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Des bleuets et des coquelicots – ( RC )


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Je ne sais pas quel temps il faisait,

sans doute lourd et humide,

quelque part dans les Ardennes,

quand l’orage sortait de la bouche des canons ,

broyant les arbres , et les hommes .

La terre est traversée de taupinières,

de tranchées remplies de boue,

de barbelés enchevêtrés,

d’éclats d’obus et de poisons

( et les rats sont gras ) .

 

Le sol garde en son sein

des morceaux de corps

dont on ne sait plus,

à quelle nation ils appartiennent ,

et cela n’a finalement pas d’importance .

L’oubli, comme un manteau noir,

viendra recouvrir les champs de bataille

d’une guerre inutile

où l’Alsace et la Lorraine en étaient les prétextes,

et la végétation , depuis, a repris ses droits.

 

On a vu fleurir autour des trous d’obus

quantité de bleuets , et de coquelicots

ce bleu horizon marquerait le renouveau,

et le vermillon des fleurs fragiles ,

rend ainsi, – sans discours revanchards –

le plus bel hommage à ceux

qui ont versé leur sang

et traversé la fureur des temps .

Aucune célébration, aucune stèle

n’en restituera les souffrances endurées .


RC – nov 2018


C’est dire, comme les fleurs fanent ( RC )


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C’est dire, comme les fleurs fanent,

Elles jettent leur éclat d’or et de pourpre,

Abandonnent de suaves parfums,

Au vent et aux insectes,

> Mais qui se souvient d’elles,

Une fois leurs pétales flétris,

Et leurs vives couleurs, ternies ,

Si ce n’est la photographie ?

Laisse vivre les fleurs par myriades,

Comme elles peignent les champs,

En teintes insolentes,

Sous la tendresse grise

D’ondées de passage,

Et l’amitié traversière,

Des plus gros nuages,


Il y en a pour peu de temps.

Quelques semaines,

Ou quelques jours,

Et les corolles fines,

Perdent leurs couleurs vives….

Les souvenirs des coquelicots,

Sont feuilles bien légères,

Aux pieds des jeunes blés,

Il suffit d’un courant d’air.

Laisse vivre aussi la chenille,

En souvenir de sa métamorphose,

Et quelques jours vécus,

En pétales fantasques,

Papillonnant dans les champs,

Ou au-dessus des chemins,

Donnant le change aux feuilles

Tremblantes des peupliers.


Quelques jours de grâce accordée,

Somptueux motifs éparpillés….

> Te souviendras-tu de moi,

De mon front dans les brumes

Et de mes herbes folles,

Tremblant, juste avant le sol,

Et mes mains dans l’amour,

Quelques jours ou toujours… ?

RC – 8 septembre 2013

25695.tif


Miguel Veyrat – Il cache le feu ( à la mémoire de Paul Celan )


 

Il cache le feu  »

Il cache le feu
dans les bassins de la mort récente
Et regarde la voix indiquant
un saut léger
à d’autres seins:
Mémoire d’une l’eau agitée par le vent
souvenir de brûlure,semelles de mémoire , vapeur d’ombre
qui ne laisse pas de sillage,
ou tremblements
dépôt à la mémoire. Voile sanglante
ceux dont la mémoire
ne se rappelle pas
et n’ont jamais choisi d’être catholiques ou juifs:
Mémoire de coquelicots dans la neige.
Feux. Pentes confuses. Zones de tirs.

Miguel Veyrat

Dans ‘ contre-jour» (Onze poèmes à la mémoire de Paul Celan)  –  tentative  de traduction  RC, de

“Se esconde el fuego”

Se esconde el fuego
en las cuencas de los muertos más recientes
y aguarda la voz que indique
el salto leve
hacia otros pechos:
Memoria de agua agitada por el viento
que arde, memoria de soles, vapor de sombra
que no deja estela,
ni trémula
gota a la memoria. Sudario sangriento,
memoria de aquellos
que no recuerdan
haber nunca elegido ser católico o judío:
Memoria de amapolas en la nieve.
Fuego fatuo. Confusas laderas. Zona de tiro.

En “Contraluz” (Once poemas en memoria de Paul Celan)
Ed. Los Cuadernos del Céfiro (Breviarios poéticos) 1996©


Claude Minière – je reprends la main


 

………..je reprends la main

à la bonne vitesse

dans la courbe penché

sur la ligne du cercle

blanc sur noir

l’inconnu comme conscience

                      comme rail matériel et abstrait

 

comme écoutant le sol trembler

                       je reprends la main

 

à la limite de l’adhérence

                        le pneu soudain quittant la chair du bitume

                                                           perdant le contact, le fil

 

Je reprends la main

      je me reprends par la main sur le tapis vert

                                                            de la vérité chorale des pâquerettes

                                                                    du sang des coquelicots


Sedna – Sanguine


peinture; A  Solario:  Salomé  avec la tête  de St jean Baptiste  : Metropolitan Mus  N Y C

J’ai apprivoisé les feux du soleil couchant
Pour les clouer sur nos deux cœurs pastel
Combinaison d’écumes chauffées à blanc
Offertes au soir comme un reflet du ciel.

Voici que dans le lac de mes yeux ouverts
Ton bâtonnet s’approprie l’eau lacrymale
Pour tenter une esquisse à ras de terre,
Caresser de sa brume, l’horizon pictural.

Sur le sable rouge des pensées bonheur
Nos corps portés par les désirs hématite
S’envolent vers le grand large sans peur
Abandonnant les ombres qui s’irritent.

Là-bas, c’est l’hiver qui roule sa bosse
Le long des sentiers où le pas s’enlise.
Ici, les heures s’habillent et endossent
Un drapé arabique aux couleurs cerise.

Sur les carnets où dégouline ton talent
Le chuchotement de nos mains bouscule
Le silence allongé sur la ramure du vent
En filigrane, nos bouches se congratulent.

Si mon regard est rempli de tes étoiles
C’est avec ton sourire qu’il se nourrit
Tout comme ma plume, qui sur la toile
Essaie avec toi, une autre chorégraphie.

Au verso des rêves, des perles d’amour
Se sont échappées d’une romance perdue
Pour envahir l’ébène de tous ces jours
Chassant les étés de coquelicots repus.

Et le fusain improvise des flous voluptueux
Installe les soupirs au bord de nos racines
Nous invite sur le rivage du merveilleux
J’aime être là, avec toi, sur la sanguine.