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Vous ne vous imaginiez pas modèle – ( RC )


Résultat de recherche d'images pour "giorgione vénus au miroir"

 

peinture : D Velasquez

 

Bien sûr, c’est un mystère
qui se construit petit à petit,
sous mes yeux ébahis.
Je vois la peinture se faire

L’ange poser ses ailes :
Vous êtes ainsi alanguie
Sommeillant sur le lit
Vous êtes celle

qui lentement se révèle
à la caresse des pinceaux :
suivent la courbe de votre dos
(vous ne vous imaginiez pas modèle )…

Du voyage au long cours,
le vent dans les voiles,
vous apparaissez sur la toile,
peinte avec amour.

Négligemment déposés,
vos habits en tas,
à côté de votre bras …
Dans une lumière bien dosée

vous apparaissez, rêveuse,
les mains sur vos hanches,
votre poitrine est blanche,
et comme lumineuse….

Vous êtes la lumière du soir .
Surgie dans le décor
( et l’or de votre corps
se reflète aussi dans un miroir ).

On ne vous imagine pas blonde ,
car la seule ombre au tableau
porte le flambeau
de l’origine du monde .

Il n’y a pas besoin d’être Courbet,
pour que le monde vous contemple :
la première entrée du temple
est sur la toile, posée sur le chevalet.


RC

– juill 2017

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Richard Brautigan – les choses s’incurvent


Résultat de recherche d'images pour "curve art"

 

 

 

Les choses s’incurvent lentement hors de vue
jusqu’à disparaître tout à fait.

Après ne reste plus
que la courbe.

 


Salah Al Hamdani – Centré


 

NAT031.JPG

À genoux
Oui
à genoux dans la cruauté calme du jour
et cette absurdité sans limite
Marche, marche pauvre type
jusqu’à l’extrémité de l’ombre
et rejoins tes rêves
ensevelis sous la lenteur ridicule de leurs nuits

Laisse tes souvenirs à la traîne
l’éblouissement d’un quai désert
et au-delà
emprunte la courbe de ton exil

La gloire du couchant est là
sans écho
esseulée sur le lit de l’étranger
comme un appel de la falaise  .

 

 

( extrait du recueil  –   « Rebâtir les jours «   : ed Br Doucey )


Les mots s’en vont, comme bulles de savon. ( RC )



 

 

Les mots s’en vont
Comme bulles de savon,

Vois comme elles s’enfuient,
Et les mots aussi.

Tu étais là,…. tu étais elle,
Dans ma vision, bien réelle,

Les bras ouverts, la peau de pêche,
Ma plume hésitante, et l’encre qui sèche…

Les glaïeuls disposés dans le vase,
Je n’arrive pas à finir mes phrases,

Oui, – j’étais sans doute ébloui,
Après cette journée de pluie….

Hanté par ton souvenir..
– Comment pourrais-je l’écrire ?

Réfugié dans ces fleurs écarlates,
A la cambrure délicate.

Leur couleur en est saveur,
Et précipite les heures…

Les mots , toujours, s’en vont
Comme bulles de savon,

Ils forment des phrases plates,
Qui se heurtent entre elles et éclatent,

Et disparaissent sans bruit,
Quand ta vision me poursuit.

>  Je ne pourrai jamais décrire,
La courbe de ton sourire…

 

RC –  18 octobre 2013

 


contre le jour ( RC)


Photo perso  Saint-Louis

Photo perso   Saint-Louis – 68

Une main devant les yeux
Si je reçois le soleil de face-
 Il n’y a plus devant-
que ce que je vois.              En blanc
Et une découpe. Une forme flottante 
Dont je ne perçois  une présence,
Un drap orange
Il claque au vent,
Avec tes pieds – pour de vrai-
Et ta silhouette, qui suit,
Les courbes des secousses,
D’une brise douce.
Il fera encore chaud aujourd’hui,
Et, au cours des heures,
Le linge suspendu plus loin,
Portera sa découpe aussi,
Dansante… en soustrayant les couleurs
Au sommeil du soir, qui attend.
-RC- 21 octobre 2013

peinture –:            Jeffrey T. Larson

 


