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Cristina Campo – que la poésie comme prière


photo perso-  tirage argentique  - gare  de Toulon   - 1978

photo perso- tirage argentique – gare de Toulon – 1978

 

 

 

Moi je n’ai, vraiment, que la poésie comme prière – […]

Et quand la sentirai-je assez vraie (je ne dis pas pure, mais est-ce différent ?)

pour pouvoir la déposer sur cet autel

– dont je ne vois et ne verrai peut-être jamais les marches –

comme un panier de pignes vertes, un coquillage, une grappe ?

Chaque jour je suis de plus en plus persuadée que je n’ai pas d’autre rosaire,

d’autre épée, d’autre livre, d’autre cilice que cela.

Et je ne pars pas de l’amour de Dieu

– je suis dans le noir; pourtant je voudrais faire une chose

qui pour les autres semblera née dans la lumière.

Mais je dois me purifier,

vous n’avez aucune idée de mes péchés, je veux dire de mes crimes


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Cristina Campo – été indien


photo  auteur non nidentifié

photo :  auteur non identifié

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Octobre, fleur de mon péril
printemps chaviré dans les fleuves

Parfois la mort même m’est indifférente
– l’ érable a interrompu son vol, les feux s’obscurcissent –
parfois m’assaille la terreur d’exister,
rayonnante, comme l’aster rouge.

Tout est déjà connu, la marée prévue,
pourtant tout s’enténèbre et s’éclaire
d’un frais désespoir, d’une merveilleuse fermeté…

La lumière entre deux pluies, sur la pointe
du fleuve qui me transperce entre corps
et âme, est une lumière de nuit
– la nuit que je ne verrai pas –
claire dans les forêts.

Cristina Campo
 » Le tigre abscence «  ed Arfuyen


Cristina Campo – Sphère limpide


 

 

« …Ici le temps est une sphère limpide. Et la petite lune tourne tout autour d’elle. Moi j’ai réduit ma vie à ma chambre parce que tout mon travail est sur mon bureau et que tout cela s’agglutine au reste pour former le bloc de pierre qui ferme la caverne… »

« …Ce qui nous aide beaucoup, ce sont les oiseaux qui sont sur le pin, juste en face: merles, mésanges, passereaux, et autres espèces que je n’ai pas le temps de reconnaître. Le parfum du soleil, filtré par les aiguilles de pin, arrive jusque sur le lit en jouant sur les murs. Certains après-midi sont très beaux… »

« …Les longs bains au large vers 2 heures de l’après-midi, quand je retournais un instant vers le pédalo, mais uniquement pour y jeter mon maillot de bain…mais la mer – la mer lave de tout, croyez-moi… »

« …A Grottaperfetta j’ai vu des maisons roses, perdues entre les roseraies et les meules de pailles, avec de petits écussons sur les portes des écuries – des maisons où peu-être, pendant quelques années encore, les gens pourront se taire, lire, dormir – manger les saisons l’une après l’autre dans la saveur du lait, des légumes, du pain. Je rêve de rester sous l’un de ces écussons – de préparer pour vous de merveilleuses natures mortes… »