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Marcel Olscamp – Confidence


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photo Nikole Ramsay

CONFIDENCE

Le siècle des passions vient mourir au chevet
d’un langage cassé qui perd jusqu’à mon nom
entre les draps trop blancs d’une chambre scellée
dans une ville éteinte aux rues déshabillées
comme une femme nue sous le regard d’un chat
qui serait mort d’ennui le jour de ma naissance
en lissant son pelage au fond d’un autobus
qui tournerait le coin de la rue pour de bon
Le père se déchire en tenant dans sa main
le chapelet noirci de ses jours de vivant
nous regardons les murs pour ne pas voir le mal
nous glisser sous les yeux de sa voix trébuchante
Mais dites aux coins des rues que je ne viendrai plus
voir mourir les années dans cette chambre blanche
la force m’est venue de porter mon regard
sur le désert de miel entre le monde et moi
la tempête est cassée, le monde est hors de lui
et tous les vieux secrets se déchirent au vent


Marcel Olscamp – Confidence


photo perso  2006  Mons ( 06), porte oblique

photo perso 2006 Mons ( 06), porte oblique

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Le siècle des passions vient mourir au chevet
d’un langage cassé qui perd jusqu’à mon nom
entre les draps trop blancs d’une chambre scellée
dans une ville éteinte aux rues déshabillées
comme une femme nue sous le regard d’un chat
qui serait mort d’ennui le jour de ma naissance
en lissant son pelage au fond d’un autobus
qui tournerait le coin de la rue pour de bon
Le père se déchire en tenant dans sa main
le chapelet noirci de ses jours de vivant
nous regardons les murs pour ne pas voir le mal
nous glisser sous les yeux de sa voix trébuchante
Mais dites aux coins des rues que je ne viendrai plus
voir mourir les années dans cette chambre blanche
la force m’est venue de porter mon regard
sur le désert de miel entre le monde et moi
la tempête est cassée, le monde est hors de lui
et tous les vieux secrets se déchirent au vent.

une notice biographique  sur l’auteur

 


Si le bonheur et dans l’après (RC)


chapiteau roman: cloitre roman Santa Maria de l'Estany Catalogne

 

 

Si le bonheur  et        dans l’après

En médecine  avec   stéthoscope

Ce que nous dit          l’horoscope

C’est  toujours , de se tenir prêts

 

A  sauter dans les  étoiles

Choisir son thème astral

Pour jongler sur le banal

Et puis mettre les voiles

 

C’est ainsi,             à mille lieues

Toujours aller voir           là-bas

Et vivants             dans l’au-delà

Pour             parler au bon Dieu

 

D’une mort annoncée

L’extinction des feux

Ce qui n’est pas peu

Si l’heure  est avancée

 

Faut pas  rêver  d’hier

Mais viser l’avenir

Pour toi qui veux en finir

A genoux et en prières

 

Les vitraux          en couleurs

Sentence et       grand  décret

Bonheur promis dans l’après

Et finies,          les  douleurs  !

 

D’angoisses et de sueurs

Et les peines  de coeur !

Même sous le couperet

Si t’as  ton chapelet…

 

Cà peut  toujours servir

Tout en ordre , avant de partir

Après, …     mais c’est  demain

Nous irons cotoyer les  saints.

 

RC  1er  Avril 2012

 


Claude Simon – l’herbe – extr


peinture Juan Miro: oiseau et femme dans la nuit - 1944 Detroit

 

 

Un ticket d’entrée au musée Miro de Barcelone, d’une trentaine d’années, un fragment de chapelet en nacre, une multi-prises, un rouleau de pellicule non développé, un paquet de mouchoirs en papier poussiéreux, un petit livret indiquant les calories des aliments, des épingles à cheveux et des trombones, un minuscule tournevis, un paquet de pastilles Vichy entortillé sur les quelques bonbons restant, deux bracelets en toc oxydés, la médaille d’argent entourée d’ivoire de mon berceau et un petit sac plastique contenant des feuilles mortes en chemin vers la poussière, un peloton de ficelle rouge pour cadeaux, un porte serviette en ivoire avec mon prénom gravé en italiques, de petits écouteurs et des enveloppes vierges dans un étui, plus des crayons aux mines usées mais pas de taille crayon.

Sauf que ces tiroirs ne sont pas miens, pas les bons. Alors, je pense que je pourrais y mettre, en vrac ou dans une boite comme celle de Marie, le contenu de celle-ci « de boutons dépareillés, de chaînettes d’or (ou plaquées or) et de vieilles boucles de souliers en cuivre… »

 

(l’Herbe –                    Claude Simon )