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Colette Fournier – Apprends-moi à danser


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Photo :  Emmanuelle  Gabory

 

 

Apprends-moi à danser
Je veux retrouver le soleil
Flirter sur un rayon de miel
Brûler la pointe de mon cœur
Sur des épines d’arc-en ciel
J’ai besoin du velours de la voix
Feutrant ses frissons de soie
J’ai besoin de la couleur du vin
Fleuve de rubis où tout chavire
J’ai besoin du nectar des abeilles
Des parfums du paradis
Des ailes de tous les anges
J’ai besoin de devenir archange
De me transmuter, de m’alchimiser
J’ai eu si mal dans mon corps
Irradié et somesthesique
Que ce soir je veux danser
Libre, nue, échevelée
Ivre comme une bacchante
Et quelque part folle à délier
Avant que ne descende sur moi
La lente douceur du soir…


Colette Fournier – Je te regarde


Pierre Bonnard, 1867-1947, Coin de salle à manger au Cannet, c. 1932, Musée nat.jpg

peinture:    P Bonnard        Coin de salle à manger au Cannet,  1932  ( détail)  Musée d’Orsay

 

 

Je te  regarde, penchée à la fenêtre de ton cœur.

Ma main posée sur ton épaule, sans attente ni peur.

Ma maison à tous les vents de la déraison, demeure,

Une île haut perchée sur le toit des mondes.

Je te regarde, et collée aux battements de ta vie,

Je ne questionne rien, de rien ne te supplie.

Chacun de tes regards est le début d’un monde ;

A peine faut-il y croire, que déjà, il succombe…

Je te regarde, oublieuse de mon propre reflet,

J’écoute ton histoire qui, lentement, défait

La chronique des temps perdus à ne rien comprendre.

La vie, éternel Big-bang, de sang et de feu, se refait.

Je te regarde, et jouant à pleines notes dans le vent,

Une musique forte, inconnue et  plein chant,

Couvre de ses arpèges tes silences intimes,

Je te regarde et je t’écoute, passante de ton âme,

La solitude, au fond, n’est que le reflet des oublis…

 

 


Colette Fournier – Au matin


photo Andreas Feininnger

photo Andreas Feininnger

Longtemps, mon cœur a battu au flanc du jour.

L’aube était pure, si pure,

Un lever de mystères blancs,

Une pluie d’instants menus dessinés au fusain noir,

La rue et son appel rauque et volage,

La prairie songeuse au soleil,

Et immobile sous un ciel d’extase,

L’eau dormante d’un étang blond.

Longtemps, je suis restée suspendue aux matins,

Aux histoires de fées et de lutins,

Osant à peine, à peine, poser mes pas pointus,

Sur l’herbe mouillée de peur de l’abimer un peu,

Craignant de réveiller juste par mon souffle,

Les esprits endormis de la forêt,

Et les fleurs assoupies dans leurs corolles soumises,

Et que le vent, doucement, plie.

Je ne veux pas, donnant à mon cœur du repos,

Oublier l’odeur des départs,

La nuit couchée en coin comme un chat dispos,

Je ne veux pas refuser tes larmes,

Quand tu te penches sur la vie et que tu l’aimes encore,

Je ne veux rien effacer dans tes yeux, pas même ta mémoire,

Juste goûter encore la ferveur des matins, encore, demain….

( visible dans le blog de phedrienne : http://colettefournier.com/2013/02/21/au-matin/)


Les pensées qui tanguent ( RC )


art: Brice Marden, montagne froide - 1991. huile sur toile

art:          Brice Marden, montagne froide – 1991.   huile sur toile

Les pensées qui tanguent s’entremêlent de rêves;
Ce que tu écris, – les échos de sève –
Portées de musique et les mots défilent
en constructions fragiles,
tendues en liens de dentelles,
comme deux plantes s’emmêlent…

Je ne sais distinguer de qui se débride,
De tes fièvres rouges ou paroles limpides,
Des mots jetés et paroles farouches…
A chaque arbre, ses racines,  sa souche…
Les plantes en symbiose sont en voisinage,
Et cohabitent sans se faire ombrage.

