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Paul Gravillon – la tristesse et le jour se ressemblent


peinture – Gustave Moreau : l’éléphant sacré

Un visage accroché à des algues
un balcon troué par une bombe
des paupières de violettes
des Joues de crépuscule
des yeux d’orient
perles noires dans un jour glauque
tournées vers le futur
illisibles
tous les genres se mélangent
les classes les races
les femmes se donnent et restent vierges
tout le monde est pardonné
la tristesse et la joie se ressemblent
tout se poursuit
plus rien n’importe
la femme cancéreuse se caresse le sein
les grands hommes ne meurent plus
ils remplissent les rues

faire l’amour c’est faire son salut
la main de parkinson
sème l’or à tous vents
les tigresses ont la caresse facile
et les biches sont sanglées comme des femmes
leur tresse comme une loutre endormie sur l’épaule
fatiguée de tant de pays
leur nudité ne se vend plus
elles entrent à l’académie des beaux-arts
les rois hydrocéphales
se couvrent le front d’une feuille d’or
et les princesses aztèques
les yeux brouillés de sable
sont à genoux et prient entre leurs cuisses
déjà la nuit
a mis ses doigts sur leur joue gauche
déjà se cambre leur jeunesse ‘
et le vieil homme a revêtu
son pyjama d’agonisant

près de sa main s’arrête
la fille aux yeux de lit
aux cuisses aspirantes
ou bien selon les jours
la viergeronnette en madras bleu
dont le pied effleure l’ordure
et dont la chair
sent le pain chaud
mais l’homme se meurt et d’autres baisent
voici la fin et le commencement
les sphinx dans le vent
ont perdu leurs cheveux

II y a aussi des combats dans le ciel
souvent volent des débris d’anges
lumineux ou funèbres
tandis que le vent crie en silence
et que brillent
les cuirasses du soleil
les cavaleries de dentelles fuient
au ralenti

sur le silex du ciel

croisées par les corbeaux qu’attire
l’immense tache rousse
qui sourd à l’horizon
alors les éventails verts
constellés de cris d’oiseaux
éventent les colombes
échauffées par le sang
il pleut tant de lumière
sur les coffrets de bijoux de l,a terre
que toutes les portes
restent closes


Mouloudji – Cache-cache


C’est  de texte  de sa chanson….

Disclosed Desires-fd0013.jpg

Vous êt’s-vous caché
Un jour de cache-cache
Sous la jupe lâche,
Quoiqu’ intimidé,
Dans l’intimité
D’une dam’ ombrelle
Aux senteurs si blêmes
Strident’s de douceur
L’avez-vous rêvé ?
Ce doux goût de peur
Couleur de péché,
Était-ce inventé ?
Sous la jupe folle,
Vous flairiez la chair
De dame prison
Ell’, dans son émoi

Ouvrait de plus belle
Ses ciseaux femelles
En prison de joie,
Vous étiez ému
Sous la chèr’ ombrelle,
Un soleil diffus
Éclairait tout bas
La tendre bastille
Vous, les yeux béats
La tête levée
Au ciel albinos,
Vous suiviez le vol
D’un corbeau velu
Entre chair et rose
Des cuisses jouflues
Et du pantalon
Comme rêve glauque.


Murièle Modely – ( En ) quête


photo Mahafsoun ( deviantart )


Je glisse
Le soleil me cuit les cuisses
J’ai fermé les yeux pour profiter
De la dureté du sol
Et du mordant du jaune

Je suis petite fille
En jupe courte
A l’instant précis
De mon innocence

Je tombe
L’ombre a remplacé le chaud
Le froid revient avec les mots,
Je suis vieille et la moquette
N’est pas un lit pour ma fatigue

Je suis coupable d’enfance
C’est le malaise d’être ici
Et d’être aussi ailleurs
Enfant, j’ai toujours su
Qu’on me pardonnait tout
Qu’on ne m’excusait rien

Je dégringole
Par bouffées dans la triste réalité
Je suis une vieille femme allongée sur le sol
Dans le salon, sur la moquette
Il est quatre heures, je ne fais rien
Les voisins de leur fenêtre
Voient ma folie et mon chagrin

Car je cherche un passé,
Une jeunesse, un improbable équilibre
J’ai vieilli mais je n’ai pas grandi
J’ai cent ans et cinq ans, soit
Un géant sur des jambes de nain

 

Un texte  qui peut être retrouvé  dans le site « écrits vains », parmi 8 autres  de M Modely