Anonyme ( RC )


peinture:                oeuvre de Peter Philipps  1963

Anonyme –

L’anonyme se confond                          avec les murs
Une brume flottante                          envahit la scène
Tout est opaque,                    les sons de portent pas
A plus de cinq mètres,                       et les tentatives
de distinguer ,            du brouillard, au-delà du rideau
Se heurtent à un voile                           dense et ouaté
C’est l’instant                              où la lumière est bue
Où,                       même la cloche de Big-Ben est « tue »
Où se tourne le film                     de toutes les terreurs
Et qui peut surgir alors ?           C’est Jack the Ripper…

Je suis un anonyme,                      que rien ne distingue
Dans la foule,                                               je suis gris,
et porte peut-être       ,                            un parapluie
Je suis en kaki,                      au milieu de la soldatesque
Matricule numéroté,                             élément casqué
Se fondant dans la masse,                 je suis l’automate
Sans sentiments,                           lisse et hors de l’ âge
Pas besoin                                de tenue de camouflage

Sans aucun avis,                                  et rien ne dépasse
Je suis mon destin,                                 celui de ma race
Ne maîtrisant rien,                     – et l’avenir m’embrasse
Flottant dans un fleuve,    des petits points,   des faces
Ne choisissant pas ,           la courbe ,      les trajectoires
Au p’tit bonheur la chance,             et gardez bon espoir
De revoir un jour,                                un peu de lumière
Devenir quelqu’un ,                                    sortir de l’hier

RC – 24-mai -2012


Heather Dohollau – Douceur de marcher sur le sable


peinture: Miquel Barcelò

 

 

Douceur de marcher sur le sable
Dans le bruit des vagues
Quand l’espace se creuse
Et le jour comme une cave de lumière
Courbe sur nous ses murs de ciel

La mer reste l’impensable naissance et mort
Le portail transparent d’un rien autre
Quittant la ligne de nos pas
Nous sommes les ressortissants de nos rêves
Ébauchant hors de l’ombre les gestes d’écume.


Les portes d’en bas

, Éd. Folle Avoine.


Marie Bauthias – L’ombre des leurres ( extrait 02 )


 

 

 

 

 

photo          Damien Bottura

 

au secret de l’écorce
nos prairies mangent d’orgueil
la couleur et l’attente
le vent qui cueille le rire dans les pleurs
la courbe des mots tendres assis
à notre oreille
l’avalanche des paumes
inscrite sous nos yeux
déjà le désordre furtif d’une peau
grandement amarré

la douce prière que le désir ne nous a pas rendue -…

Marie Bauthias

 


Isabelle Levesque – es-tu château ?


photo perso; ombre de tour sur tour chateau de Saint-Saturnin sur Tartaronne, vers La Canourgue – 48  – 2008

 

 

 

es-tu château
ou l’ombre du silence (forme humaine)

as-tu soupirs de géant
milliers d’insectes en gorge râpeuse
respirant la terre
le géant ne sent rien respire
chaque souffle expire
une pierre

es-tu nuée sourde sur la proie (aucune chance)
tu virevoltes geste fou d’une courbe
ne s’arrête comme
encre en tache et page
loin du buvard flot noir apparu
surface couvre

es-tu quelque part en présence surprise
ou patte d’un bourdon
perdu dans la lutte

percer le corps sombre minéral
érode
la pierre grave le socle
enfonce
château dressé (faille en terre)

In Ossature du silence, © Les Deux-Siciles, 2012, p.13

 

 


Claude Minière – je reprends la main


 

………..je reprends la main

à la bonne vitesse

dans la courbe penché

sur la ligne du cercle

blanc sur noir

l’inconnu comme conscience

                      comme rail matériel et abstrait

 

comme écoutant le sol trembler

                       je reprends la main

 

à la limite de l’adhérence

                        le pneu soudain quittant la chair du bitume

                                                           perdant le contact, le fil

 

Je reprends la main

      je me reprends par la main sur le tapis vert

                                                            de la vérité chorale des pâquerettes

                                                                    du sang des coquelicots


Richard Brautigan – la courbe des choses oubliées


 

 

sculpture: Ellsworth Kelly: Carré d’art Nîmes – photo personnelle – 2010

 

 

Les choses s’incurvent lentement hors de vue
jusqu’à disparaître tout à fait.

Après ne reste plus
que la courbe.

(Richard Brautigan)