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Astrid Waliszek – Vous souvenez-vous


peinture J P Pincemin

Vous souvenez-vous, vous qui rêviez votre vie peuplée de sombres nuits, de rêveries impies, des mots ailés comme des notes de musique que vous balanciez à cette douteuse clique ?  

Vous souvenez-vous des orages, des ciels blafards, des aubes imprécises, des nuits sans fard – des mots frissonnants et saoûls, l’heureux talisman s’est fracassé sur les pavés mouillés du temps  

La lente, imperturbable érosion de l’être en ses jours confits de regards futiles poursuit en vain la réalité immobile du grand soleil clair en train de disparaître  

Avant même que d’être né, elle est condamnée. La belle affaire ! cette joie soudaine et bornée s’est crue un instant par la grâce éperonnée.

Vous souvenez-vous de ces chants fous et troublés ?


Marc Exavier – L’espoir est un soleil impair


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                      Lithographie:           Georges Braque:        soleil et lune II  ( 1959)

( extrait des  « chansons pour amadouer la mort)

 

 

L’espoir est un soleil impair
Un frisson volé aux miroirs
L’espoir est une ruche folle
Une ruée de clignements
Une rumeur aux gras de sel
Une marée mure de sang

L’espoir est un chemin aveugle
Un désespoir qui se recharge
Un écho qui choisit les mensonges
Un gisement de ciels
L’espoir est un fleuve qui rêve
Dans le soir fumant de la soif

L’espoir est une légende confuse
Où l’amertume fermente et soigne
Son goût de cendre et de tumeur

J’habite mes ossements
Cœur à chaos nageur soluble
Une erreur qui crée ses calculs
La vie est un soleil aveugle.

 

On peut lire  d’autres  extraits  ici…


Amnésie volontaire ( RC )


 

jeu  moral à moins 0  gélule   fd vert

 

 

 

 

 

Si tu perds la mémoire,

Et que ton passé soit un trou noir,

Il y a                    des médicaments,

>             Pour réparer l’accident   ;

Et de plus,            en couleurs …

Tout le contenu du bonheur,

Est                   en gélules,

Et petites pilules,

 

On en a tout un stock

( C’est ce qu’a dit le doc )

Qui permettent de mieux aimer,

Quand on se sent paumé…

C’est par là,          c’est par ici…

(           Oh la jolie pharmacie !     ),

C’est quand même une belle   chose,

De voir la vie                         en rose ,

 

De franchir le mur du son,

Comme     les avions le font !

De sauter      par-dessus les toits,

En croyant toujours          en soi.

De garder son équilibre,

En                    croyant être libre …

…Bien sûr, toute chose a son prix,

Et aussi le paradis,

 

Qu’il soit artificiel,

Et             multiplie les ciels,

Pour perdre de vue,

Le lointain       des avenues.

Juste    un peu de monnaie,

Pour ce petit sachet,

Ne pas dépasser les doses,

Sauf          si tu te sens morose,

 

Cà, on ne sait jamais,

Mon petit poulet,

Le numéro d’équilibriste,

Je l’ajoute à la liste

Le grand saut                    dans l’espace,

Impair                            et puis passent   ,

Des bonbons comme   s’il en pleuvait,

Et                            du chocolat au lait,

 

C’est comme dans Candy Crush

Si tu as dans ta poche ,

Tout ce qu’il faut pour oublier,

L’esprit et les mains liées,

C’est quand même bien pratique …

Ne cède pas à la panique

Pour        retrouver ta mémoire,

>           Et celle du désespoir.

 

 

RC – avril 2014

 

 


Ombre et contrevents – Je te peindrai des ciels


peinture; Eugène Boudin: figures sur la plage 1886

Du blog  et de l’écriture  d’Adeline  chez  « Ombre et contrevents »

Je te peindrai des ciels

rien que des ciels

avec  parfois

un arbre nu

ou quelques mâts

pour dessiner des lignes

des lettres floues

tu y liras ce que  je crois

entendre

sans doute

un écho déjà  lointain

le vent rougira  mes joues et mes pensées

un nuage  d’anthracite  sera lourd de regrets

ou d’inquiétude

Mais si tu viens

pour un seul de tes sourires ébauchés

je reprendrai  la palette pour ajouter un soleil

A éblouir la mer