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Bernat Manciet – L’écorce du cours d’eau


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La soie
efface
l’écorce
du cours d’eau

petit jour
goutte noire
la branche
bronche

aérienne
mais œuvre
de givre

la neige
prononce
les lèvres


Des pas mènent à la source – ( RC )


Florac  source  pêcher    01.JPG

Photo perso  –  source  du pêcher  – Florac

 

 

Des pas d’oiseaux dans la boue,
eux qui mènent à la source,
dont on perçoit le murmure
contournant les rochers.
Mais d’où vient-elle,     cette eau,
sinon du secret de la montagne obscure,
des vallons habillés de mousse,
du souffle du temps,
– une résurgence mystérieuse.
où s’étire le liquide  ?
et c’est le miroir facétieux des neiges
dissoutes par le printemps :
une langue muette qui se délie
et s’infiltre dans toutes les failles,
pour s’unir à d’autres langues, bruire
comme un oiseau nouveau né,
grossir son cours
s’élargir, chanter, puis rugir
à mesure que se dessinent les pentes.
Elles n’en retiennent, une fois apaisées,
que le reflet des arbres pensifs,
les nuages qui se mirent,
dans leur substance même
courant et nourrissant le sol.


RC – nov 2016


La matière vidée d’elle-même ( RC )


peinture: Curt Frankenstein

peinture:        Curt Frankenstein

………   Je vois à travers les murs , des maisons cimentées, Il y a trois fois rien, et les matériaux flottent bizarrement dans une atmosphère de coton, chaque chose a pris une texture autre, et décide de sa position.
Les poutres  se croisent et envisagent un dialogue inédit, les vantaux des fenêtres battent  sur l’air, où se mélangent les végétaux  et la pierre.
Il vient une joyeuse  suite de framboisiers, qui surgit d’un ancien papier peint, pour s’enrouler  sur les tuyauteries,                   amoureusement.
L’escabeau aux anciennes  coulées  de peinture, servant de perchoir à des lézards multicolores, attendant on ne sait quoi, ….peut-être des insectes errant sur les lourds fauteuils du salon  pris par des racines, et ne dévalant pas un angle,       que l’on peut qualifier  de faux plat, défiant l’horizon bleuté des montagnes, là-bas.

Si loin,  si proches.

La matière  s’est  vidée d’elle-même, de sa masse et de sa chair,
Et retournant nostalgique, vers l’abstraction, sur l’hypothèse incertaine, où lutter contre la pesanteur ne serait plus nécessaire,….         comme un jeu dont les règles s’inverseraient, à la fantaisie des heures.

Et la vie de même,qu’une rivière fantasque,  prenant un autre cours,  changeant son tracé, au gré du relief et des époques.

RC   –  16 juin 2013