisson perdu sur la peau. Tout est neuf et tout est beau comme le secret éclos sous la caresse. Comme la vérité s’illumine à la vie.

Dans un souffle la clé du temps ouvre la porte et tout est comme avant, et rien n’est plus pareil. Dans nos yeux, l’élégance du silence… sans espoir ni oubli.

peinture: Richard Diebenkorn: l'homme à la fenêtre 1958, - à noter que ces deux reproductions proviennent du très beau blog de Weimar, qui associe art, photographies, par thèmes, vivement conseillé à la visite


Eugene Durif – L’étreinte, le temps- 08


installation artistique  » délimitations

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La peau sentie contre les lèvres

douceur bue et toute honte,

la douceur de l’ oubli qui ne peut venir

fermer les yeux.

 

A tout instant, je crois te serrer contre moi

et te voir comme si je voyais au premier jour.

Paroles qui n’en finissaient pas dans le noir,

je te parle

et ce moment ou nos mains l’ une contre l’autre,

tendues l’une en l’autre à jamais.

 

( Ce jour là)

Et je t appelle et crois te saisir,

l écho de ton nom dans toutes les pièces vides.

(.J’ai senti sur mon visage les étoffes, caresses d absence,

dans l’armoire où sont tes vêtements et le parfum dessous)

Et je crus te serrer dans la blancheur de ce jour de novembre;

crevais te serrer contre moi, ce n’ étaient que mains qui s effleuraient dans le pauvre jour, à peine s effleuraient et ce sourire tout à coup d’humanité.

 


Patricia Ahdjoudj – La nuit a d’étranges frissons


 

 

peinture perso. Partie de dyptique

 

 

 

La nuit a d’étranges frissons

Qui vous laissent les larmes aux yeux

 

L’amour a d’étranges secondes

Qui vous laissent la glace au cœur

 

Ses mains ont d’étranges audaces

Qui me laissent le cri aux lèvres

 

Sa voix a d’étranges caresses

Qui me laissent la fièvre au corps

 

Le ciel a d’étranges tendresses

Qui vous laissent les bras tendus.


Ivan V. Lalic – Lieux que nous aimons


peinture: Chardin: cruche, verre et eau 1760

 

 

Lieux que nous aimons

Les lieux aimés n’existent que par nous,

 

L’espace détruit n’est qu’apparence dans le temps durable,

Les lieux aimés nous ne pouvons les abandonner,

Les lieux aimés ensemble, ensemble, ensemble.

Et cette chambre est-elle chambre ou caresse,

Et qu’y a-t-il sous la fenêtre : la rue ou les années ?

Et la fenêtre n’est-elle que l’empreinte de la première pluie

Que nous avons comprise, et qui sans cesse se répète ?

installation: E Kienholz 1964 l'anniversaire

 

Et ce mur n’est-il pas la limite de la chambre, mais peut-être de la nuit

Où le fils vint dans ton sang endormi,

Le fils comme un papillon de feu dans la chambre de tes  miroirs,

La nuit où tu eus peur de ta lumière.

Et cette porte donne sur n’importe quel après-midi

Qui lui servit, à jamais peuplé

de tes simples mouvements, lorsque tu entrais

Dans ma seule mémoire, comme le feu dans le cuivre;

Quand tu es absente, derrière toi l’espace se referme comme l’eau ;

Ne te retourne pas : il n’est rien en dehors de toi,
L’espace n’est que temps visible d’autre manière;

Les lieux aimés nous ne pouvons les abandonner.

 

Ivan V. LALIC   « Temps, feu, jardins »  (Éd. Saint-Germain-des-Prés, 1973)

photo perso 2004 - Languedoc


Arthemisia- Le Jardin suspendu


La parole  chante aussi bien que l’âme et corps  chez  Arthie, dans une  de ses publications anciennes, que je me permets  d’accompagner  à mafaçon avec un de mes  peintres  « phare » Clyfford  Still-

qui a maintenant un musée  consacré  à son oeuvre  à Denver...

(grand peintre  expressioniste abstrait américain, dont je  conseille vraiment une vue  en « réel » ).

 

voir aussi le  bel article  sur l’expressionisme  abstrait sur http://ecoledeny.blogspot.com/

 

peinture; Clyfford Still

 

 

 

 
Toi qui parles les secret des couleurs de mes nuits
 
 Toi dont les doigts chantent le long sommeil qui fuit
 
 Toi qui sais les urgences de toutes mes galaxies
 
 Toi le naufrage, le vent et la mer en furie
 
 Toi la forêt des gestes d’une attente accomplie
 
 Toi qui habilles l’ombre jusque dans mes midis
 
 Toi le fieffé truand, le blouson noir, l’ami
 
 Toi qui violas la mort pour capturer la vie
 
 Toi le riche trésor d’un verbe qui jaillit
 
 Toi la caresse interne, le regard qui se dit
 
 Toi l’homme du présent que le temps me dénie
 
  
Je te cherche
Où es tu?
 
