voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “Claude Monet

Francis CARCO – L’ombre –


Claude Monet – Les Chambres du Parlement , soleil couchant

.

Cependant tu n’étais qu’une fille des rues,
Qu’une innocente prostituée,
Comme celle qui apparut,
Dans le quartier de Whitechapel,
Un soir, à Thomas de Quincey
Et qu’il chercha, plus tard, sans jamais la trouver,
De porche en porche et d’hôtel en hôtel …

.

Il le raconte dans un livre.

.

C’est là, pour la première fois, que je t’ai rencontrée.
Tu étais lasse et triste, comme les filles de Londres,
Tes cheveux conservaient une odeur de brouillard
Et, lorsqu’ils te voyaient à la porte des bars,
Les dockers ivres t’insultaient
Ou t’escortaient dans la rue sombre.
Je n’ai pas oublié l’effet que tu me fis
Dans ce livre désespéré,
Ni le vent, ni la pluie, ni le pavé qui luit,
Ni les assassins dans la nuit,
Ni les feux des estaminets,
Ni les remous de la Tamise
Entre ses mornes parapets…
Mais c’est après bien des années
Qu’une autre qui te ressemblait
Devait, le long des maisons grises,
Me faire signe et m’accoster.

.

.

Francis CARCO

Poètes d’aujourd’hui

SEGHERS Editeur


Deux femmes en chapeau et leur enfant – (RC )


peinture:     Claude Monet,        les coquelicots d’Argenteuil –       1873,       Musée d’Orsay  Paris

–         Deux femmes en chapeau et leur enfant,

Dans une peinture de Monet

D’une musique légère et virevoltante,

Chasse aux papillons,   parmi les hautes herbes,

Une fenêtre ouverte          sur le beau temps,

Mais rétrécie                      par le cadre lourd,

Des dorures inutiles,

Il fait chaud dans ce musée,

Les gens se pressent,      dans l’exposition,

Les pas résonnent,        sur le parquet verni,

Et sous la verrière,   on voit des nuages gris,

Qui parlent de la ville,

Des immeubles qui se pressent,

Et des rues revêches, et des passants en imperméables.

La fenêtre de l’insouciance,

Ouvre sur la campagne.

Elle est riante, et       tourne le dos,

Aux nouvelles des journaux,

A l’ère industrielle, qui s’étend,

Aux fumées des usines,

Envahissant bientôt l’horizon.

La campagne est riante,

C’est bien sûr le printemps,

Elle sonne ,       comme nostalgie,

D’un paradis perdu,

Oubliant les songes noirs,

Les anges qui blasphèment,

Et les grondements des avions.

Deux femmes en chapeau et leur enfant,

Dans une pente douce….

Il y a une musique légère,           en robes longues

Des pianistes aux jambes fines et doigts d’araignées,

… C’est juste avant la ville,

( Enfin, quand je sors du musée,

Pour reprendre le métro  ).

RC – 7 septembre 2013


Le banc, au fond de l’allée (RC)


Le banc, au fond  de l’allée

peinture: Claude Monet:  le jardin

               peinture:             Claude Monet: le jardin


Au fond  de l’allée,                         il y a un banc
C’est là, souvent, que je m’arrête ,    et attends

Près d’une murette , recouverte          de mousse
Des parterres  de fleurs, puis , une  herbe  douce

Arrête-toi, au fond                       de ce jardin,
Et que de nouveau,             hier  soit  demain !

Je revois ta silhouette,              pleine  de grâce
Dans mon souvenir             imprégnée, qui passe

Et joue avec                      les  cerisiers en fleurs
L’ombre et la lumière,                    en fraîcheur

Mais  tu ne reviendras plus,…       dans l’attente
Je ne fais  que  compter ,       les  heures lentes

Invoquer les souvenirs,          prendre tes mains
Inverser le couplet                        et les  refrains

Remonter le cours du temps,           et ses jours
Qui imprimaient les pas,                    de l’amour

C’est mon coeur, qu’il faudrait   prendre à témoin
A crier , pour te savoir vivante,             même loin

Il n’y a plus, dans ce jardin,          que mes  traces
Et sur le sol, lentement s’aventure,    une limace.

Claude MONET Une allée dans le jardin de Giverny

Monet:          jardin à Giverny

RC – 14 avril 2012


Hommage à Claude Monet ( RC)


peinture: Claude Monet

Harpe d’herbe,

ainsi chatoient les doigts du vent  dans le blé

 

Harpe  de couleurs

ainsi  se posent les reflets en pâte

 

Harpe  d’émotions

ainsi se lisent les doigts du peintre.

 

Qui montre  avec le simple ce qu’on ne voit

que par ses yeux.

RC      29 fev 2012