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Magnolias de Lady Day – ( RC )


Billie's  -  flower.jpg

montage – RC

Comment dire en mots,
cette voix presque fluette,
les magnolias de Lady Day,
le blues intemporel,

de miss Billie,
à l’infinie fêlure :
j’y entends toujours,
le feu couvant sous les braises,
la langueur de vivre,
les pages d’amour,
déchirées de mots naufragés.

Si elle donne corps
aux plus simples mélodies,
le swing et sa détresse,
parfument le jazz, de son ivresse :
>        Comment dire cette émotion
en cristal fragile,
recueilli dans le désert,
mais toujours intacte ? .

>        Il y a les magnolias de Billie
qui jamais ne fanent,
le souffle de Lester :

         de la musique au firmament
>       des étoiles, des diamants …


RC – fev 2018


Perfections et symétries – ( RC )


 

Tu mesures les formes parfaites,
où tous les côtés se répondent,
et obéissent aux mesures identiques .

Ainsi le constructeur tend vers l’utopie
de la vision où la mathématique
prend le dessus de la vie .

Les rosaces des cathédrales,
tournent en mouvements figés ,
aux soleils fractionnés,

Les mosaïques aux jeux complexes,
zelliges enchevêtrés
excluent l’humain dans le décoratif.

Des palais imposants,
forçant la symétrie,
se mirent à l’identique

avec le double inversé,
du bavardage pompeux
des images de l’eau .

Se multiplie la dictature
de la géométrie des formes
répondant à leur abstraction ,

comme des planètes qui seraient 
cuirassées dans une sphère lisse
d’où rien ne dépasse.

…  Des formes si lisses,
voulues à tout prix,
qu’elles génèrent l’ennui

excluant la fantaisie
le désordre
et le bruit.

Les formes parfaites
s’ignorent entre elles
définitives, excluant la vie

comme des pièces de musée,
pierres précieuses,
diamants de l’inutile

dont finalement
la froid dessin, clos sur lui-même
finit par encombrer .

Dans le passé, on ajoutait
à un visage de femme trop régulier
un grain de beauté, une mouche,

quelque chose pour lui apporter
une différence, un cachet
sa  personnalisation, un « plus » de charme

une irrégularité, une surprise,
portant dans son accomplissement
la griffure du vivant

Elle se démarque du cercle fermé
de la beauté idéalisée par quelque chose
contredisant la perfection

Celle-ci demeure une vue de l’esprit,
bien trop lointaine
pour qu’on puisse s’en saisir.


RC – août 2016

 

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Camille Loty Malebranche – La lune danse sur le parvis de ton corps


image: Laurent Laveder – Telegraph

 

 

La lune danse sur le parvis de ton corps
À ton front visage emblème brun
Chantent les ivresses de lune de la nuit marine
Sur la plage de tes vingt ans au sable des Caraïbes
Tu réponds à la lune, lumière contre lumière !
Astrale et provocante, ton corps lunaire
Contre mon corps, envoûte les vagues des houles océanes.
Tu es l’urne des diamants stellaires au cœur des univers…
Tu es le pétale d’aube au crépuscule marin
Ah ! Ton corps de lune charnelle au charme crural déchirant…
Ah ! Ton corps de sang luné aux pores nocturnes…
Ta chair en transe enrobée de lune !

 

Camille Loty Malebranche

 

visible  sur la page de  « danger poésie »

 


Richesse inutile ( RC ) – ( écho à Isabelle Dalbe)


photo perso -  dolmende l'Aumède  Chanac, Lozère

photo perso – dolmen           de l’Aumède     Chanac, Lozère

Aux pays lointains,
Ceux où le soleil s’attarde,
méridiens  d’Afrique,

La Noire

Ne s’imagine
Une couverture blanche,
Que la nudité du silence,

Il recouvrirait
A ce qu’on dit
Des terres  d’abondance,

Forêts  denses,
Rivières clarté,
Mais si loin encore,

Le froid  qui recouvre,
Etendues, et convoitées
D’autant de diamants,

La  blanche

Ce qui reste de cristaux,
Qu’on ne peut emporter,
Richesse inutile.

A portée de mains,
Glacée,
La neige se fond en elle-même.

RC –  25 juillet 2013


La neige

à Laurent Albarracin

La neige noue clepsydre et giboulées.
Elle fleurit la bombe de cet écho.
Dans la nudité de la blancheur
elle existe pour le silence.

La neige continue l’objet convoité.
Elle est le temple de la grêle.
Une poupée de la rosée
à hauteur de la vive allure.

A l’enseigne de nos pas
c’est un loup d’azur.
Tout un temps bâti
pour le huitième jour.

