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le mouvement,même, contre l’inertie des choses – ( RC )


Serendipity 14356837253.jpg

photo: Andrew John

 

C’est comme une couleur intense

arrachée au mur.

Un mur brun de pierre,


posé à même le sol, rugueux,

et il y a cette forme rouge …

 

 

Souple, elle coule, légère…

elle ne s’accroche à rien,

soulevée par le vent ,


à la façon d’une flamme,

que seul le regard peut saisir … ( ! ) .

 

 


Elle se gorge d’une lumière,


que la rocaille refuse ,

et suit la silhouette d’une danseuse ;


le mouvement même ,

contre l’inertie lourde des choses…

 

 

RC – aout 2018


Colporteur du temps – ( RC )


peinture perso sur enveloppe – mail art – acrylique sur papier 2004

Le colporteur du temps
N’a pas sa montre à l’heure
Et a laissé se faner les fleurs
Des rendez-vous d’avant

En semant les traces à tout vent,
C’est tout un champ d’enfants
Qui grandissent en chantant
Déposés en sommeil, on les oublie souvent

Lorsque le hasard nous amène
A revenir sur nos traces
Les souvenirs reviennent,       et nous embarrassent
Le temps avait figé, – quel phénomène – !

un geste dans l’espace
La terre humide, qui fume
Le village, perdu dans la brume
Et de lointains ressentis passent

Ton sourire d’avant                           est resté le même
Dans mon souvenir;                                      il est ce défi
Que me lance encore,                         ta photographie
Les fleurs d’antan ,                                 pour ce poème

Sont encore fraîches,   et la couleur
Que n’a pas retouchée le colporteur
Du temps, qui s’est étiré,     sans toi.
Couleur du bonheur,             en papier de soie.

25-01-2012

issu de la création de Pantherspirit: le colporteur du temps


A cet instant précis – ( RC )


Daniel Ridge Falls Frozen

Un peu de blanc, et du noir dedans,
et des lignes qui s’étirent :
des images , un instant
figées, et c’est une cascade
qui ne tombe plus,
saisie dans son élan par le gel .

Le regard saisit les formes,
où la lumière s’est posée :
il cherche dans les ombres ,
un peu de vie cachée ,
et déjà, arriver à deviner
la couleur des choses .

A cet instant précis.


RC – nov 2017


Presque un regret d’hiver – ( RC )


Résultat de recherche d'images pour "primeveres mauves"
Il y a ce retour,
presque un regret de l’hiver.
Le ciel a la couleur pâle
de la mémoire effacée.
Te souviens-tu du chant des oiseaux,
qui hier encore , habitaient le chêne ?

Il reste,   ce matin,
le friselis de givre,
et tu gardes en toi ,
le chant qui gonflait ta poitrine.
Je vois virevolter
de fines particules blanches .

A peine ont-elles touché le sol,
qu’elles s’effacent d’elles-même :
il n’y aura pas aujourd’hui
de couverture blanche ,
ni retour d’hibernation :
ce n’est qu’un passage  ;

La tiédeur du sol
est prête à donner de l’élan
à la symphonie végétale :
déjà les premières fleurs
sèment leurs points de couleur
– premiers signes perçant la grisaille .


Rythme, lignes, thème et variations – ( RC )


Afficher l'image d'origine

peinture             H Matisse-

Une pulsation persiste,
         malgré soi.
C’est un motif répétitif,
comme celle de ces frises
Sur le fronton des temples grecs,
mais qui s’offre quelques  détours .

Le battement d’un coeur
       Que l’on oublie,
Une basse continue
sur laquelle la trame
de la symphonie concertante
prend tout son appui.

Un rythme régulier,
qui se fond dans l’arrière-plan,
–  métronome contrebasse,
   soutenant la cantate,
dont on devinera le centre
en tendant mieux l’oreille.

Un ange parcourt les firmaments,
on peut suivre son échappée,
(  pas le froissement des ailes  ) ,
qui pourtant décrit
l’envolée de ses courbes,
Elles  s’appuient sur le ciel .

Ainsi les arabesques
dessinées dans la couleur,
ou les spirales enroulées,
jouent chacune  de leur accord,
avec l’évidence  d’une  danse
dans les tableaux de Matisse.

Le temps est une aire indéfinie,
qui s’étend sur la toile :
points et surfaces
relient les lignes entre elles….
Thème, fugue et variations,
Mélodie et contrepoint.

