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Quelques traits, quelques tiges – ( RC )


Installation Shiaru Shiota

 

J’ai lancé des traits,

comme on lance un appel dans l’espace.

L’appareil photo a gardé trace de ceux-ci,

mais je n’y suis pas :

trop flou à cause du mouvement,

et de mes habits sombres.

Les traits sont devenus des tiges

avec des fleurs

qui se sont épanouies,

avant de flétrir et de tomber.

Les plantes ont continué de grandir,

et ont traversé le plafond.

Maintenant ce sont des colonnes,
qu’on ne pourrait plus déplacer ;

et c’est déjà un prodige

de pouvoir encore circuler

dans ce rétrécissement de l’espace

où je suis prisonnier.


RC – aout 2018

 

cet écrit est inspiré au départ d’une installation de Jacques Vieille, vue il y a longtemps à Lyon, mais dont je n’ai pu retrouver la trace  en images… je propose celle-ci à la place…

Résultat de recherche d'images pour "jacques vieille installation arbres"


Armand Robin – Varsovie


Image associée

 

Les places ont des bras de cobras,
Les maisons des gorges de paons.
Donnez-moi quelque antique pierre,
Que je me retrouve en Varsovie!
Je me tiens en stylite absurde
Sur la place, sous le candélabre ;
Je louange, admire et maudis
Le cobra, l’abracadabra.
Tel un paladin je m’enfonce
Sous les pathétiques colonnes.
Que me font le « Hall de Luxe » et ses mannequins
Peinturlurés pour le sarcophage ?
Ici les jeunes courent acheter des glaces !
Ha! tous ici sont très jeunes,
Leurs souvenirs confinent à des ruines,
La gamine va bientôt enfanter.
Ce qui a poussé en pierre restera!
Le pathos avec la camelote!
Ici tu apprendras ton alphabet,
Futur poète de Varsovie!
Aime cela en coutumière ornière.
Moi, j’ai chéri d’autres pierres,
Grises, véritablement grandes,
En leur cœur le bruissement des souvenirs.
Les places ont des bras de cobras,
Les maisons des gorges de paons.
Donnez-moi quelque antique pierre,
Que je me retrouve en Varsovie!


Le temple qui fut – ( RC )


peinture Yan Wang–  

Ruin of England

 

 

Du temple  qui fut

Il y a l’ombre des colonnes

( ce qu’il en reste )

qui s’étend  sur le sol

et se déplace petit à petit

avec la trajectoire  du soleil;

 

Un astre qui revient avec obstination

caresser chaque jour la planète.

 

Bien entendu, il y a

tout ce qui se dresse:

des montagnes  sévères

au plus petit  végétal

qui profite  de la chaleur

et se révèle à sa lumière.

 

Les grands immeubles  des villes

en semblent saturés,

au point  qu’ils renvoient,

étincelants de leurs glaces

les rayons,     et l’image  déformée

de ce qui les entoure.

 

Leur  présence hautaine se rapproche

pourtant du temple  qui fut.

 

Avec de futures civilisations,

on peut imaginer ce qu’il en restera .

 

Les ombres sur le sol à leur  tour

s’étendront sous l’orbite

de l’étoile la plus proche;

Le futur gardant,

en une  sorte de persistance  rétinienne,

Le support des ruines  des jours , qui ont  précédé.

 

RC –  fev  2015


L’irrésistible avancée des couleurs – ( RC )


F Kupka   -  cercles  orphiques

F Kupka – cercles orphiques

Quand un bleu-gris

Affronte l’outre-mer ,

Bascule sur la rive sauvage

Un plafond fragmenté.

Il fleurit de baies pourpres,

Menace de s’effondrer

En hexagones irréguliers,

Disposés selon une dynamique

Echappant à celle des saisons.

 

On dirait presque la chaussée de géants

Dont les colonnes donneraient leurs sceptres

A l’irrésistible avancée des couleurs ;

D’abord imperceptibles,

Puis se nourrissant  d’elles-mêmes ,

Occupant toute la surface…

 

Juste quelques interstices

Laissent supposer comment

Respire le fond  : un ciel

Avant que les nuances de rouge

N’explosent et retombent

Comme feux  d’artifices,

Sur la toile.