La neige se fond dans la neige.
Mère à-pic baptisée Ẻquilibre.
S’enterre sa racine phénix.
La neige ne s’arrache pas.

I. Dalbe

 

 

également ce texte  de Sophie G Lucas,  qui dit  quelque  chose  d’approchant à ce que j’écris…

 

extrait de  « Se recoudre à la terre »

on n’en fait rien de
la neige
(toute l’épaisseur de
ce monde dans une fenêtre)
tout juste se demande-t-on
comment ce sera une fois
que tout aura fondu
si la vie sera la
même
et si c’est bien la neige
qui bloque les siens
dans le
silence

 


La Provence se penche pour un baiser profond (RC )


photo perso - nov 2012

photo perso          – nov 2012

Il est des calanques,         comme une personne que vous aimez,


En la conduisant vers la mer,        juste pour y tomber dans son lit,

En allant vers le mirage sauvage de l’eau,

La Provence se penche pour un baiser profond,

Sertie de roches blanches, coupantes

–        Comme menaçant la terre, en la poussant

Dans les flots sertis de diamants mobiles,

Avec ses pins qui résistent,       avec leurs manches vertes,

Leurs racines                             puisant le ciel d’un soleil,

Et la pente fourbue des rochers

–                     S’éparpille en îles,

Battues par le vent sauvage de l’azur.

RC      – 12 avril 2013


Paillettes de beauté ( RC )


photo: Joce V  ( voir son ensemble de photos  sur flickR)

Un peu de beauté, en grains
Paillettes  d’or  flottant un instant dans l’air
Et s’y dessine  ton sourire
En pointillés,
un lointain peut-être,
Mais un sourire,
Traversant les distances, les froidures;

Vois-tu cette beauté,
Celle  que le froid justement,
Dépose en dentelles
De givre    …  à la robe grise de l’hiver,
Et qu’un bref sourire ,
Le soleil que tu m’envoies
Font de ces paillettes d’eau, autant de diamants  ?

Un peu de beauté
Echappée au banal
Aux injures et insanités,
Et si précieuse,
Si fragile en ses cristaux
Qu’on ne peut la conserver,
Que dans son regard et son coeur…

RC          – 9 février  2013

( écrit à la suite  de la lecture  de extrait de il(e) 4, de            Agathe Elieva

 


Cathy Garcia – Sweet Alice


SWEET ALICE

Peuples champignons
Chuchotent tout bas
Porteurs de visions
Conseillers des bois.

Fillette ingénue
Beaux yeux de biche
Ses petits pieds nus
Galopent sur la friche.

Les esprits te veillent
Enfant de la terre
Regarde, les abeilles
Te dessinent la mer!

Les pavots sont sages,
La mer est calme,
Sens, sur ton visage
Le sel de mes larmes.

Respire, Sweet Alice,
Les vents d’Orient,
Et toutes leurs épices,
Vifs poisons ardents !

Vois, la lune qui pleure
Des poissons d’argent,
D’argent et de beurre,
En flots de diamants.

Et tu dors encore
D’un profond sommeil
Et tu rêves encore
Mon enfant de miel


Béatrice Douvre – Habiter la halte brève , la rive avant la traversée


peinture: Arnold Bocklin, Odysseus & Calypso 1882

Habiter la halte brève
La rive avant la traversée
La distance fascinée qui saigne
Et la pierre verte à l’anse des ponts

Dans la nuit sans fin du splendide amour
Porter sur l’ombre et la détruire
Nos voix de lave soudain belliqueuses
L’amont tremblé de nos tenailles
Il y a loin au ruisseau
Un seuil gelé qui brille
Un nid de pierre sur les tables
Et le pain rouge du marteau
La terre
Après la terre honora nos fureurs
Ô ses éclats de lampes brèves

Midis
Martelés de nos hâtes
Tant d’éphémères mains, tant de vent
Ce soir
Tarde la magique lueur
Et ton nom est incertain
Parmi de pauvres roses
Ton nom défait les fleuves où la lumière nage
J’ai patienté pour accueillir
Longue ta voix le long des longues herbes
Mais tu es seul parmi la pierre des étoiles
Ta voix prolonge la source des vivants
J’attends pour te reprendre de n’être qu’un langage

L’aube étincelle dans l’herbe des vigueurs
Souffle mûr mêlé du sang des hommes
Tu marchais réinventant le pas du sol comme une soif
Dans le vent neuf
Je te regarde tu courais
Geste habité du voeu de naître
Auprès des croix
Qui font parfois les pierres profondes

Le visage traversé
Dans des jardins à jambes de verre, et de roses
Quand recommence la mer tendue
Des lampes, et le froid
Et que l’on tient, dans les mains, le dernier monde
Rêve, et à l’avant du rêve un corps l’éclaire
J’ai peur de ces troupeaux dans le progrès des lampes
Peur de la terre des pas
Près de la porte où penche
La nuit lourde de l’aile
Il y a ce péril
Des lampes dans la maison
Ce désir
Comme un taureau dans l’or
Un feu de bois de rose
Coupé par l’hiver

