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Sur le fil, d’une rencontre invisible ( RC )


cirque de rocs. Montbrun, vallée du Tarn

cirque de rocs. Montbrun,       vallée du Tarn,              photo perso

Je suis  sur le fil,                                         d’un tracé invisible.
Il est  sous mes pieds,                               mais abrité d’ombre
Et de terres,                          croisées sous la coupe de l’hiver.
La mer y a habité,                      pesé de son poids de vagues
Contourné des falaises et des îles
Déposé son lit de calcaire,                              sous des ciels de plomb,
Avant que le sol ne penche,                               et que l’eau ne reflue,
Comme ont reflué les siècles, perdus dans la mémoire du monde…

Je suis  sur le fil,                         d’une rencontre invisible,
Où les pierres se confrontent,        les torrents se ruent,
Et les chemins s’enroulent,      sur les crêtes de vertiges,
Si nous allons de ce pas,                  sur la croupe ouverte,
Où la droite, n’a jamais  de prise, aux chutes des pentes,
De l’Aubrac aux Cévennes,      que parcourent, attentifs,
Beaucoup plus souvent,               vautours que goélands,
Au dessus des lèvres ouvertes,   des méandres du Tarn…

Ce ne sont pas les amours  splendides
Des légendes bretonnes,   marquées de la rage des pluies,
–                         Et des voiles qui claquent,
Au plancher  liquide, d’une mer grise,aux promesses de pêche
Mais le territoire,                      tourmenté de vallées profondes,
>           Disputant ses ombres  à la rudesse du causse,
Où de fermes de pierre,                              en vaisseaux désertés
Sont gardés de ruines  rocheuses,             les lèvres hautaines.

en  « réponse », à un texte  de Xavier Grall

ESCALE EN LEON
A Aline

Dans ma mémoire  blanche, seules chantent les pierres
de faux poètes ont dit mon pays joliment
je le dirai avec l`effarement de l`hiver
Ah les navrances en décembre des rivières et des moles !

Que ragent les pluies dans les carrières stridentes
que battent les vents dans les rades
que hurlent les toits et les pôles !

Nous irons plus haut que les fades
aurons des fureurs de goélands
dans la mouvance des

chantonneurs de la matière bretonne
rengainez vos guitares
les gabarres sur la mer créent des zones de sang

Dans les masures désertées nous prendrons des femmes cruelles
nous dirons les lèvres amères et les amours splendides

Finistère

Ici commence le monde et la musique du monde
les morts du Chili rêvent dans les villages
et crient
Il y a des Orients rêveurs dans les chaumes pourris
Il y a les loch des océans Pacifiques
Il y a des peuples et des nations dans la prairie

gorges du Tan,    photo perso

gorges du Tarn, photo perso


Debout au vent ( RC)


photo personnelle: Causse de Sauveterre  –    Lozère – le chêne blond

Les terres balayées,    griffées  des Causses neigeux,
chapeautés de gris vert,  c’est  en silence
Qu’elles  comptent les saisons
Et que les arbres en patience, marquent la distance

Secoués de notre absence, secoués de la main large
Du souffle froid régnant sur les domaines désertés
Là haut
Et , lui, recroquevillé en résistance

Le petit chêne blond au milieu des stries bleues
Des pentes grises, qui , d’une volonté tenace
Peut-être en prémonition de  visite
A refusé de laisser ses feuilles partir au vent…

Et accueille malgré tout la lumière

RCh  22 Janvier 2012

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pour info,  le causse  de Sauveterre, se situe en Lozère,  c’est un des plus grands  en superficie,  des grands Causses ( Larzac, Noir, Méjean )…   Le Sauveterre tient  son nom d’un petit village  du même nom,  à la  « verticale  »  de Ste Enimie,  bien connue  des touristes de passage. ( moins connaissent les  charmes plus austères  des  « hauteurs » )

plus  d’infos  en images:  c’est  sur mon blog parallèle, où je fais parler la photo  (photo-loz):

et ce texte est inspiré  de l’Ode au vent  de J Séné,

dont  j’ai  retranscrit précédemment une  de ses créations ( comme une apparition)

-complété le 3 juin 2012 après la lecture  du poème

de Jacques Delaveau: ( visible sur le site de Claude Ber)
FEUILLE ROUGE RESTÉE

Les oreilles du lièvre aussi sont fragiles
que dire du rouge-gorge qui s’est aventuré dans la pièce où j’écris
viens lui dis-je d’une voix adoucie en le prenant
entre mes mains qui tremblent de ce qu’il tremble
que je te rende l’absolu de ton ciel où tes semblables règnent
parce que vous êtes purs comme la neige et les prophètes

Et cette feuille qui a navigué si longtemps
en demeurant toujours à la magistrature de sa branche
d’où elle assiste au lent procès du jour
sèche noyée de pluie parcheminée comme une main

L’hiver ne l’a pas rendue à la terre
elle est rouge du feu qu’elle ignore
plissée d’une lointaine rêverie
la branche autour est nue comme la vérité
quelle est la vérité ? quelle est son heure ?

(Instants d’éternité faillible)