voir l'art autrement – en relation avec les textes

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Sous les étoiles liquides – ( RC )


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En ton palais fluide,
ta robe de moire
s’orne d’ocelles:
que forment , au fond du lac ,
les ombres frêles des poissons.

Le chemin qui mène à ta demeure
serpente au gré des courants :
c’est un sentier changeant ,
bien oublieux
d’une terre qui se meurt.

De mornes rayons de lune
caressent en nuances de bleu
le balcon de ta nuit étoilée :
éclats de rires diffus
des losanges de ta fenêtre.

Verras-tu mon visage
se penchant sur l’eau ,
à contre-jour
à travers ces vitraux
dont tu ignores les contours ?

Pleureras-tu des larmes de sel
– giboulées légères ;
toi, mortelle emmurée
dans ce temple maudit
au lointain de ton continent englouti ?


Allain Leprest – l’homme aux deux ombres


Sur l'établi | baldini Jean Pierre – Sculpteur

sculpture  :  Jean-Pierre Baldini

 

Le type d’en haut le solitaire
Si j’vous disais il a deux ombres
Qui le suivent sous les réverbères
De la ville quand la nuit tombe

Une ombre bleue à chaque jambe
La sienne et celle d’une dame
Deux ombres qui soupirent ensemble
Sur le drap sale du macadam

On dit que c’est un vieil amour
Un coup au coeur jamais guéri
Qui n’a laissé que son contour
Découpé dans un matin gris

V’là c’est pour ça qu’il a deux ombres
Qui déambulent derrière lui
Qu’il promène dans les décombres
De sa mémoire toutes les nuits

Deux ombres enlacées côte à côte
Cousues au bas de son manteau
Les mains mises l’une dans l’autre
Qui s’embrassent derrière son dos

Une ombre bleue à chaque jambe
La sienne et celle d’une dame
Deux ombres qui soupirent ensemble
Sur le drap sale du macadam

Le type d’en haut il a deux ombres
Et il les rentre au petit jour
Quand le premier rayon fait fondre
Les contours de nos vieilles amours


Plutôt prendre le train ( RC )


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De légères gouttelettes, prises en tempête,
se précipitent en gros flocons d’avalanche
habillent une montagne blanche
S’accrochent aux reliefs, et font paillettes

Qu’aussi des voiles de brume drapent,
avec les caprices  du temps,  survenus,
de mystère les endroits connus…
les contours familiers s’échappent.

Les horizons nappés voilés de la pente
un mur d’incertitudes imagées,
où rien n’est dégagé
Et la route qui serpente.

Dans l’univers ouaté, les voitures glissent…
engagées  sur la descente
pourtant en allure lente
soudaine nostalgie , des pneus qui crissent..

Si rien n’est stable
tout à coup, rien n’adhère
Le conducteur le plus téméraire
penserait plutôt : siège éjectable

Surtout quand au prochain virage
–  d’une route non carrossable –
Obstacle inattendu , et collision inévitable
précédé d’un lent dérapage,

Un bruit mat, et tout bascule
En doux regret ,    vers le ravin
….     J’aurais dû prendre le train
et laisser au repos, mon véhicule…

La chute lourde, aux bruits discordants,
les roues tournent encore dans le vide, succède le silence…
Ensuite, ….  c’est l’affaire des assurances…
–              Statistiques, et accidents…

….   On se raconte toujours des histoires
quand on côtoie l’enfer.
Tant pis, je n’serai pas centenaire
l’avenir ne se marie pas avec « trop tard » .

RC –  25 janvier 2013


Les chemins de Séraphine ( RC )


peinture: Séraphine de Senlis

 

 

 

Avec d’autres chemins

Certains le suivent..;

effet du hasard ?

Tirer la bonne paille… ?

 

 

Le destin aux lignes de la main

La barque qui dérive

Et qui peut-être s’égare

Où qu’elle aille ….

 

 

Il n’y a pas besoin d’être vieux

Pour découvrir, à tous vents

La passion qui nous porte

Sans qu’on l’imagine…

 

 

Elle nous porterait aux cieux

Se transformant en talent…

Je pense à une femme forte,

La peintre Séraphine

 

 

Inventa son univers

En éclats de couleurs

Et rendit possible

D’autres lendemains

 

 

Détachée de la terre

En éclats de douleurs

Elle fait voir l’invisible

Qui est à portée de mains…

 

 

C’est tout un monde étrange

Où le certain, n’a plus cours

Où bascule notre regard

En abolissant nos repères;

 

 

C’est un monde qui dérange

Une folie sans contours

Où l’on comprend que l’art

Est solitaire, et salutaire…

 

 

RC- 8 octobre 2012

 


Souffle gonflé, carmin déposé (RC)


photo de Stéphane Barthe,   http://stbart.canalblog.com/tag/baiser

 

 

D’un souffle gonflé

De ta bouche soufflée

Cosmétique et cosmique

Carmin déposé

 

Plage blanche animée

Baiser donné

Je le vois , je le sens

l’arc rouge , je le prends

 

je dessine les contours

D’une ruche, autour.

Cà bourdonne dans ma tête

Et entête ma planète…