voir l'art autrement – en relation avec les textes

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Ronny Someck – Le lac des cygnes. Septième conseil à une petite danseuse


Vision Edward Munch  Edvard Munch – Vision 

 

 

 

Fais en sorte que la larme sur la joue du cygne

soit la première pierre

dans l’océan de la joie ,

et que j’apprenne à nager.

 

 

 

 

 

Salalh Al Hamdani  et Ronny Someck

      Bagdad

à la lisière de l’incendie

    Jérusalem

Ed Bruno Doucey


Colombine en cygne – RC -(écho à SD )


Lac cygn   02

 

Te souviens-tu de la place,

un jour de décembre,

avec la musique

et la lumière dansante

alors que les arbres

surpris,

se penchent pour mieux voir ?

La piste n’était pas de glace,

pourtant il faisait très froid,

sur l’air final du « lac des cygnes »…

Colombine d’apparat

tu portais le tutu blanc,

les bras ondoyants

et le chignon bas .

Des pointes à petits pas ,

suivant la musique de Tchaikovsky ,

( quelques entrechats ,

que tu voulais maladroits

juste au moment où la lumière décline ) :

c’était la mort du cygne ,

et je t’ai prise dans mes bras…

( on se demande pourquoi

les spectateurs applaudissent… )

voulaient-ils aussi

applaudir à ton supplice ?

 un texte  crée à la suite  de celui de Susanne Derève  (  qui suit )

—-

Un entre-deux

un entrechat

Avec des pointes à petits pas

et un tutu de ballerine

bras ondoyants et chignon bas

quand on dansait la mort

du cygne

je n’y étais que colombine

d’apparat

(mais la musique était divine)

SD


Zbigniew Herbert – le sel de la terre


 Kupka 1910 Archaická 3318490558.jpg

peinture  F Kupka

 

 

Une femme passe
son foulard tacheté comme un champ
elle serre contre sa poitrine
un petit sac en papier

cela se passe
en plein midi
au plus bel endroit de la ville

c’est ici qu’on montre aux excursions
le parc et son cygne
les villas dans les jardins
la perspective et la rose

Une femme avance
avec la bosse d’un baluchon
– que serrez-vous ainsi grand-mère

elle vient de trébucher
et du sac
sont tombés des cristaux de sucre

la femme se penche
et son expression
n’est rendue
par aucun peintre de cruches brisées

elle ramasse de sa main sombre
sa richesse dissipée
et remet dans le sac
les gouttes claires et la poussière

Elle
reste
si
longtemps
à genoux
comme si elle voulait ramasser
la douceur de la terre
jusqu’au dernier grain

Le quotidien et la vision de ce qui est, au plus profond, deux aspects inséparables. Cet extrait de L’inscription, par exemple :

Je répète un poème que je voudrais
traduire en sanscrit
ou en pyramide :

quand la source des étoiles se tarira
nous éclairerons les nuits

quand le vent deviendra pierre
nous attendrirons l’air


Armen Tarpinian – La vérité du cygne


L’horizon est un mot qui sans cesse s’invente,
Une source où la soif rêve de s’étancher mais qu’elle éloigne.
Cygne, sur la mer libre entraîne la pensée !
Qu’elle apprenne l’amour comme un seuil tracé dans le repos du temps.
Et l’horizon bu, dépassé, les yeux fermés.
Miroir à notre cœur, ta liberté nous engage.

Robert Marteau – La Sagrada Familia


photo Céline & Jeremy, de leur blog  Paris-Bali:                intérieur de la Sagrada Familia – Barcelone  —   A  GAudi

C’est défaite d’abîme,  étrange astrologie!
Les vagues prennent corps,coiffent, chaussent l’azur
Du feu le plus léger.  Tout s’élève en un mur
Organique de plis, d’entrailles; vers la vie

Tout monte;  d’elle tout s’éloigne;  la mesure,
Que brise le ressac, que la flamme dévie
En solaire oriflamme,  à la pointe surgit
Du métal affiné par la foudre, très pur,

Très saint,unique cri que la pierre répète;
(Sanctus! ) seul cygne ou prend sa forme la trompette,
Dans ce réseau de nerfs clamant son agonie,

Proclamant son triomphe;et sa note s’appuie
Sur la nervure et l’os, le moignon que l’esprit
Reconnaît pour sa voix,  son trèfle en broderie


ROBERT MARTEAU :  extrait de « terres et Teintures »