La voix changée m’emmenait dans ses tours
Je dérivais au son des campagnes
Dont l’été meurt
Marcher maintenait une lampe
Des lacets d’oiseaux noirs de songes
Cherchant farouchement le ciel
D’un bord à l’autre
Comme une voix changée qui chante
Qui refuse
Marcher maintenant m’éclairait

Des mains brunes ce soir ont recueilli
Longuement l’eau patiente du soir
Du vent passait
Dans le vent des doigts
Amers des fileuses
Et au-devant
Les troupeaux sont la pierre même
Etrangement
Debout dans la paille limpide
Venue
Des mains fidèles des fileuses
Aux fronts de vent.

Regarde-moi courir, m’éloigner dans l’apparence
Vers les rires bleus de l’air
Immense
La soif divisée
J’ai l’appétit fermé par le malheur
Comme ces bêtes au front silencieux
Ont mille morts mille hontes légères
Un vent du sol entier
Parcourt mes membres, leur perfection
De sable froid
Soulève encore une piste de pas
Et d’autres pas se perdent sur la mer
D’autres mains, doucement infinies
J’ai l’âge travesti des forêts, mais je danse.

La part du jour froissée d’oiseaux
Jusqu’aux fatigues
Nos pas
Relancés en lueurs
Déjà
L’air élargi
Là sous le volet lourd
Ô d’heures encore chaudes
Jusqu’à l’ouvert où vaincre
L’inanité
De nos demeures

Femmes pleines de nuit, aux voiles vierges et noirs, vous saignez dans les ports et vos
barques sont sèches.
Le silex de vos mains taille des regards de diamant aux enfants qui vous pendent.
Il vous faudra perdre le vent de vos cheveux et revenir aux Villes. Mendiantes au ventre
lourd, vous dressez des drapeaux avec vos âcres jupes odorantes.
L’acier de vos paupières ressemble aux grands radeaux qu’on voit sur les tableaux de mer.
Rires, et l’évidence de vos pas nus sur le marbre des pelouses ; indifférentes aux grandes croix
qui trouent le ciel bas et mauve.
Je bénis vos épaules que creuse un sein maudit, et vos bras matinaux, blancs de draps,
comme un lait de montagne.

BEATRICE DOUVRE


Comptes d’Orient ( RC )


art –        manuscrit perse

Des mille et une nuits

Voila l’humeur voyageuse

D’objets, l’abondance et l’envie

C’est cette histoire merveilleuse;

L’escadrille  de tapis volants

Au souvenir des parfums d’orient

Celle des roses d’Ispahan

Qui berce l’esprit des  enfants …

Il est question de diamants

D’or et d’objets, de bandits

Dans l’obscurité les yeux  agrandis

Captent des éclairs d’objets brillants

Abondance à remplir  son cabas

 » C’est un hasard heureux

Qui m’a fait pénétrer ces lieux

Se dira, rêveur, Ali Baba

Je n’ai pas pu en faire le compte

De tous ces objets de valeur

Détenus par quarante voleurs  »

( enfin, c’est ce que suggère le conte)

Tant de richesses rendrait avide

Si on les savait quelque part

La misère est partout, chacun réclame sa part

Et réchauffe  les esprits cupides…

Ou bien  c’est un objet précieux

Qui permet d’exaucer les voeux,

D’avoir tout ce dont on manque

Et de faire  « sauter la banque »

La lampe  d’Aladin contenait un génie

Qui faisait de son mieux

Pour rendre les hommes heureux

Surtout pour les plus démunis…

Une demande pour l’avenir ?

Et ceci, à quel tarif ?

Devenir calife à la place du calife ?

La lampe à huile va tout vous dire…

Mais  attention, à ce qu’on croit

Faites bien votre choix

Les voeux se limitent à trois

Au delà vous pouvez faire une croix…

Et attendre des jours meilleurs

Assis dans la poussière

Vivant dans la misère …

A attendre le bienfaiteur…

Je conte sur lui…

RC  –  22 et 28 juin 2012


G M C – Anvers by night


-Antwerpen

du blog de gmc

ANVERS BY NIGHT

 

Chacun son odyssée

De dédale en bohème

Un surf sur les yeux

Distraction de passant

 

Nul besoin d’une trace

Sur l’épaule veillent

Les corbeaux impassibles

Et la noirceur de leur chant

 

Tout paysage est intime

Quel qu’en soit le commentateur

Tout ruisselle sur la scène

Comme une rivière de diamants