Vois comme le coeur
est,  lui-aussi,   une musique  !
Son battement
est celui d’un tempo,
transformé en courant,
en cascades:

Le flux d’un ruisseau,
inscrit ,
en lettres invisibles,
sur chaque page,
de la partition , son rythme
se combine aux autres:

Une grande portée,
la mesure de la vie :
Une passacaille où le sang
donne le sens:
Celui qui permet de mieux respirer
la couleur des choses.

RC-  juin 2015


Je verse un peu d’huile pimentée sur le jour – ( RC )


image: montage perso 2012

image:        montage perso        2012

Bien,—-  je verse  un peu d’huile pimentée sur le jour.
Peut-être  surgira-t-il des odeurs, au soleil gris ?

J’ai ouvert  toute  grande  la porte, pour que les visiteurs
Sortent  de leurs  sentiers tracés, déposent leur casque.

Ils ont l’air  d’avoir des oeillères, placées  sur leurs  oreilles.
Ils peuvent  s’autoriser un détour,

Chercher des raccourcis sur leurs  cartes,
Oser franchir les barbelés du quotidien.

La géographie de la platitude,
Semble avoir remisé les épices

Parmi les cabinets de curiosité,
derrière  d’épais pots en verre,

La montagne même, ne semble qu’un décor
aux étiquettes vieillottes et fanées.

Je verse un peu d’huile pimentée, sur les jours fades.
Même les pizzas – pâles -, semblent avoir  peur de la couleur.


RC  oct 2014


Est-ce que le nom suffit à ton existence ? – ( RC )


gravure:         Zoran Music:         paysage de Dalmatie            Tate Gallery

 

Si à chaque chose on peut donner un nom,
Dessiner un destin,
La distinguer des autres,
Lui prêter une couleur,

Pour les hommes,
Il y a toujours ceux qui renient
Les autres,
Pour leur présence même,

Il ne suffit pas d’une carte d’identité,
Pour les faire exister,
Au-delà d’un morceau de papier,
Ou d’un tiroir à fichiers,

Classés non seulement par ordre alphabétique,
Mais aussi selon leur origine,
Quel que soit le désert,
Ou la ville,       dont tu viens.

Quand, encore , on ne juge pas utile,
De dresser une barrière de béton,
Autour              de ta non-existence,
Ou de te coudre   une étoile jaune .

RC – février 2014

NB la gravure  qui accompagne  ce texte n’est pas  directement  évocatrice, comme  certaines  de ses oeuvres, relatant la déportation et la Shoah, lui-même  ayant été interné  au camp de Dachau


La chaise rouge – ( RC )


 

Red, Yellow, Red 1969.jpg

peinture: Mark ROTHKO :  1957

 

 

Dans l’image a surgi

Le grain, la palpitation

L’émotion rougie

Presque la déflagration

 

D’ une barre courbe

Un signe du sombre

De puissance encombre

C’est ce rouge fourbe

 

Il n’est ni sang ni cerise

Se détache lumière

En donnant à sa guise

Forme à la matière

 

Un éclair de couleur

Traverse ma page

Un éclair de douleur

De la photo, l’otage.

 

Aux accents de lave

Des blancs et bleutés

Opposés, ameutés

Les autres sont esclaves

 

 

dec 2011  RC

 

photo: Chris Jones

Résultat de recherche d'images pour "national geographic red chair"

Et avec les « commentaires »…

  1. le rouge est la couleur de l’ensanglantement…
     » debout il y a trop de bruit
    à l’usine des dentelles…

    Alors je m’asseois »

    Là, sur la chaise rouge…

    Des bises Ren

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    12/19/2011 à 12 h 55 min Modifier

    • On peut avoir cette interprétation, moi, je la vois distincte ds autres couleurs, justement parce qu’elle est chaude

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  2. oui, et le sang, c’est chaud…et c’est la vie…j’ai toujours été impressionnée de celui qui coule en chacun de nous, mais dans le bon sens, je dirai…je n’aime pas le voir couler, parcequ’en génèral c’est  » mauvais  » signe, mais j’aime imaginer chaque humain comme un arbre empli de cet ensanglantement qui pulse et pulse encore..c’est ça qui m’est passée dans la tête avec la chaise rouge…et m’asseoir sur une chaise rouge, ça équivaudrait à m’ésseoir dans la vie…
    Sourires…
    En réponse à ce que tu viens de poster, un sourire avec de la lumière à l’intérieur..oh; oui, je vois ça parfois autour de moi, c’est absolument cadeau des sourires pareils…

