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Muse à musée (RC )


Sculpture antique  - Metropolitan Museum of Art  N Y C

Sculpture antique –        Metropolitan Museum of Art       N Y C

La muse reste tranquille,

Enveloppée de sa tunique,

Geste antique de pierre

Egarant ses couleurs d’un oeil si lointain,

 

Qu’un rectangle de lumière, étalé sur le sol,

Ose une caresse blanche,

D’un doigt de soleil,

Désignant du marbre, la cuisse,

 

Et la rondeur des heures,

Puis les ors des cadres,

Lourds, de scènes bibliques,

des tableaux vernis.

 

Un ange joufflu, peint au plafond,

Observe d’un oeil repu,

La progression lente,

D’un visiteur attardé,

 

Penché sur les étiquettes,

Et dont les souliers vernis

Répondent aux cracs du parquet

Sans pour autant réveiller,

 

Le gardien endormi.

RC- 28 mai 2013


Pierre-Jean Jouve – Lisbe


peinture        Egon Schiele          couple d’amants        -1913

LISBE

Des ressemblances nous ont égarés dans l’enfance
Etions-nous donc du même sang
Des merveilles se sont passées qui nous ont fait peur
Près des édredons de pleur et de sang rouge
Etions-nous du même sang quand je rencontrai ta blondeur
Avions-nous pleuré les mêmes larmes dans les cages
Et quels attentats en de secrètes chambres
Nous avaient faits aussi à nu que nos pensées ?
O mort il me revient des sons étranges
O vive et un peu rousse et la cuisse penchée
Tes yeux animaux me disent (velours rouge)
Ce qu’un génie n’ose pas même imaginer.

PJJ

et pour  faire transition avec mes   « yeux  fertiles  du temps », ce texte  de José Gorostiza

 

LE RIVAGE

Ni eau ni sable
n’est le rivage.

Cette eau sonore
d’écume simple,
cette eau ne peut
être rivage.

Pour reposer
en lieu moelleux,
ni eau ni sable
n’est le rivage.

Les choses aimables,
discrètes,simples,
se joignent
comme font les rivages.

Aussi les lèvres
pour le baiser.
Ni eau ni sable
n’est le rivage.

Chose de mort
je me regarde;
seul,désolé
comme au désert.

Viennent mes larmes:
je dois souffrir.
Ni eau ni sable
n’est le rivage.

José Gorostiza (traduction claude Couffon)

 


Anne Coray – au pied de la dame endormie


photo Galen Rowell

Anne  Coray, est une  auteur américaine ( de l’Alaska),  publiée par la levure littéraire… je me suis essayé  à la traduction d’un de ses textes.

 

—-

 

Beneath Sleeping Lady (Mount Susitna)

 

Night rests on this mountain

like a great thigh.

You have said a woman’s breast is a moon

and her mouth a sweet river.

I am, as usual, cold.

My hands seek an accustomed warmth

inside your jacket.

Again we’ve stood our glass up to the stars

and named the constellations.

Sometimes I wonder how we go on

loving the familiar and the magnified.

 

————

Au pied de la dame endormie : (Mont Susitna)
La nuit repose sur cette montagne
comme une grande cuisse.
Vous avez dit du sein d’une femme qu’elle est une lune
et son embouchure d’un fleuve doux.
J’ai froid, comme d’habitude

Mes mains cherchent une chaleur habituelle
A l’intérieur de votre veste.
De nouveau, nous avons tenu  notre verre dressé vers les étoiles
et avons énuméré les constellations.
Parfois je me demande comment nous allons continuer
à aimer le familier et le magnifié.