 

RC


Trois femmes à la fontaine – ( RC )


peinture: P Picasso:  trois femmes  au printemps  1921

peinture:             P Picasso:          trois femmes au printemps              1921

Plus d’espace dilettante,
Mais la fenêtre resserrée,
Où dialoguent les trois romaines,

Pétries d’ocre comme leurs pichets,
C’est aussi le lieu
Où s’échangent les paroles.

De leur tunique aux plis rugueux,
Rappelant les colonnes grecques,
Leurs membres lourds,

Modelés de chair …
– Sculpturales,
Dans leurs gestes quotidiens ;

– Aux langues méridionales,
Parlent aussi les mains,
En un curieux ballet.

Au centre d’une arcade,
Alors que se remplissent ,
Les jarres , à la fontaine.

RC – février 2014


Nuit carmine ( RC ) – « réponse à Lamber Sav »


sculpture : Athar Jaber

Fleurs de sang,
Je ne vous connais ,
Sous la peau, – sous ta peau
Que lorsque s’ouvre,
Le tranchant d’une blessure…

J’entrevois le sommet d’une vague
Et parfois aussi son bruit .
Mon souffle a l’inflexion de la nuit,
Et cette nuit carmine,
Je la porte en toi.

Se suspendre aux nuages,
Est une méprise,
Les couleurs et lavis,
Ne sont intenses
Qu’au fond de toi-même,

La vie s’y propulse,
De corps à coeur,
Et si tu soupires,
Contre le corps dressé
De l’arbre,

Pense que ses veines,
Sont semblables aux tiennes,
Et avant que d’une frêle pousse,
Ne se dresse de fières colonnes,
Combien d’années de sève,

Il faut,
Pour que la colère et la tristesse,
S’apaise et se rassure,
Comme aussi, le temps s’apprivoise,
Et que je me fonde en ton feuillage.

> Aussi à y disparaître.

RC – 12 août 2013

incitation:  Lamber Sav, avec  « appréhension »

appréhension

sans métaphore écrasé par la chaleur

au bout du chemin

voyant les vaches dévaler dans le pré

assis sur une fourmilière

le moi bouillonne et se perd

la méditation

en wanderer

désasphyxie

ce serait de se fondre en feuillage

reprendre le chant  de l’oiseau

dans l’air les nuées de mouches

se suspendre au nuage

est une méprise

se délave  aux orages

tumulte

défiance

en somme

émettre les épingles des pins

en petits tas où poser la tête

aux herbes sèchent les fleurs

vice aux écorces et au sang

sans l’écrire

forcer son souffle

prévoir

aspirer

un poème

apaise et assure

le halètement du pouls contrarié

les couleurs et le lavis

les lignes foncées

la trachée de l’aorte

sont ce des tâches ces ports du rythme ?

tout et voir est affaire de respiration

mise à distance de ce qui est méprisable

la colère et la tristesse

sont dans le paysage

l’homme contre le tronc soupire

il aspire à disparaître

Getsuju

Getsuju


Armand Robin- Poème pour adultes – II


Colonnes torses, Hôtel Dieu Tournus – 71

Les places ont des bras de cobras,
Les maisons des gorges de paons.
Donnez-moi quelque antique pierre,
Que je me retrouve en Varsovie!
Je me tiens en stylite absurde
Sur la place, sous le candélabre ;
Je louange, admire et maudis
Le cobra, l’abracadabra.
Tel un paladin je m’enfonce
Sous les pathétiques colonnes.
Que me font le « Hall de Luxe » et ses mannequins
Peinturlurés pour le sarcophage ?
Ici les jeunes courent acheter des glaces !
Ha! tous ici sont très jeunes,
Leurs souvenirs confinent à des ruines,
La gamine va bientôt enfanter.
Ce qui a poussé en pierre restera!
Le pathos avec la camelote!
Ici tu apprendras ton alphabet,
Futur poète de Varsovie!
Aime cela en coutumière ornière.
Moi, j’ai chéri d’autres pierres,
Grises, véritablement grandes,
En leur cœur le bruissement des souvenirs.
Les places ont des bras de cobras,
Les maisons des gorges de paons.
Donnez-moi quelque antique pierre,
Que je me retrouve en Varsovie!