    12/19/2011 à 14 h 42 min Modifier

  3. En fait j’ai écrit ça l’autre jour en pensant à une photographie que j’ai faite ( une diapo) sur laquelle j’aimerais bien remettre la « main ».. j’avais mesuré l’intensité de la couleur avec une cellule faite pour çà, et effectivement le rouge était « criant » de vérité…

    quant au sourire de E De Andrade, l’allusion sexuelle est criante aussi, j’avais même dans un de mes textes écrit quelque chose d’approchant avec un sourire « vertical »… il faudrait que je le retouve…. j’ai déjà idée où il peut être…

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    12/19/2011 à 15 h 09 min Modifier

  4. 2 choses:

    « Le rouge est la lumière dans le temps. »

    Rupprecht GEIGER

    et http://corpsetame.over-blog.com/article-1112-ceux-qui-restent-43321780.html

    pour un travail d’ Elke KRYSTUFEK

     


Je repars chaque matin, d’une étendue blanche ( RC )


 

 

 

Il faut que je ferme l’enclos des couleurs,

Que je reparte vers un ailleurs,

N’ayant pas connu le dessin du cœur,

……    Chaque page a son heure,

 

Et je repars chaque matin,

D’une étendue blanche,

Que chaque jour déclenche,

–  toujours plus incertain.

 

Ou bien j’ai sans doute oublié,

Derrière une glace        sans tain,

Comment prendre le monde dans ses mains,

Les miennes, que j’ai liées.

 

Ou alors,         je les ai vides.

   Le miroir ne reflète rien

       Des jours lointains

            Et saisons humides.

 

Je sais que  sous  ses taches,

Et les plis de ses draps,

L’hiver reviendra.

Pour l’instant il se cache.

 

J’invente pourtant ce que je ne vois pas,

J’avance en vertiges,

Comme sur un fil,    en voltiges,

Il y a un grand vide, sous mes pas.

 

Si je retourne la mémoire

Il se peut que je n’aie plus de passé,

Et que, de traces effacées,

Je ne voie que du noir.

 

Peut-être qu’en peinture,

J’invente,   hors d’atteinte,

De nouvelles  teintes,

Au fur et à mesure.

 

En tout cas c’est vers l’inconnu,

Que j’ouvre mes pages,

Me risquant  au voyage,

Comme un enfant,          nu.

 

Une page vierge à écrire,

Des traits, que je lance

Un pinceau, toujours en danse,

Dont j’ignore le devenir,

 

Comme si,      à la couleur des rêves,

On pouvait      donner un titre,

Décider de clore le chapître

Et dire          que la toile s’achève…

 

RC – 30 septembre  2013

 


Sans choisir forcément la couleur – ( en évoquant Bukowski ) – ( RC )


photo:   Guillaume Gaudet voir son site

Sans  choisir forcément la couleur,
Tu serais  là, au volant d’une vieille Chevy,
Avançant            – comme il se doit –
Sur l’asphalte,    qui n’en finit pas.

Sans  choisir forcément la couleur,
Il se trouve          que tu es né blanc,
C’est un bon choix aux ZétatsZunis,
>               En dehors des imprévus.

Ainsi va la vie,                    ça  roule,
Ca cahote aussi,                la route,
Elle  a ses trous,         la carrosserie aussi,
Elle tient la  distance      – jusqu’à quand ? –

Toi aussi,                     dans ta vieille Chevy.
>                           Il s’avère  que t’es poète,
La poésie l’a signé,           toi,     désigné,
–                                   Charles Bukowski.

Bon, ok,               tu vas comme  tu picoles,
Dans la caisse     dont tu ignores la couleur,
( la Chevy, plusieurs packs de bière ),et seul
–                           Tout ce qu’il faut d’alcool

Pour tenir la route,—-                 qui n’en finit pas,
Enumérer les états:    Ohio,    Idaho,  Oklahoma
>            Tous ces noms rappelant
Ceux des peaux-rouges

–        Y en a plus beaucoup d’ailleurs,
Très gênants pour la ruée vers l’or
Sans avoir là,           la bonne couleur,
Mais ,         leurs noms  marquant le décor,

Tandis que                                 se déroule,
Sur l’horizon,          le ruban des heures,
Eteignant progressivement ses couleurs,
Des bouteilles,  on distingue à peine        … les étiquettes.

