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Coeur, vie prolongés – (RC )


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 provenance image:         Dailymail

Se réveillent les eaux sourdes, en profondeur,

Du sang qui pulse en moi,

Sa cadence lente, –

et mon sort suspendu,

A une pièce rapportée,

Profondément enfouie,

Dans le corps rapiécé   …

Ce coeur qu’on m’a greffé

De façon autoritaire,

Change de propriétaire,

Il faut que me fasse,

A ses pulsations,

…     Deux décennies de moins,

Cachées dans ma poitrine .

Un air de jeunesse,

Soudain se précipite,

Dans les chemins de mes veines,

Cascade , le sang tiède  …

Un printemps qui souffle,

Mais   prélevé,

Dans la poitrine d’un autre.

Il va falloir que je m’habitue ,

Que je repeigne de couleurs vives,

Le tableau des années mortes,

D’une peur de l’existence.

Je peux goûter la vie à plein poumons ;

J’abrite le coeur d’un autre,

Qui n’en a plus besoin.

Il a égaré la sienne,

Au bord de son chemin.

–  Je ne le connais pas,

Il pourrait être mon fils … –

Il a confié son sort,

En d’autres mains .

Ses organes habitent d’autres corps.

C’est ainsi qu’il existe encore,

S’associe à d’autres esprits .

Un miracle de chirurgie ,

D’habiles sutures, et de fines coutures,

Le maintiennent, quelque part,

 

En vie.

 

RC – oct 2014              ( inspiré d’un texte  de Pascal Braconnier )


L’age d’or de la chirugie ( RC )



Les apparences fléchissent                               et peuvent être trompeuses.
Il est souvent un espace entre-deux,             branché sur l’organique,
Bien sûr on  peut  toujours penser que le corps n’est qu’une  enveloppe provisoire,
Que des millions d’années, ont permis que les formes,         se modulent,         s’adaptent.
Que nous suivions des évolutions divergentes,         que nos mâchoires se rétrécissent,
Que la boîte crânienne  enfle, et puisse se prêter de bien de façon, à de nouveaux usages.
Aussi l’évolution naturelle,  – nous suivons Darwin pas à pas –
S’accélère, avec l’étendue  de l’imagination humaine.

Quelle tentation pour la science                                    de créer des prolongements,
D’agrandir nos espaces  du possible  –                       est-ce possible,  justement ?
Notre corps est un dessin, mais c’est aussi une  « chose », pourvue d’accessoires…
Que l’on les juge par leur fonction  :  Mi-mortes, mi-vivantes, les anatomies bosselées ne sont plus inertes.
Elles  sont en « service »
En possibilités de service, aussi bien, que les branches inutiles  d’un arbre arrivent à tomber naturellement au sol,
Autant les prolongements  de pensées , peuvent  s’assécher, si l’absence  d’usage les rend obsolètes.

Il s’agira de quitter la peau, de quitter l’enveloppe  où nous enferme la nature, pour évoluer
vers un choix d’organes,                  plus adaptés à ce que nous voulons devenir.
Peut-être le chien rêve-t-il d’être un cheval, ou une  tortue , libéré d’un carcan trop étroit  ?
Que la tortue  rêve  de communiquer  avec les baleines,                 ou de parler espagnol ?
Un bébé  d’être Maria Callas ?
Il est de cette  entre  deux, comme un carrefour                  , où les choix seraient  rendus possibles.
L’ablation des organes  jugés inutiles  est toujours possible, pour être remplacés  par d’autres.
Que l’on produit en série, naturellement.

Il faudra juste raser les  sutures.                                  –        Configurer sa vie autrement.
Chaque métamorphose, utilisant des clones de la pensée, qui se matérialisent.
En prolongement  si pratiques, et imprévisibles, convoquant la problématique médicale,
car il faut s’assurer du fonctionnement à plus ou moins longue  échéance…
C’est  l’age  d’or  de la chirurgie, devenue                     mécanicienne des chairs.
Les géométries  protéiformes incontrôlables peuvent se déclarer  instables ,
Les greffes  de glandes  et nourritures  d’ADN, peuvent avoir leurs exigences,
…                                         Ou demander des carburants  spécifiques…
Tout est possible                                                                     , il n’y a qu’à compléter le formulaire…

Nous nous chargeons du reste….