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Lutte avec l’ange – ( RC )


peinture: E Delacroix:  lutte  de Jacob avec l’Ange

j’ai oublié ce qui m’a poussé

à franchir les frontières :

juste le défilé des années

pour avancer de quelques pas

hésitants , sur les sentiers ombrageux :

(   on dit qu’un ange veille sur moi 

me construit peu à peu ,

me défie,  vocifère  )

          comme il  me provoque en duel ,

me confisque parfois la lumière :

>  ma conscience  alors se rebelle ;

ce que  j’écris

est un chemin tracé

à l’encre de la nuit,

       –   je m’y suis  engagé ;

 

Il y a le poème,

et puis il y a l’image :

       je trouverai la même

       sous un autre  éclairage.

C’est je  crois

d’une pareille nature

que l’ombre de la croix

sur l’écriture.

Je ne sais pas qui a gagné :

….  peut-être  qu’habilement

le cimetière des idées,

est un sol jonché  d’ossements:

où elles s’amoncellent …

–        mais je suis  toujours en vie,

         bien que  dépourvu d’ailes, 

et chassé du paradis :

 

je n’avais pas le choix

avec , toujours cette lutte  avec l’ange

tel que l’a peint  Delacroix.

RC- août 2020


Visite nocturne au musée ( RC )


  –

visite nocturne au musée (RC)

C’était le reflet furtif, des rais rapides sur le sol
Des points de lumière mouvants, les lucioles épaisses
Qui virevoltaient et s’écrasaient sur les pieds, des visages
Blancs
Blancs d’une vie arrêtée dans la pierre
Noirs d’une vie coulée dans le bronze
Cet enchantement nous décrivait cette balade nocturne,
le blanc, le noir alternativement
et quelquefois un trait de couleur – c’était un doré juxtaposé à un bleu profond
la grâce d’une main retournée, d’un voile soulevé, et d’un visage poupin

Puis les contre-jours mobiles poursuivaient leur quête,
Vaguement inquiets qu’aux gestes suspendus, la vie ne revienne
Derrière leur passage.
Qu’au labyrinthe posé ne se cache le faune.
Et rassurés de la présence lointaine d’autres lucioles
Dans l’enfilée des salles, et du parquet à chevrons qui grince,
et du marbre claquant sous les escarpins.

Sans s’attarder , du neutre cartel explicatif, à une signature pâteuse,
La Diane baroque, suivait notre passage, d’un regard pas tout à fait gris
Peut-être.

L’aube était loin, l’art était une surprise, une marche d’obstacles
Une source close d’étoiles, en élans contenus.
Du solennel en douceur de marbre, j’aurais pu souligner la courbe d’une jambe,
La douceur d’une joue, la rudesse d’une glaise de métal.

Pourtant, de notre passage, il fallait laisser au jour, aux gardiens somnolents,
La pâte fougueuse des Delacroix éteints,
la généalogie des portraits flamands qui chuchotent
En silence, le temps des étoffes précieuses et batailles lointaines.
Aux amateurs indiscrets, les heures sanglantes de Judith à Holopherne
Et la lumière tranchante du Caravage, revenue à la nuit

 

 

 

Que je complète  avec ma variation,  sur

« le musée des moulages »…

 

Au musée des moulages,

les idées n’ont pas d’age,

s’il faut que le regard voyage,

et que la main partage,

les creux et puis les lisses,

les seins et les cuisses,

que plus rien de farde,

au pays du marbre,

des statues de plâtre,

sensations folâtrent…

 

6- 03-2012

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