RC – 10 août 2013


Nicolas de Stael – grand concert ( RC )


peinture; N De Staël :              le grand concert    1955    (avant le suicide  de l’artiste)

Face au grand mur de la douleur,                           Nicolas de Staël
A accompagné dans leur vol, les oiseaux , à toutes profondeurs.
Face au mur de la vie, si le bleu le noir et le blanc ne s’épousent pas.
C’est par un cri de couleur que tu as plongé dans le                     vide.

Peut -être pour retrouver l’espace des grands a-plats
Le reproche de l’ombre et            le tragique  du rouge

Il fait nuit sur  ton corps, qui n’a pas suivi celui des oiseaux
Il fait nuit sur ta vie,                        qui nous disait l’inverse,
L’éclat d’un citron, d’un vase, et les rythmes des voiliers
Posés d’aplomb sur les surfaces         peintes au couteau.

Mais si tu es gisant, brisé au pied des rochers
La musique des teintes, nous invite, symphonie

Où jouent les masses         dressées sur l’écarlate
L’ombre du piano noir, l’ocre de la contrebasse
A ton grand  concert,        la neige des partitions
Des musiciens absents, à écouter les couleurs.

RC   25 mai 2012

 

– – voir  aussi  « le pinceau de la ville »

Faced with the great wall of pain, Nicolas de Staël
Accompanied in their flight, the birds, at any depth.
Facing the wall of life, if the blue black and white does’nt embrace.
This is a cry of color that wherefrom you plunged in the vacuum.

Perhaps to find space for a large flat-painted surfaces
The reproach of the shadow ,   the tragic of red

It’s dark on your body, which did not follow the birds
It is night of your life, who said the opposite,
The splendor of a lemon, a vase, and the rhythms of sailboats
Placed squarely on the painted surfaces with the painting knife.

But if you’re lying, broken at the foot of the rocks
Music of colors, invites us,          symphony

Where the masses are standing on the scarlet
The shadow piano black, the ocher  of the double bass
To your great concert, the snow of music sheets
Absent with musicians,            listening  to the colors.

voir  aussi  cet  article  dont  je fais  référence

———–>

Emma/mj

Ce tableau évoque d’abord pour moi l’incommunicabilité : Malgré le pont que font les partitions entre les deux instruments , la musique semble étouffée par l’horizontalité de ce rouge écrasant , horizontalité contre laquelle semble s’élever péniblement la voix du violoncelle dans sa tonalité incertaine..
Pourtant ,, quand le regard s’attarde sur le tableau , l’éclat que donne cet agencement de couleurs au blanc éblouissant des partitions pourrait être un hymne à la musique ?
Je ne sais pas . Deux impressions contradictoires …

05/25/2012 à 21 h 20 min (Modifier)

Ta lecture est « plausible »,… étant donné que j’ai une vue plus « abstraite », je ne la partage pas ici, mais par contre oui, pour certains de ses tableaux: par exemple un nu sur le même fond rouge…

voir aussi  le poème  de Jean Senac, ici…


Boire à la même source ( RC )


peinture:  Sorolla: bassadors, Alhambra, Granada 1909

peinture: Sorolla: –              Alhambra, Granada 1909

Nous buvons à la même source,

Lisons, à quelques dizaines  d’années  d’écart,

Les mêmes livres,

Caressons la même lumière,

Et pourtant, nous n’arrivons pas à boire la même eau.

Est toujours présente,              notre culture commune,.

Qui pourra dire  qu’                       elle  s’est transformée,

Que les pages ont pris une autre couleur ?

Une génération d’écart a pourtant modifié son aspect,

Nous buvons à la même source,

Mais, comme on dit, « l’eau a coulé sous les ponts »

— Il est possible                   qu’elle n’ait pas le même goût.

RC  –  26 juin  2013


La Sainte-Victoire d’une blancheur plissée ( RC )


peinture:           Jan Jansz van de Velde III – nature morte avec verre de bière

Le parfum,

confident de la lumière,

S’attache aux volumes des objets,

Et ceux-ci résonnent d’accords particuliers,

Posés de touches de couleur,

Frottées et qui se recouvrent,

Selon l’aube de nos regards,

Et d’abord celui du peintre.

…. une présence extraite à leur mystère,

Par un rayon de lumière,

Posée sur les cuivres,

Et les transparences des verres,

Jouant discrètement leurs feux d’artifice,

Parmi les fruits disposés là,

Presque par hasard,

Offerts au sanctuaire de leur fraîcheur,

L’écho des pommes et des oranges,

Juxtaposant leurs courbes,

A la Sainte-Victoire d’une blancheur plissée,

Crayeuse et silencieuse,

Nappe soumise

Aux ombres ovales du compotier.

