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Ibn Zaydùn – fidélité


phpoto : l’homme à la rose ( 1967 )

photo Roland Michaud 1967 – l’homme à la rose- Afghanistan

Je t’ai évoqué à Az-Zahrâ avec ardeur,
Le ciel était bleu, et la terre
Toute de splendeur vêtue.
Au crépuscule le zéphyr était doux,
Et s’accordait à l’âme,
Comme si, par compassion,
Il s’apitoyait sur mon sort.
Le verger de rosée souriait
Comme s’il portait des perles

Un jour comme tant d’autres de nos jours de plaisirs écoulés,
Nous veillâmes comme des voleurs,
Quand le temps s’assoupit,
Nous jouissions de ce qui séduit l’œil dans les fleurs,
La rosée les inondait jusqu’à les faire frémir sur leurs tiges.
Si ses yeux savaient mon insomnie,
Ils pleureraient sur ce qui m’affecte,
Et les larmes auraient brillé et se seraient écoulées.
Fleurs qui étincelèrent au temps de l’éclosion,
Accordant au matin la radieuse clarté des yeux.
Dans la nuit s’exhalent les senteurs du nénuphar assoupi
Qui dessillent, de l’aube, les paupières.

Tout dans la nature éveille
Le souvenir de notre passion
Au point que le cœur en est oppressé.
Que Dieu fasse que votre souvenir ne s’absente
Ni ne s’envole sur les ailes palpitantes des passions.
Si la brise de l’aube voulait porter mon fardeau,
Quand elle répand son souffle
Elle aurait conduit à vous un jeune homme
Que les coups du malheur ont fait dépérir.
Si un jour exauçait le désir de nos retrouvailles,
Il serait de tous le plus généreux.

Ô femme précieuse, sublime,
Toute pétrie de lumière,
L’aimée de mon âme tu serais
Si je te cueillais comme les amants la rose.
La tendresse était l’aire d’intimité
Que, librement, nous avons longtemps parcourue.
Aujourd’hui je chante, de votre règne, le passé révolu.
Dans l’oubli vous avez enfoui mon souvenir,
Mais l’amour de vous ne m’a pas déserté.

extrait du recueil paru chez  » Orphée » ed la Différence.

c’est un auteur qui a vécu au 10 è siècle


Cathy Garcia – arbre


aquarelle Peter Vilhelm Nielsen

j’aime la grâce du vent

dans tes branches

j’aime ton silence et le battement

de mon cœur contre le tien


Dansé sur l’eau (Susanne Derève)


A

 Jean DUFY Le Havre 1888  
Grande fille des brumes
épousant  la nuit
aux mains de bitume
quand le jour s’enfuit
 
aux bras de métal,
aux mains de laiton
aux yeux de lagune
et peut-être au fond
 
tout au  fond de l’eau
si le temps  est clair
sur le sable gris
ou sur une pierre
 
une étoile nue
fragile anémone
offrant au reflux
sa longue couronne
 
Fille de la mer et fille du vent
grande fille des airs
au soleil levant
diluant  la brume
étreignant le ciel         
                                            
 
et ton cœur qui bat
comme un arc en ciel
comme un sang vermeil
au dessus de l’eau
 
sauté sur le pont
le pont d’un bateau
qui quittait le port
et dansé là-haut
      avec les aurores

Raoul Dufy, Motiv från New York. - Bukowskis

 Raoul DUFY Le port de New York