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Au risque de l’aventure – ( RC )


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                                                     peinture:  G de Chirico:   deux masques  – 1926

 

 

Ici l’errance se paie,
lorsque tu te bandes les yeux.

Il n’y a pas d’obscurité douce…
Tu peux avancer tes doigts,

au coeur des buissons,
de la fourrure.

Gare aux blessures,
…à commencer par le coeur !

Je t’entendrai crier,
lorsque la créature
se détache du fond,

qu’elle signe la fin de la trève,
après la caresse,
et plante ses crocs dans la paume.

Des fouets de fer,
la coupure du verre,
le scalpel habile des mandibules,

ont raison de l’avancée
imprudente d’un bras,
d’une tête.

On ne sort pas entier
de cette jungle.
Elle pénètre dans la chair

avant même qu’on ne l’explore,
On y laisse quelque chose,
définitivement.

Et si ce n’est le sang,
déjà la raison s’égoutte ,

voracement aspirée,
par l’inconnu (e).

C’était le risque encouru
par l’aventure.

Avant d’être savourée,
il a fallu qu’elle goûte d’abord à toi.

RC – mars 2016


Bras obscurs et songes flottants – ( RC )


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Le mystère a des bras obscurs,
qui confisquent les formes,
les mélangent ,sans qu’on sache bien comment,
dès que le soir grignote l’espace connu…

Alors l’humidité sourd des plantes,
qui se détendent du jour,
et laisse place aux créatures nocturnes.

Celles que l’on entend, et celles
que l’on imagine, abrités derrière
les paupières fermées des volets de bois,
la lune essayant de se faufiler par les fentes.

On essaie d’oublier ce qui se trame
de l’autre côté des murs,
en allumant l’électricité, dont la fixité rassure.

Mais il suffit d’une panne
pour que le quotidien bascule,
on ressort les chandelles, que l’on dispose ,
pointillés lumineux dans la pièce,

tremblotantes flammes, elles , éphémères,
sans doute effrayées, elles-aussi,
que le mystère de la nuit

envahisse l’intérieur, réagissant
au plus petit mouvement d’air,
– un pressentiment –
comme si celui-ci,

profitant de la plus petite brèche,
s’apprêtait à bondir
de l’autre côté des murs,

une protection si mince,
qu’on pourrait penser qu’ils puissent
se dissoudre aussi,tel un sucre
plongé dans un verre d’eau…

la porte ouverte à tous les possibles,
de ceux dont on n’a d’autre idée
que celle des songes flottants prenant soudain consistance .

RC- sept 2015