Ô toi mon tournesol, mon jardin suspendu…
 
Copyright © Arthémisia – février 2008
j’aurais  pu, vu les  dernières lignes, choisir Van Gogh,  mais  je sais  qu’Arthie aime particulièrement  les variations  d’orange

Jean-Jacques Dorio et son hommage à Mirò – 2 – LE CREPUSCULE AUX DOIGTS DE ROSE


Miro, Constellation 21
Le crépuscule rose caresse les femmes et les oiseaux

LE CREPUSCULE AUX DOIGTS DE ROSE

LE CRÉPUSCULE ROSE CARESSE LES FEMMES ET LES OISEAUX
Les oiseaux sont des flammes qui raniment le printemps
Le printemps en hiver sous l’amandier sans fleurs
Cent fleurs et mille épines qui déchirent nos vies
Nos vies à l’eau de rose à l’eau de purin à l’eau de vie
L’eau de vie où la part des anges n’est pas faite pour les chiens
Les chiens qui lèchent nos arpèges et nos mains que caressent le concert des Constellations
quand le crépuscule est rose
et caresse d’un geste auroral
les femmes et les oiseaux

du blog poétique  et inspiré d’art  de Jean-Jacques: 


Arthémisia: – Au Bord de l’explosion


 

Elle descend.
Elle tombe, lourdement, fluide épais et visqueux, fuel bleuté et métallique.
Sa couleur pourrait être froide mais sa consistance dit le contraire. Elle fraye avec la caresse.
Elle se tord autour de tous les objets, autour de toutes les images.
Elle entortille, emballe, lace de ses bras fluides et lisses, de ses jambes accortes, enrobe de ses sucs, enrubanne de ses étoffes sombres. Tout est soudain cadeau, merveille orientale, Taj Mahal, mirage.
 
La pacotille déposée sans grâce sur la commode brille d’un éclat adamantin.
 
Les tissus amollis sur les tommettes en capturent honteusement les rougeurs provençales.
 
Les couvertures des livres se raidissent dans le cavagesque repère orthonormé de la bibliothèque et jouent un mikado d’ombres à la parade. Gauche – droite ! Gauche – droite ! Rectifiez la position, braves petits soldats de papier…
 
Les nus suspendus au mur, s’incarnent en hauts reliefs chryséléphantins. Ils résistent inertes mais j’entends déjà leurs cœurs battrent. Je ne cherche pas d’explication. Ils sont de ma chair.
 
Le rideau pacifique ne remue que d’un silence éteint et le drap crayeux prolonge ton corps endormi en vagues laiteuses sans écume. Où nages tu ?
Les deux chaises 1900 se parlent-elles ? Seuls les ans le savent. Trouvées sur un trottoir, elles poursuivent leur duo secret auquel je n’ai pas encore eu accès. Serai-je déshonorée si je vous dis que mon imagination rose leur invente des histoires d’Amour pas toujours romantiques ? Vous m’avouerez : que pouvaient elles bien faire là où je les ai trouvées à part racoler?
Me voilà proxénète.
Ce soir, j’ai faim.
Les lèvres entr’ouvertes de la nuit me nourrissent.
D’une sérénité au bord de l’explosion.
Copyright © Arthémisia – juillet 2007
Accompagnement peinture            : Mark ROTHKO – Rouge, blanc et brun
A noter  que beaucoup de ces toiles  dans ces tons  brun et rouge  sont  présentées  à la Tate Modern  de London

Angèle Paoli: All blues


 

 

Article inspiré  de la page  de blog  de  http://lebontempsdelavie.centerblog.net/

qui inévitablement  fait penser  au célèbre disque  de Miles  Davis  en Quintet,  « Kind of  Blue », qui a  marqué  durablement  l’histoire du jazz

 

L’Azur se courbe

et devant ton œil

bleu déclin

le baume cerisier blanc

de tes caresses

savamment décline

sa rhapsody

blue

strompin’ at the Savoy

le pianiste

aux doigts de cristal

étire

de Bessie les langueurs

désirables

et pianote

tempo blasé

les notes désenchantées de saveurs

oubliées

le blues le blues le blues

ronge ton âme esseulée

songe songe songe

à la lenteur du temps

qui s’écoule

se délasse et s’enlace

en cet instant

tandis qu’au ciel glisse

un long goéland

et qu’au firmament

passe la trace

ardeur de tes rêves

brûlants

Angèle Paoli

kind of blue