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De l’ascension, à la mobilité des lunes – ( RC )


photographe non identifié

photographe   non identifié

Les efforts                           d’une ascension,
Où notre propre poids,     nous tire en arrière,
Enfin couronnés de succès,

Lorsque le sentier s’aplanit,
Hésite entre des rochers,
S’enfonce dans les bois,

Alors que                le ciel se raye,
Au dessus de ma tête,
De la trace blanche d’un avion,

En pointillé         entre les nuages,
Et tirant des géométries,
Ignorant obstacles et reliefs.

….  A encore haleter,
De l’air coupant de la montée,
S’il faut encore savoir,

Où poser les pieds,
Entre les pierres,
Et quelquefois les flaques,

Je peux guetter,
A quelque distance,
L’abrupt        d’une crête,

Couronnée d’une tour.
C’est sans aucun doute
Un  point de vue remarquable .

>     Un promontoire  ,
Qui est comme promesse,
Une balise ,                            posée là,

Accrochée        à mi-chemin du ciel,
Probablement     avant la descente,
Et le retour vers des zones,

Plus hospitalières.
……             Un panorama,         où le regard
Planerait lentement     au-dessus des vallées.

Mais arrivé à cet endroit,        – Juste des falaises,
dépassant d’une masse cotonneuse,
D’un paysage nappé d’épaisses brumes.

Le silence alors,       s’étendant,                  nu,
Et                        sans l’aimable courbe des vallées,
attendue,

Renvoyant                    à la mobilité des lunes.


RC –  février  2014


Océan – mer – terre, destin d’une embrassade ( RC )


 

Océan – mer – terre,   destin d’une embrassade

Vogue le destin d’une embrassade,
étreinte et baiser humide de l’eau au sable
la fin de quelque chose, le début d’un autre
s’évanouit la terre ferme, pour le choix du liquide,
une masse matière qui vit de ses soubresauts

l’histoire de tant de marins qui s’y sont fié, en espérant voir un jour la ligne dorée d’un continent lointain, ou, gagnant leur vie au milieu des embruns salés, pour rapporter une manne vivante dans les filets, mais toujours en équilibre, sur l’instable, à portée des caprices de l’écume et du noir des abysses,
peu se sont attardés, à convoquer la couleur bleue, comme celle d’un paradis uni et tranquille…
Et partir en croisière, pour le souvenir dans la mémoire, des ports ensoleillés.
Il y régnait surtout l’odeur tenace des huiles et
Des poissons séchés , à la musique des filins qui claquent sur les voiles, et le concert des mouettes…

L’océan, suit la lente rotondité de la terre, il la cache ,l’obture, et remplit ses failles, antre des mollusques et des mâchoires des prédateurs qui s’y sont fait leur empire…
de l’autre coté des courants l’océan a l’odeur femelle, et ne révèle ses mystères qu’en surface.

On y sait des coraux, des épaves, des algues et méduses, et peut-être des sirènes…

Mais aussi la mémoire des conflits terrestres, des navires coulés, avec leur cargaison, d’hommes et de matériel, le rêve des contrebandiers,, les galions d’or, la vaisselle fine, les amphores pleines de vin d’Italie…
Les boules tueuses des mines, guettant les cachalots métalliques…
Les supports des îles, en stratégie qu’on se dispute,  en invasions alternées : Chypre, la Crète,Hawaï et
plus récemment les Malouines…

On y soupçonne les courants obstinés, prolongation des fleuves et rivières, en fantasmant sur la dérive des continents, les migrations parallèles aux oiseaux, des bancs serrés de poissons voyageurs…

On en rêve dans sa chambre, pour voyager en romans, , dans une épaisseur liquide à vingt-mille lieues de Jules Verne, puis aux légendes grecques.

Le raffiot de la rêverie, n’a changé d’échelle que depuis la vue aérienne, avec laquelle les vagues les plus déchaînées, ne semblent qu’un vague frisottis décoratif…
Qu’en serait-il de l’effet de tsunami « pris sur le fait » ?

une onde circulaire, s’étendant comme
lorsqu’on jette un caillou dans l’eau, suivi d’une autre, puis semblant se calmer, alors que des murs d’eau viendraient,

quelques heures plus tard, rejeter violemment les chalutiers, et bateaux de plaisance au milieu des falaises et forêts…

La soupe salée, vécue du bord des côtes dévastées prenant soudain un goût de l’amer, bien éloigné
de l’aspect paisible qu’on suppose à la mer.
…..Sans l’apostrophe…

RC  –  14 juillet 2012

peinture:            William Turner


Loyan – L’expérience de la fragilité traverse mon visage


Loyan –  ( Laurent Campagnolle), dans  son site, est toujours à la base  de textes  sensibles  et intéressants…-

 

une nouvelle publication, extraite de sa section  Cyclades Cyclamen

ce qui me donne l’occasion de réactualiser un de ses écrits  « anciens »  , du 13 juillet 2004

 

peinture: Alice Neel

 

L’expérience de la fragilité traverse mon visage

la hache s’en est prise à la mer de glace intérieure

et je vis son tranchant – sans imagerie

je suis sur cette crête et son horizon

l’appel aux éléments ne suffit plus à un moment et j’accepte de rejoindre le campement pour y partager respirations et inachèvements

 

 

« l’homme-limites » façonné à tes 17 ans est mort tu en as parcouru l’aire

« l’homme-mythe-dans-son-vaisseau-seul » est mort tu t’es mêlé et transmis dans la beauté de l’altération

« l’être-de-certitudes » se recompose dans tes fibres

 

 

j’entrevois l’incertain

les lois de la physique n’empêchent plus sa lumière de m’atteindre

 

 

 

 

13 juillet 2004