RC      –  28 juin 2013

 

 

peinture: P Cezanne , nature morte aux pommes et compotier            1899.         Musée du Jeu de Paume   Paris

 

 

 


Que faire des idées qui encombrent ? ( RC )


peinture :       Paul Klee – maisons  rouges  et amaryllis    – Tunis  1914

Que faire des idées qui encombrent  ?

Et venir en tableau blanc…

Où tout est à inventer.

A construire  le réel au souffle  de la couleur,

Ce qui n’est pas  tout à fait la réalité,

Puisque je l’ai inventée…

L’innomable a suivi  :

On peut saisir et toucher de la main

Ce qui n’existait pas , un instant avant

Des calligraphies jetées sur le papier

A la douceur des peaux de marbre,

Creusées dans le bloc brut de carrière

Que faire des images qui encombrent ?

Avec le tableau vierge ?

C’est ré-inventer le langage  d’origine

Et le chercher là où personne ne l’a entendu

La réalité inventée

Celle des tableaux  de Klee

Celle d’un intérieur enfoui quelque part

Et soudain se donne à voir

———– sans jouer au miroir…

 

Tout est fiction peut-être

Et, qui ouvre la fenêtre

Met au jour l’esprit de l’enfance,

S’aventure sans méfiance .

.. Si c’est musique ,      – des accords inouïs…

Pour les artistes , aucun mot ne traduit

L’invisible devenu visible,  et si oui,

Résumer que le peintre  a jouï,

Rejetant dans les  étoiles

Et la culture et les idées bancales.

C’est une  fiction, peut-être,

En nous portant, pourtant, elle nous fait renaître..

Et s’il est question d’écrire,

Je laisse les mots advenir

Avancer, reculer,  avancer,

—–  et enfin nous bousculer..

RC  –   St Louis  –     25 février  2013 —

 


Pinceau de la ville ( RC )


                     peinture:   Nicolas de Staël:                    toits de Paris – 1952

 

 

 

Faire  que  le tout                        s’étale

A grands coups de spatule

Et que la peinture  s’écrase

Poussant                   de petits monticules

 

La matière de surfaces agitées;

—————–           La couleur  décalée

Sous le gris se profile            le rouge,

Nicolas ,              et les  toits de Paris

 

Cliquetant des                               éclats d’argent

Lorsque filtre    un pinceau de lumière

Au gré du vent,             sur la ville

 

Ses  écailles qui brillent

Une nasse fragmentée  d’envers,

….            Immobile  d’hivers

 

RC  – 24 novembre  2012

voir aussi  l’article précédent intitulé  simplement  Nicolas de Staël


Ferruccio Brugnaro – Je ne me souviens pas


 

Je ne me souviens pas

peinture: Willem de Kooning

Je ne me souviens pas d’un matin aussi obscur.
La brume est très dense
et pénètre glaciale parmi nous
dans l’atelier avec l’angoisse
de quelque oiseau qui crie en vain
aujourd’hui.
La voix de mes camarades ;
La voix la plus belle et la plus forte de l’âme
résonne vide
lointaine
comme la joie, la couleur de l’air.

Ferruccio BRUGNARO
Traduit de l’italien par Béatrice GAUDY


Marc Chagall- couleurs de la vie


Le peintre Marc Chagall, s’exprime ( à travers  la peinture, et son attitude, de façon positive…

peinture: Marc Chagall ----------- The Sabbath 1910

Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir.

– Marc Chagall


Jean-Gabriel Cosculluela- ce chant terrible


painture: Yves Klein (le fameux bleu)

Ce chant terrible

 

terre de bleu perdre
ne s’écarte pas des fleurs
ce chant terrible
terre de bleu perdre
ne s’écoute pas des fleurs
ce qui reste de la trame
d’enfance
nous penchés qu’accompagne
le bleu arraché de l’air
la pente des fleurs
dans les coulures du tableau
JG Cosculluela, La terre cette couleur, Atelier du hanneton, 2002

Claude Roy – nuances


Nuances

L’ombre d’un nuage change la couleur du champ de blé

Vert de vert campagne puis vert d’océan calme

Le nuage est passé La mer se retire

le Haut Bout 4 juin 1983

photo perso: colline vers le lion de Balsièges - Lozère