L’une , de l’autre ose aller plus loin
Vers la lumière, c’est donc un besoin
Toujours renouvelé
De la parole descellée,
A partager la soie et le satin,
Pour les draps étendus de beaux lendemains.

en dialogue avec Phedrienne
Le ruban de tes pensées m’obsède,
Déroulant ses volutes de neurones entêtants,
Passant, galonné de dentelles,
Ou crocheté de fièvres rouges,
Où flamboie la connectique
De tes contradictions majeures…..
J’y surnage, brassant de mes idées farouches
Ton alternatif courant,
Tanguant de satin en soie saumonée,
De coton dur en voile satiné,
Craignant de déchirer au tranchant de mes synapses
L’organza trouble de tes chimères osées…
Le ruban de tes pensées m’enlace,
Noue de ses ligatures serrées,
Un bout de mon cœur oppressé,
Liane mes caprices débridés,
Et dans cet entrelacement sauvage,
Douceur et rudesse mêlées,
Se tisse un dialogue endiablé !

voir  son   « Ruban »…

 

 


Danse des lucioles ( RC )


par Re Chab,

-Il faut bien le dire,

Tu m’as  aidé à ôter la robe

Celle des nuages, recouvrant les  étoiles

 

 

Et dans la nuit  scintillante; qui m’attendait

S’échangent les avions  d’argent

Vers  les destinations lointaines

 

 

Peut-être celles des bonheurs partagés

Et la danse des points dans le sombre,

Celle des lucioles

 

 

S’appuie  sur les traits fugaces

Des comètes, dessinant à la lumière

Sans les craies,  sur la tableau d’ardoise de la nuit.

 

 

Et tu rassembles aussi les clins d’oeil,

Des lucioles,—  la danse des anges,

Avec le pont des heures  couchées

 

 

Sans les ballerines, avec la forme  de ton sourire

En équilibre, quelque part – ballon léger

Au dessus,corsage transparent,   de mon sommeil….

 

 

 

RC –  03 mars 2013

 

 

inspiré  du texte  de Colette Fournier,( Phedrienne ) ci dessous, …………..et visible  sur  http://colettefournier.com/2013/01/27/5-heures-du-matin/

 

 

J’ai parcouru la nuit à grandes enjambées

Franchi le pont des heures couchées

La nuit est amicale, elle sourit à la vie

Cachée sous les étoiles, et puis,

Elle a une allure folle dans sa robe ajustée

Son corset bleu marine et ses douces ballerines

Je l’ai suivi marchant à pas silencieux

Sur ses traces fuyantes de danseuse invisible

Et me voilà debout sur une crête noire

Un si drôle de perchoir, où je ne pense plus

Mais laisse traverser les comètes en goguette

Quelques anges déchus aux ailes harassées

Moi je suis sans fatigues, mais aussi sans idées

Une tête noctambule, ballon hydrogéné

Qui implosera peut-être en laissant dériver

Une petite luciole espiègle et inspirée !

 

 

Horatu, traduction du mot luciole en japonais, est un astre qui vole au bord de l’eau et annonce l’été aux japonais. Deux sortes de lucioles différentes par leur « style de vie » : le genji-botaru (12 à 18 mm) qui vit au bord de l’eau douce et le heike-botaru (8 à 10 mm) qui préfère les rizières et les eaux stagnantes, se nourrissent de colimaçons. Elles font partie des espèces aquatiques au stade larvaire parmi les dix répertoriées dans le monde, ce qui semble normal étant donné la géographie du Japon et des iles environnantes.


Colette Fournier – transfuge


photo: Ann Arden McDonald

photo:       Ann Arden McDonald

Publié le 16/10/2012 par

Entre dérobade et vertiges

La cambrure de ton âme ressemble

A s’y méprendre à ces nefs d’église

Que la foi a désertées…

Paysage rongé de ronciers et aride

Où nulle eau ne serpente

Où nulle joie ne se créée…

J’en connais de ces vaisseaux amers

Qu’une houle bascule

En roulis de bitume

Et qui ne veulent plus même

Etre sauvés !

Et frotter leurs cœurs vides

A l’aumône du temps

Battant à pleine pompe

L’heure de tous les vents !

Crois bien que ma lanterne

Se brise plus qu’à son tour

Sur des récifs étranges

Aux étranges contours

Mais je les veux mouvants

Malléables et tordus

A l’aune de mes désirs

Trempés d’encre et perdus

S’ils ne s’écrivent pas…..

Je suis une maison

Balayée de printemps

Et qui se refuse à mourir

Tant qu’il restera

Quelque chose à faire frémir

A la pointe de mon regard

Transfuge

De toutes les mémoires…

photo: Josef Koudelka
photo:            Josef Koudelka

  ( visible  donc  sur son site  colettefournier.com )