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des jours trop longs – ( RC )


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Il n’y a que des jours trop longs .
Il faut que je m’habitue aux choses ordinaires
celles qui provoquent en duel
des pommes de terre
au fond de mon assiette,
pendant que des oiseaux chantent
à tue-tête, leur refrain.

Les poissons me regardent,
d’un air effaré,
cachés derrière les images
brillantes des magazines.
S’ils le pouvaient, ils me diraient
de surveiller la cuisson
pour que la confiture de brûle pas.

Mais, comme chacun sait,
les poissons restent muets,
surtout quand ils sont plats,
aussi plats qu’une photographie peut l’être.

Le téléphone sonne toujours par erreur:
il n’y a jamais personne au bout,
ou c’est simplement que personne
( en personne appelle )
mais n’a pas encore trouvé de voix
qui lui convienne.

Il y a des tas de journaux dans un coin
qui me disent les évènements trépassés,
car ce sont des nouvelles qui datent
d’au moins trois ans .
Je cherche à l’intérieur des messages cachés,
car quand on m’écrit, même en caractères d’imprimerie,
c’est qu’on s’adresse à moi.

Je n’ai trouvé rien de spécial
qui me sortirait de ces jours ordinaires.
Je comptais trouver des sourires,
mais à part ceux des dames des publicités,
aucun ne m’est parvenu .

Alors les jours s’alignent,
quelque part dans l’existence,
sur une seule ligne
si mince, qu’on ne la voit pas,
et je fais de l’équilibre dessus.

De bonnes idées me viennent,
tiens, je pourrais en faire un poème,
mais je n’ai pas fait assez attention
à ce que me disaient les poissons :
la confiture a brûlé
pendant que j’écrivais.

C’est donc à mettre au rang des choses ordinaires,
à moins que vous pensiez le contraire .
Tiens quelqu’un m’appelle,
mais il n’y a toujours personne
au bout du fil.

De toute façon j’ai l’habitude
des évènements quotidiens
qui n’en sont pas,
les journaux sont là pour le prouver
les poissons ne me contredisent jamais.
Comme le téléphone, toujours muets.


René de Obaldia – J’ai trempé mon doigt dans la confiture


 

 

 

 

DSC00126.jpgpeinture: Qamar Siddiqui

 

J’ai trempé mon doigt dans la confiture
J’ai trempé mon doigt dans la confiture Turelure.
Ça sentait les abeilles
Ça sentait les groseilles
Ça sentait le soleil.
J’ai trempé mon doigt dans la confiture
Puis je l’ai sucé,
Comme on suce les joues de bonne grand-maman
Qui n’a plus mal aux dents
Et qui parle de fées…
Puis je l’ai sucé Sucé
Mais tellement sucé
Que je l’ai avalé I

René de OBALDIA « Innocentines »


Prise la main dans l’sac ( RC)


photos  Jan Saudek

 

 

 

Prise la main dans l’sac
Arsène lutine tout à trac
Arsène au féminin
Avec son tour de reins

Elle  a voulu prendre mes parures
Par chance l’accessoire assure
Et rend des murmures
De belle confiture

Ce n’est pas  très discret
D’apprendre mes secrets
Car ceux-ci débordent
çà fait un peu désordre

Car tes petites mains
Surtout en calin
Ne cachent pas férule
Que tu dissimules

L’objet du larcin     pointe
Même si les doigts jointent
Et forcent la prison
D’une farouche pression…

 

RC      octobre 2011

 

 


La mer ne parle plus, elle se tait. (RC)


Affiche objet d’une plainte de la région Bretagne

La mer ne parle plus,  elle se tait.

Et si la mer  parlait dessous  son tapis  d’écume et de vagues,

Au silence de la mer  celle  réduite au silence,

Et aux arbres  qu’on élague

Encombrée de sables

Et  de débris innommables

La voilà immobile,  et presque entièrement recouverte

D’une  épaisse confiture

De toutes ces algues vertes

Et d’un semis  d’ordures

D’où s’échappent  gaz, par bulles

Autour des rochers las

Qu’une lasse marée dissimule

Dernier geste  de décence

D’une eau qui n’a pas d’age

Mais qui sent l’essence

A travers les coquillages

Désertés des mollusques

Que goudrons écrasent

Et collent même, jusque

Au cœur de la vase .

Si la mer parlait dessous son tapis  d’écume

Qu’elle ôtait son bâillon

Et qu’avec les vents revenus, elle s’enrhume

Elle chasserait ces haillons

D’un seul coup de tempête

Son parfum de dégoût

De fracas  et de pertes

Rejetant les  égouts

Bien loin sur la terre

Ces rejets de l’ingrate

De toxique amère

Saturés de nitrate.

Retraits d’hier en dignité

C’est d’un autre visage de Bretagne

Tournant dos à la fatalité

Qui ferait, que la nature gagne,

Que la mer épaisse revienne  en liquide

Que l’on puisse, voir le sable

Au travers d’une  écume limpide

Et d’un pays  respectable…

RC    11 juin 2012

voir notamment  ce site avec ces  affiches  choc, qui dénoncent  l’hypocrisie  ambiante.

 

et pour avoir une idée  du problème, plusieurs  sites  en parlent, mais les mesures concrètes se font attendre…, en effet il y aurait une collusion entre les autorités et les sociétés financières qui possèdent une partie des élevages intensifs bretons …  ceci expliquant  en grande partie cette inertie, pour un problème connu depuis longtemps.