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Gaston Miron – Une fin comme une autre


image  Alfred Kubin  - vers l'inconnu

image               Alfred Kubin –               vers l’inconnu

(ou une mort en poésie)

 Si tu savais comme je lutte de tout mon souffle
 contre la malédiction de bâtiments qui craquent
 telles ces forces de naufrage qui me hantent
 tel ce goût de l'être à se défaire que je crache

 et quoi dire que j'endure dans toute ma charpente
 ces années vides de la chaleur d'un autre corps
 je ne pourrai pas toujours, l'air que je respire
 est trop rare sans toi, un jour je ne pourrai plus

 ce jour sera la mort d'un homme de courage inutile
 venue avec un froid dur de cristaux dans ses 
        membres
 mon amour, est-ce moi plus loin que toute la neige
 enlisé dans la faim, givré, yeux ouverts et brûlés

Ziney – destruction


peinture: Jean-Noël Bachès

peinture: Jean-Noël Bachès

 

Dans  les textes  de Ziney,  visibles  ici,

 

j’ai  sélectionné

 

« destruction »,  pour  en proposer une  traduction perso…

 

destruction

le plus pur albâtre, un bâton de cire
assis dans une flaque d’une piquante
odeur nauséabonde qui retournerait votre estomac
ou vous faire remplir les fenêtres peintes de plomb
et les fissures du mur sec
qui se consume de plus en plus bas
et l’espace saigne de façon de plus en plus brillante
jusqu’à ce que les murs soient déchirés par un blanc angélique
et la charpente résonne comme un coup de feu
et le chant funèbre commence
et la chanson de lamentations de l’orgue
détruit le lieu où tout réside .

Destruction
the purest alabaster stick of wax
sitting in a puddle of pungency
a sickening smell that would turn your stomach
or get you high
fills the lead painted windows and cracking dry wall
as it burns lower and lower
and the room bleeds brighter and brighter
till the walls are ripped by angelic white
and the timbers sound like a gunshot
and the funeral dirge begins
and the wailing organ song destroys the place
where everything resides


Esther Tellermann – Sûrement, je vous tiendrai serré


peinture:  Ilka  Gedo

peinture:        Ilka Gedo

 

 

 

 

« Sûrement je vous tiendrai
serré
presque à ma nuit
me sera accordée
une promesse
vous serez
dans toute chose
graines et cris
au fond de vous
restent le vert
charpente et forge
enfance bandée
jusqu’à l’écorchure. »

 

 

Esther Tellermann,             Un nom d’homme, in Terre exacte,                    Flammarion,
(terres de femmes)